Opéra de Tours 2021
Une partition en si bémol

Le monde de la culture veut y croire. L’Opéra de Tours comme les autres. Si tout va bien, le rideau de la rue de la Scellerie se lèvera en janvier 2021. Une programmation qui se jouera avec beaucoup de « si » et un bémol…

Les “si”, on les connaît par cœur. Si l’épidémie s’arrête, s’il n’y a pas de troisième vague, si les salles rouvrent, si elles peuvent accueillir du public… On connaît, et on en a marre. Pas grand-chose de nouveau sous le soleil de Satan et de la Covid réunis depuis un an. Mais « si » le vaccin joue le jeu, alors, peut-être…

En 2021, Laurent Campellone se contentera de mener sa saison à la baguette. (Photo DR)

Le nouveau directeur de l’Opéra de Tours, Laurent Campellone, prend le risque. Courageusement. La partition de l’opus 2021 sera évidemment jouée en « Si » avec un seul bémol : le Don Pasquale du mois de janvier ne sera donné qu’en version concert. Dommage, tant le tonus de l’opéra-bouffe a de quoi stimuler l’imagination des metteurs en scène. Mais à la guerre contre le virus comme à la guerre.

Il n’en ira pas de même avec l’étonnant Voyage dans la lune méconnu d’Offenbach ou La Caravane du Caire, ouvrage tout aussi méconnu du mal connu André Ernest Modeste Grétry. L’année découverte continuera sur son élan avec La Princesse Jaune de Camille Saint-Saëns et Djamileh de Bizet.

De quoi perturber un peu la routine et c’est très bien. Mais, pour rassurer tout le monde, la fin d’année 2021 devrait accueillir la Vie Parisienne d’Offenbach. La tradition est respectée.

Quant au cadeau de Nouvel An, nous vous en laissons la surprise, jusqu’à la fin de cette présentation chronologique.

Le Grand style français (Camille Saint-Saëns et Charles Gounod)

Camille Saint-Saëns, Concerto pour piano n° 2 en sol mineur, op. 22
Charles Gounod, Symphonie n° 1 en ré majeur.

Du français, rien que du français, et du bon. Un programme qui signe le retour sur scène de l’orchestre maison.

Béatrice Berrut sera au piano. Une artiste venue de Suisse qui fut notamment l’élève de Galina Iwanzowa et de John O’Conor, histoire de passer de l’esprit russe à l’âme irlandaise, et inversement. Comparée – parfois – à Horowitz, elle a été invitée par les plus grande scènes. Sa passion : la musique allemande (Mozart, Bach, Brahms et autres Beethoven). Pour l’occasion, elle fera un effort…

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
Pierre Bleuse, direction musicale

Samedi 9 janvier 2021 à 20 heures
Dimanche 10 janvier 2021 à 17 heures

Deux Mezzos sinon rien avec Karine Deshayes et Delphine Haidan. 

C’est en habit de marraine que Karine Deshayes fait sa première apparition : « Marraine de la saison 2021, j’accompagne de tous mes vœux l’aventure musicale qui s’ouvre dans cette belle maison qu’est le Grand Théâtre de Tours. J’aurai moi-même le plaisir d’y participer en donnant deux récitals. Ce sera l’occasion de retrouver, avec une immense joie, un public et une ville qui me sont chers ainsi qu’une salle évocatrice d’heureux souvenirs. »

Le concert reprend le titre du disque que les deux amies (Karine Deshayes et Delphine Haidan) ont enregistré ensemble, avec des lieds, mélodies et airs d’opéra du 19e siècle français et allemand.

Mercredi 20 janvier à 20 heures.

Don Pasquale (Donizetti)

Il faudra beaucoup de talent aux chanteurs pour recréer l’ambiance “bouffe” de Don Pasquale en version « concert ». L’opéra de Donizetti est un bonheur pour les amateurs de théâtre de boulevard et les délires des personnages sont toujours un régal. Les aventures du vieux barbon amoureux de la même jeune veuve que son héritier (on pense à L’École des femmes de Molière, évidemment) sont sérieusement toniques. D’autant plus que l’objet de leurs vœux ne manque pas de caractère…

Restera la musique et, de ce côté-là, on ne sera certainement pas déçus.

