Viva il cinema ! 2020 : pas d’annulation
mais des invités absents

Face à l’épidémie de Covid-19, les organisateurs du festival Viva il cinema ! se sont interrogés sur le maintien du festival. Lors d’une conférence de presse, ils ont ont annoncé le 3 mars que la manifestation aurait bien lieu normalement.
Seul changement, l’absence des invités italiens, pour les raisons que l’on imagine. Toutes les projections sont maintenues, de même que les soirées d’ouverture et de clôture.
La vente des « pass » commençait le mardi 3 mars à La Passerelle, face à l’Université François Rabelais, 24 rue des Tanneurs (mardi 3 mars et mercredi 4 mars de 15 heures à 17 heures). Les pass sont aussi en vente au cinéma Studio, rue des Ursulines.
La question du maintien des manifestations (culturelles, sportives ou grand public) se pose de plus en plus, à Tours comme ailleurs, parfois de manière surprenante, voire farfelue.
Logiquement, le Japan Tours Festival a dû limiter sa « jauge » à 4 000 entrées pendant le week-end du 1er mars. En revanche, la Dante Alighieri, l’un des organisateurs du festival, a annulé ses cours d’italien sous la pression : « Devant le climat anxiogène entretenu par la rumeur et les diverses informations, nous avons décidé, […] d’annuler tous les cours du lundi 2 mars au dimanche 8 mars. Il faut raison garder et ne pas stigmatiser les voyageurs ! »
C’est le moins que l’on puisse dire. Comment dit-on « paranoïa » en italien ?
En attendant, la lecture de notre article (écrit avant la réduction de voilure du festival, donc faisant référence à des invités qui ne seront pas là…) n’exige pas le port du masque…

 

Cinecittà n’est plus qu’une machine à souvenirs, ou presque. Mais le cinéma italien se porte bien, grazie mille. Viva il cinema !, alias Festival du cinéma italien contemporain de Tours, lui rend hommage et c’est flamboyant.

Ils ne parlaient pas tous (italien) mais tous étaient enthousiastes. Vival il cinema ! fait le plein depuis sept ans et ça fait chaud au cœur. Que l’on soit amoureux de la botte transalpine ou cinéphile indécrottable, que l’on ait simplement envie de voir du bon cinoche, le Festival du cinéma italien contemporain de Tours mérite le détour. Et ils sont nombreux à le faire, en passant par la salle Thélème (fac de lettres), les cinémas Studio ou le CGR Centre. Comme quoi le cinéma est aussi capable de faire la paix des braves et, ça aussi, c’est bien.

Des inédits, aussi

« Bentornato présidente » de Giancarlo Fontana et Giuseppe G. Stasi sera projeté lors de la soirée d’ouverture. (Photo DR) Photo d’accueil : « Tutto il mio folle amore » de Gabriele Salvatores.

Pas de smokings lustrés, pas de robes délirantes, pas de tapis rouge ni de meutes de photographes hystériques. Pas de paparazzi non plus, ce qui serait pourtant dans le ton. Du 4 au 8 mars 2020, pour la septième fois, Viva il cinema ! (inutile de traduire…) proposera une formidable programmation, une – très – grosse vingtaine de films, dont plusieurs inédits en France pour avoir été snobés par les salles de l’Hexagone.

Qu’on se le dise, Viva il cinema ! n’est pas de ces manifestations confidentielles où l’on se retrouve entre happy few devant une image tremblotante pour des projections dont l’absconse obscurité tient lieu d’exégèse culturelle. Loin de là, à tel point que si l’on veut avoir une place, que ce soit dans la salle Thélème (alias salle des Tanneurs), aux Studio ou au CGR Centre, il ne faut pas s’y prendre au dernier moment. Mieux encore, Entrée du Public vous conseille de prendre un pass (25 € pour cinq entrées mais, attention, il n’intègre pas les soirées d’ouverture et de remise des prix) qui a aussi l’avantage de ne pas être nominatif. Vous pouvez le passer à votre mamma le soir où vous n’êtes pas libre.

Tous nouveaux, tous beaux

Il serait malvenu – et impossible – de citer un des films programmés au profit d’un autre. Une plongée dans le programme par le lien que nous donnons en fin d’article permettra de comprendre pourquoi. Sachez cependant que de nombreux professionnels seront présents : Agostino Ferrente (réalisateur, scénariste et producteur), Alessandro Rossetto (auteur, réalisateur et cameraman, producteur et professeur de cinéma), Costanza Quatriglio (scénariste et réalisatrice), Daniele Gaglianone (réalisateur), David Grieco (réalisateur), Davide Maldi (réalisateur et producteur), Federico Ferrone et Michele Manzolini (réalisateurs), Gianni Amelio (réalisateur), Leonardo d’Agostini (scénariste et réalisateur), Phaim Bhuiyan (réalisateur) et Umberto Contarello (scénariste). Une nouvelle preuve de l’importance prise par le festival aux yeux des professionnels italiens.

David Grieco, réalisateur de « La Macchinazione » (Primé en 2017) sera président du jury (Photo DR)

Les films en compétition (ou pas) sont tous estampillés 2020. Du tout frais et du tout bon dont cinq représentants seront en lice pour « célébrer et révéler les nouveaux réalisateurs italiens […] de premiers ou seconds longs-métrages ». Le jury du Prix de la Ville de Tours (une copie du monstre de la place du Grand Marché, mouais…) sera présidé par David Grieco (à moins que ce ne soit Roberto Andò, il y a comme un « bug » sur le site du festival !). Scénariste, réalisateur et producteur de cinéma italien, David Grieco connaît la maison puisqu’il y a obtenu en 2017… le Prix de la Ville de Tours avec La Macchinazione (L’Affaire Pasolini). Le « public jeune » décernera aussi sa récompense.

Comme chaque année, plusieurs hommages seront rendus (avec films à l’appui) : Gianni Amelio, Daniele Gaglianone et Gabriele Salvatores seront à l’honneur.

« Notarangleo » de David Grieco entre dans la catégorie « documentaires ». (Photo DR)

Pour faire bon poids, ajoutons que des documentaires sont aussi programmés. Et une séance de dédicace, le 7 mars après-midi dans le hall de la salle Thélème, sera animée par Jean A. Gili. Spécialiste du cinéma italien, l’auteur a publié son troisième tome de L’Italie au miroir de son cinéma dans la revue Radici (en vente sur place pour l’occasion). Un travail à propos duquel il dit : « Le cinéma italien est sans doute celui qui a le mieux témoigné d’un peuple et qui en a exprimé les affirmations exemplaires, les déchirements, les souffrances et les raisons de croire en l’avenir ». Le troisième tome est « un important recueil d’interviews, inédites en langue française, de celles et ceux qui ont fait le cinéma italien de l’après-guerre jusqu’à nos jours. » Effectivement, on y trouve les noms, entre bien d’autres, de Paolo et Vittorio Taviani, Marco Bellocchio, Gianni Amelio, Nanni Moretti, Paolo Sorrentino, Gianfranco Rosi… Que du beau monde. Comme pour le festival.

Festival du cinéma italien contemporain de Tours (7e édition) du 4 au 8 mars 2020
Infos et réservations ICI
Vous pouvez télécharger le programme en pdf ICI.