VIDEO. Bordeaux: Le baryton Florian Sempey de retour sur la scène du  Grand-Théâtre dans «Le Barbier de Séville»Florian Sempey, Malatesta, un petit jeune qui monte… (Photo DR)

La direction musicale sera confiée à Frédéric Chaslin et les rôles principaux seront tenus par Laurent Naouri (Don Pasquale), un baryton-basse au répertoire plus qu’éclectique, allant d’Offenbach à Debussy, en passant par le baroque, Florian Sempey (Malatesta), considéré comme l’un des meilleurs jeunes barytons actuels et qui a chanté La Flûte enchantée à l’Opéra Bastille, après avoir été repéré dès ses débuts dans un Barbier de Séville d’anthologie sur les plus grandes scènes de la planète, Sébastien Droy (Ernesto), né à Reims, jeune ténor qui a fait des études de musicologie avant de jouer de la voix, lui aussi ratissant large puisqu’il passe de Mireille à Cosi tout en affichant sa passion pour le lied et la mélodie française, Anne-Catherine Gillet (Norina), une soprano belge que Laurent Campellone a dirigée dans Madame Favart d’Offenbach à l’Opéra-Comique, et François Bazola (Le notaire).

Vendredi 29 janvier 2021 à 20 heures
Dimanche 31 janvier 2021 à 15 heures
Mardi 2 février 2021 à 20 heures

La Fulgurance romantique (Ludwig van Beethoven et Georges Bizet)

Ludwig van Beethoven, Concerto pour violon en ré majeur, op. 61
Georges Bizet, Symphonie en ut majeur.

https://positivr.fr/wp-content/uploads/2020/10/glass-marcano-chef-orchestre-la-maestra-venezuela-une.jpgTonique, Glass Marcano ? C’est un euphémisme… (Photo DR)

On nous annonce de la fulgurance dans le programme et au pupitre, avec photo à l’appui. La jeune cheffe vénézuelienne Glass Marcano, multi-récompensée, a, dit-on, une direction détonante.

Au violon, Beethoven sera servi par une autre jeune femme (Laurent Campellone ne sera pas accusé de non-respect de l’égalité…), Stéphanie-Marie Degand. Une nouvelle fois – c’est sans doute la caractéristique de la nouvelle génération – on souligne qu’elle est aussi à l’aise dans les compositions du XVIIe siècle que dans l’écriture contemporaine. Née à Caen, Stéphanie-Marie Degand a récolté quatre premiers prix au Conservatoire de Paris et fondé Le Concert d’Astrée avec Emmanuelle Haïm.

Samedi 6 (20 heures) et dimanche 7 février (17 heures).

Les Grands amoureux

Didier Sandre - AlloCinéC’est une très belle idée de Laurent Campellone (qui fait décidément la preuve de sa volonté de secouer l’établissement) que d’inviter la Comédie Française à partager la scène avec les musiciens. En la circonstance, c’est Didier Sandre qui lira des correspondances amoureuses issues d’Héloïse et Abélard, des échanges entre Albert Camus et Maria Casarès (correspondance éditée récemment et qui a ébloui tous ses lecteurs), Robert et Clara Schumann, etc…

Comme dit le programme, « Didier Sandre sera accompagné de Mozart, Schubert ou Debussy » par le Quatuor Ludwig.

Dimanche 14 février à 11 heures

Opéra Tralala

Place aux enfants dans la salle avec cet Opéra Tralala de la Compagnie Diva… gations, coproduit par l’Opéra de Lyon. On regarde avec un autre œil Orphée et Eurydice, la dame qui casse les pieds à tout le monde avec son amour de la musique : « Oh mais tu nous embêtes avec ton Opéra tralala… !  » s’entend-elle répondre.

Samedi 20 février 2021 à 15 heures

Le Voyage dans la Lune (Offenbach)

Féérie lunaire | Histoire et analyse d'images et oeuvresUn petit air de Jules Verne pour ce « Voyage dans la lune ».

On connaissait Le Voyage à Reims de Rossini, on ignorait Le Voyage dans la lune d’Offenbach. Jolie découverte, donc, pour cette première saison de Laurent Campellone. Une production qui aura décollé à Nancy en janvier et à Compiègne en février après avoir été annulée fin 2020 à Montpellier et qui, en son temps, avait séduit Jérôme Savary lui-même dans une version suisse genevoise.

Coproduit par le Centre français de promotion lyrique (« ce projet fédère les maisons d’opéras autour d’une œuvre rarement donnée et vise à valoriser la jeune génération de chanteurs. » – France Culture) et le réseau des Opéras de France, Le Voyage devrait consoler ceux qui auront manqué leur traditionnelle opérette de Noël.

Créé en 1875 après avoir été repoussé pour cause d’anti-teutonisme primaire, cet « opéra-féerie » est évidemment inscrit dans la mode lunaire initiée un an auparavant par Jules Verne (qui n’appréciera pas vraiment la proximité entre son œuvre et celle d’Offenbach) et qui sera gravé dans la gélatine par Mélies.

Soit un jeune prince, Caprice, fils du roi V’lan, qui refuse la couronne que papa lui offre et qui préfère aller dans la lune. Un coup de canon plus tard, il découvre le monde des sélénites, et notamment Fantasia, fille de la reine Popotte. On imagine la suite (quoique l’amour soit une maladie sur la lune) mais pas la foultitude de tableaux et l’originalité de la pièce. Un défi pour le metteur en scène et le décorateur.

Vendredi 12 (20 heures), dimanche 14 (15 heures) et mardi 16 mars (20 heures) 2021

Timbres printaniers

Les concerts pur bébés continuent. Une belle occasion de faire découvrir la musique aux tout petits sans passer par la lancinante scie disneyenne It’s a small world, cauchemar de tous les parents un peu mélomanes.

Mardi 23 et mercredi 24 mars (10h30)

Petite Messe Solennelle (Rossini)

Première sortie du Chœur de l’Opéra de Tours pour la Petite messe solennelle d’un Rossini avançant en âge mais pas pour autant à l’aise dans l’exercice. Cela reste très beau, ne lui en déplaise.

Au plus près de l’autel, on entendra Gabrielle Philiponet, soprano, Lucie Roche, mezzo-contralto, Patrick Kabongo, ténor, Patrick Bolleire, basse, Elsa Lambert et Vincent Lansiaux, pianos du Chœur de l’Opéra de Tours. Sandrine Abello assurera la direction musicale.

Vendredi 26 mars à 20 heures

L’Amour à l’épreuve de la guerre

britannicus1516-07Dominique Blanc (Photo Comédie Française – Brigitte Engérand)

Nouvel échange avec la Comédie Française, toujours avec des lettres mais avec Dominique Blanc dans le rôle de la lectrice. Lettres de soldats au front et de fiancées, ou épouses, amoureuses. Un beau rapprochement entre les mots et les notes. Comme dit Éric Ruf, Administrateur général de la Comédie-Française : «  Pour un comédien, s’approcher d’un orchestre, d’une formation musicale représente le même privilège que celui, enfant, de pouvoir s’endormir au milieu de la conversation des adultes. »

Avec Franz Liszt pour accompagner les mots, interprété par Béatrice Berrut au piano, déjà entendue pour Le Grand style français.

Dimanche 28 mars à 11 heures.

La Carnaval des animaux

On accueille « les petites oreilles » qui ouvriront grands les yeux devant le Carnaval des animaux, signé du baby-sitter Camille Saint- Saëns.

On peut amener les parents qui se régaleront d’un texte signé Francis Blanche, lu par Julie Depardieu. Pas de conflit des générations à prévoir.

Mercredi 31 mars à 19 heures.

Dames de Chœur

Retour des tout petits avec un nouveau concert pour les bébés où les parents sont acceptés pour un câlin en rythme inspioré par les dames du Chœur de l’Opéra de Tours..

Jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17 avril à 10h30.

Mozart, l’univers au bout des doigts

Concerto pour piano n° 12 en la majeur, K. 414
Concerto pour piano n° 22 en mi bémol majeur, K. 482
Symphonie n° 29 en la majeur, K. 201.

Philippe Cassard jouera double jeu en dirigeant l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours et en assurant son rôle au clavier. Pas de quoi l’inquiéter, lui qui a, en 1993, interprété l’intégrale de l’œuvre pour piano de Debussy en une seule journée et quatre récitals. On peut en savoir plus sur son approche de la musique à travers plusieurs ouvrages, notamment consacrés à Franz Schubert. Philippe Cassard est aussi producteur à France-Musique.

Photo site officiel de  Philippe Cassard DR.

Une programmation mozartienne avec le célébrissime Concerto pour piano n° 12 du jeune Wolfgang, composé dans la période considérée comme « légère », dans laquelle on trouve aussi le n°22 (également au programme).

Pour la Symphonie n°29, c’est toujours un Mozart adolescent qui prend la plume (il avait dix-huit ans), ce qui explique sans doute un thème gai et enthousiaste qui remontera le moral des confinés.

Samedi 17 (20 heures) et dimanche 18 Avril (17 heures)

Contes et murmures du Grand Tambour

Des marionnettes et leurs âmes humaines, une « musicienne multi-instrumentiste » (Christine Kotschi), également compositrice de la musique du spectacle, une production de la Compagnie Shabano.

Un spectacle pour les jeunes avec trois contes : « Je suis le Grand Tambour. Le buffle m’a donné sa peau, l’arbre son bois, et les anciens leur voix. Je suis passeur d’histoires. Vous les entendez ? Elles arrivent. Elles sont trois. L’une vient d’Asie, l’autre d’Afrique, la troisième d’Amérique du Sud. ».

Mercredi 21 avril à 15 heures

La Caravane du Caire (André Ernest Modeste Grétry)

Trop modeste, André Ernest, à tel point que peu connaissent son nom. Pas Laurent Campellone, apparemment, qui veut que « ses opéras-comiques sortent de l’oubli injuste dans lequel l’histoire les avait plongés. Il n’est pas le seul puisque La Caravane du Caire est coproduite par l’Opéra Royal du Château de Versailles.

L’histoire n’est pas très originale (une jeune fille, esclave d’un pacha, est sauvée par son papa et son soupirant) et pourrait combler Angélique, la bien connue marquise des Anges. Mais, nous dit-on, « l’œuvre est truffée de situations comiques, d’airs tendres ou de bravoure, et agrémentée de nombreux ballets ». Créée en 1874 et jamais rejouée depuis, La Caravane du Caire montre le goût du directeur tourangeau d’adoption pour l’archéologie.

Biographie — Florie ValiquetteFlorie Valiquette, une Zélime venue du Canada. (Photo DR)

Le rôle de Zélime sera confié à la canadienne Florie Valiquette « Soprano imaginative et engagée aux aigus ravissants » (La Libre Belgique). Elle ne se contente pas d’exhumer les compositeurs liégois puisqu’elle a notamment Le Dialogue des carmélites, Les Noces de Figaro ou le Stabat mater de Pergolèse à son actif. On l’a vue à Glyndebourne ou en Avignon.

Vendredi 4 (20 heures), dimanche 6 (15 heures) et mardi 8 juin (20 heures)

Soirée Brahms

Concerto pour violon en ré majeur, opus 77
Symphonie n° 4 en mi mineur, opus 98.

Retour de Stéphanie-Marie Degand (déjà entendue dans Beethoven en début de saison), artiste « associée » pour le morceau de bravoure qu’est le Concerto n°2 de Johannes Brahms. « Je dois vous dire que j’ai écrit un petit concerto pour piano, avec un joli petit scherzo » écrivait l’auteur. Ben voyons.

La direction de l’orchestre sera confiée à Christian Arming qui aura aussi à dérouler la Symphonie n°4. « Issu d’une double culture autrichienne et allemande », Christian Arming a été directeur musical de plusieurs scène (Ostrava, Tokyo, Liège…). Il est proche de Seiji Ozawa qui l’a invité à Boston et Tokyo. Il vient d’être nommé chef principal de l’Orchestre Symphonique d’Hiroshima.

Samedi 12 (20 heures) et dimanche 13 juin (17 heures)

Piano Forte (Baptiste Trotignon)

Re-voilà Baptiste Trotignon, pianiste en résidence à l’Opéra de Tours depuis 2019 mais dont les prestations prévues ont été elles aussi bousculées par le coronavirus.

Baptiste Trotignon est en résidence au Grand Théâtre de ToursBaptiste Trotignon sort de sa résidence. (Photo DR)

Cette fois, il sera derrière son clavier pour la soirée de son anniversaire. Il y aura du jazz dans le gâteau, évidemment, avec trois autres artistes dits « inclassables », Éric Legnini, Bojan Z et Pierre de Bethmann. Pas n’importe qui. Comme le rappelle l’Opéra de Tours, «  Chacun dans son style, ces mousquetaires des claviers ont marqué l’histoire du jazz hexagonal, ayant chacun reçu une Victoire du Jazz. ».

Jeudi 17 juin à 20 heures

La Princesse Jaune (Camille Saint-Saëns) et Djamileh (Georges Bizet)

Et c’est reparti pour un spectacle découverte. On navigue encore dans l’orientalisme à la mode lors de la composition des deux ouvrages, 1872. Moins connue que la croisière du même nom La Princesse jaune (pas de politiquement correct à l’époque…) est une Butterfly de rêve – au sens propre – dont Kornélis est amoureux, au grand dam de sa cousine Léna qui devra le ramener à sa réalité.

Djamileh nous présente un nouveau sultan, cette fois lassé de sa favorite qui va, elle aussi, partir à sa (re)conquète. Un argument inspiré par un poème d’Alfred de Musset.

Léna sera Jenny Daviet, jeune soprano française applaudie dans Mélisande. Son bel endormi sera Sahy Ratia, originaire de Madagascar, qui devrait retrouver le rôle de Nemorino de L’Élixir d’amour en 2021 au Théâtre des Champs-Élysées.

Djamileh sera Aude Extrémo, connue des Tourangeaux pour avoir chanté plusieurs fois rue de la Scellerie (L’Heure espagnole, Eugène Onéguine, Rigoletto…)

Son pacha indifférent sera de nouveau Sahy Ratia.

Vendredi 1er (20 heures), dimanche 3 (15 heures) et mardi 5 octobre 2021 (20 heures).

Musique Française et Italienne

Karine Dehayes (mezzo-soprano), marraine de la saison, revient seule en récital après son spectacle Deux mezzos sinon rien du mois de janvier.

Cette fois, elle se fait plaisir avec « des airs chers à son cœur, de compositeurs français et italiens. » Mystère, donc. Le piano sera confié à Antoine Palloc.

Mardi 19 octobre à 20 heures.

La Bête et le Bon dieu (Poulenc, Regnier, Milhaud, Trotignon, Boulanger, Mancini…)

On aperçoit un certain Trotignon (mais pas forcément le même) au sein de « onze compositeurs et compositrices [qui] se succèdent dans ce programme essentiellement français, qui conduit l’auditeur du bestiaire, qui a inspiré tant de compositeurs, à quelques joyaux du répertoire sacré pour chœur. De la bête au bon Dieu ! »

Avec Les Chœurs de l’Opéra de Tours, Henri Demarquette, violoncelle, et Vincent Lansiaux, piano. Sandrine ABELLO, assurera la direction musicale.

Samedi 23 octobre à 20 heures.

Petite balade aux enfers

De nouveau des marionnettes pour cette nouvelle interprétation d’Orphée et Eurydice, déjà apparus dans Opéra Tralala en février. La Compagnie Point fixe descend aux Enfers avec les enfants, mais en musique évidemment.

Vendredi 5 et samedi 6 novembre à 19 heures.

L’Histoire du soldat (Igor Stravinsky)

Troisième collaboration avec la Comédie française pour cette Histoire du soldat dont le texte de Ramuz sera dit par Éric Ruf, comédien et administrateur général, soi-même.

https://www.reforme.net/wp-content/uploads/2020/05/Eric_Ruf_OK_WEB.jpgÉric Ruf, un soldat plus malin que le Malin. (Photo Comédie française)

On retrouvera la musique et l’enfer, ou plutôt le Diable cette fois, pour un argument qui fera penser à Faust. Un soldat vend son violon (les violons ont une âme, comme chaque luthier vous le dira) en échange d’un livre qui lui permettra de prédire l’avenir et de devenir riche. Mais tout va se détraquer, jusqu’à la fin. Car le Diable est un peu couillon sur les bords, mais on ne vous en dira pas plus.

La musique ressemble à ce que Stravinsky avait livré à Diaghilev. C’est dire qu’on y trouvera un peu de tout, même du ragtime et du tango.

Mardi 9 novembre à 20 heures.

Rois de Chœur

Il fallait bien présenter les rois aux bébés puisqu’ils connaissaient déjà les dames. Ce sont les membres du Chœur de l’Opéra de Tours qui iront biberonner les jeunes spectateurs.

Mercredi 10, vendredi 12 et samedi 13 novembre à 10h30.

Les Sentiers de l’amour (Georges Bizet, Ernest Chausson et Kurt Weill)

Georges Bizet, Roma, fantaisie symphonique en ut majeur
Kurt Weill, Symphonie n° 2
Ernest Chausson, Poème de l’amour et de la mer

Au risque de se répéter, on dira que c’est encore une réhabilitation qui est proposée ici, puisque « la Symphonie n° 2 de Kurt Weill, composée en 1933, année sombre, année de l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne, et de l’exil du musicien à Paris […] n’a jamais été jouée du vivant du compositeur. »

La direction de l’orchestre sera confiée à Marc Minkowski, connu pour avoir fondé Les Musiciens du Louvre, directeur d’Opéra de Bordeaux (où il a connu l’été dernier des turbulences qui ne sont pas sans rappeler celles qui ont secoué l’Opéra de Tours), et chef invité sur une foultitude de scènes mondialement réputées.

Adèle Charvet, l'Amérique au cœurAdèle Charvet, la soprano qui joue « Mission impossible » chez Haendel. (Photo DR)

Adèle Charvet, mezzo-soprano, sera sur scène. Une dame dont le courage mérite d’être salué. En octobre 2019, la soprano était dans le public pour assister à une représentation du Messie d’Haendel, dirigé par un ami. Faisant un tour dans les coulisses à l’entracte, elle apprend que le contre-ténor ne peut plus continuer la représentation. Et… c’est elle qu’on envoie sur scène à sa place (alors qu’elle n’a découvert la partition que quelques instants auparavant avec le chef !). Avec un immense succès. L’histoire ne dit pas si on lui a remboursé son billet.

La Vie Parisienne (Jacques Offenbach)

Retour en terrain connu pour la fin de l’année. Qui n’a pas entendu La Vie parisienne à l’occasion des fêtes ? Le dernier spectacle de l’année sera donc livré à Offenbach, mais cette fois avec une oœvre qu’il n’a pas été nécessaire de dénicher dans la poussière des étagères.

On sera donc parisien, on aura de l’or et l’on retrouvera Paris « encor’ ». Mais pas n’importe comment : les décors et les costumes seront signés Christian Lacroix. Pour faire bon poids, le couturier sera aussi metteur en scène. De quoi renouveler le genre… et associer tradition et modernité.

La Vie Parisienne – Costumes Christian Lacroix |

Les esquisses de Christian Lacroix pour la création de « La Vie Parisienne ». (Photo DR)

Ce n’est pas tout-à-fait étonnant si l’on sait que le Palazetto Bru Zane est derrière la production (comme derrière Le Voyage dans la lune, d’ailleurs). Bru Zane milite « en faveur de la (re)découverte et de la diffusion du patrimoine musical français du grand XIXe siècle » et a déjà travaillé avec la scène tourangelle. Cette Vie parisienne a été vue partout en Europe.

Clefs d’automne

Alertez les bébés, c’est encore un concert pour eux que l’on programme. On vous a déjà tout dit sur le sujet…

Vendredi 10 et samedi 11 décembre à 10h30

Proust, la guerre et la musique

Alexandre Dratwicki & Anne Kessler - Radio ClassiqueLaurent Campellone a déjà rencontré Anne Kessler comme metteuse en scène lors de la création de « Madame Favart » qu’il dirigeait. (Photo DR)

Retour de la Comédie française, cette fois en compagnie de Proust, toujours dans le cycle L’amour et la guerre . Le Trio Goldberg et Anne Kessler, sociétaire de la Comédie-Française, feront entendre la petite musique de Proust : Proust manie l’« écriture de la musique » et la place au-dessus de tous les arts, elle l’inspire, le nourrit, le fait vivre dit le programme. Qui interroge : «  Qui n’a jamais rêvé d’entendre la Petite Sonate de Vinteuil ? C’est vrai, ça.

Dimanche 12 décembre 2021 à 11 heures.

Musique Américaine (Gershwin, Bernstein, Porter, Barber…)

On aura oublié les élections et ce sera l’occasion de chanter pour Joe Biden. Une soirée américaine, donc, mais pas avec n’importe qui. Gershwin, Bernstein, Porter, Barber sont au programme… Les Chœurs de l’Opéra de Tours vont swinger.

Vendredi 17 décembre à 20h eures.

Carte blanche à Jean-Claude Casadesus (Concert du Nouvel an)

Un sacré cadeau de fin d’année avec la venue du presque mythique Jean-Claude Casadesus. Celui qui fit de l’orchestre de Lille l’un des ensembles les plus réputés dans le monde offrira aux Tourangeaux un programme surprise à la tête de l’orchestre maison. Il sera accompagné par la soprano Vannina Santoni pour un « concert du Nouvel An » qui devrait combler les mélomanes.

Né en 1935, Jean-Claude Casadesus est le fils d’un excellente comédienne, Gisèle Casadesus (sociétaire de la Comédie française), ce qui lui fit dire : « J’ai été bercé par la musique des mots très jeune et ensuite par la poésie des notes » (France-Musique). Il a d’abord été percussionniste – après avoir été dégoûté du violon qui lui donnait des crampes… à quatre ans – et compositeur (notamment pour le cinéma) tout en travaillant la direction d’orchestre avec Pierre Boulez et Pierre Dervaux.

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Jean-Claude Casadesus, photo de sa page Facebook. (DR)

Il crée l’orchestre de Lille en 1976. Il fait partie de ceux qui veulent faire sortir la musique de ses dorures et joue dans des usines. « Bien sûr que nous sommes élitistes, et tant mieux, mais la démarche c’est d’essayer d’attirer le plus grand nombre possible vers cette élite, de ne pas les en priver, de réduire la distance, de ne pas être pédants et essayer d’être pédagogique dans la passion qu’on partage. » (France-Musique).

Lors de la même interview, il dit : « On ne dira jamais assez que la musique est une planète magique, c’est quelque chose qui vous ravit, au sens où on est arraché à son propre univers et qui est une possibilité de lien entre les cœurs et les âmes par son universalité. » C’est sans doute ce qu’il inscrira dans sa « carte blanche ».

Connue autant par son talent de chanteuse que par son sens de la comédie, Vannina Santoni, soprano corse, aura chanté Pélleas et Mélisande à Lille et à Caen en début de saison 2021 mais aussi les VierLetzte Lieder de Strauss. Son répertoire compte plus de vingt rôles, beaucoup signés de M. Mozart (La Flûte enchantée, Così fan tutte, Les Noces de Figaro). Elle se distingue aussi dans Carmen, dans Rossini (« C’est de la dentelle, il n’y a rien à enlever » – France-Musique) ou Traviata. En 2021, elle créera Le Soulier de satin de Marc-André Dalbavie à l’Opéra Bastille.

Vannina SantoniVannina Santoni dans « Manon » (Photo © Alain Hanel-OMC)

À Tours, Vannina Santoni a chanté Così fan tutte dès le début de sa carrière, Carmen et La Chauve-souris en 2014 avant de revenir l’année suivante pour servir Puccini dans Sœur Angélique et Lauretta dans Gianni Schicchi.

Vannina Santini chante La Chauve-souris à Tours, sous la direction de Jean-Yves Ossonce. Une autre époque.

Vendredi 31 décembre (19 heures) et dimanche 02 janvier (20 heures).

Pour en savoir plus et réserver à l’Opéra de Tours, c’est ici.