Dernière mise à jour le 28 décembre 2024
Il y a quelques années, Manu Payet jouait sur les souvenirs des anciens en posant à poil sur un fauteuil dit « Emmanuelle », du nom d’un film érotique de 1974 qui fit le bonheur des amateurs de nudité et des marchands de meubles en rotin.
Il revient à Tours en janvier 2025, après un autre passage sans son fauteuil, ressorti pour l’occasion à cause d’une grosse envie de remonter sur scène.

Manu Payet, c’est le mec sympa dans toute l’acception du terme. Celui que l’on supporte de voir se faire interviewer pour la centième fois parce qu’il aura toujours ce regard de gamin devant un arbre de Noël, ce sourire désarmant, comme on dit, et une volonté touchante d’être sincère. Le tout enveloppé dans une espèce de modestie qui fait oublier qu’il est non seulement humoriste, mais aussi acteur, et un pas mauvais du tout.
Du mou dans la bande
Il y a quelques années, parce qu’il s’appelle Emmanuel de son vrai prénom (« Emmanuel Payet, dit Manu Payet, né le 22 décembre 1975 à Saint-Denis à l’île de La Réunion, est un humoriste, acteur, réalisateur, scénariste et animateur de radio et de télévision français », rappelle Wikipédia), Manu a choisi de poser nu dans un fauteuil qu’une génération d’amateurs de films chauds à pseudo-consonance intellectuelle a porté au top du box-office en 1974 (et plus tard).
Peu probable qu’il l’ait vu à l’époque. D’abord parce qu’il est né en 1975, ce qui est une bonne excuse, ensuite parce que, lorsqu’il a eu l’âge de fantasmer, Internet était né et les cassettes VHS d’Emmanuelle devaient avoir du mou dans la bande (magnétique).
Donc, c’est un clin d’œil que seuls les parents (et grands-parents) de son public habituel pouvaient comprendre et, en fait, tout le monde – et lui, surtout – s’en foutait : Manu avait choisi le prénom parce que c’est le sien et que copier l’affiche du film était rigolo. Point barre.
Manu fait du Lego
Pour son spectacle suivant, Manu Payet laissait tomber le fauteuil de son homonyme féminine. Ça va un temps ce genre de truc. Les gags les plus courts sont les meilleurs. Quoique…
Sur l’affiche, il glandait dans une chaise longue au bord d’un piscine. La chaise longue est repartie au rayon des accessoires et, tiens donc, c’est le fauteuil qui en est ressorti. Pour son spectacle 2025, Manu Payet revient avec Emmanuel, assorti d’un numéro 2. Pourquoi ? C’est tout simple : « Parce que j’ai vieilli. J’ai tellement aimé retrouver la scène, j’ai tellement aimé sillonner les routes, j’ai tellement aimé retrouver les régions de France que j’adore, le public, que j’ai écrit la suite. Emmanuel 1, c’est la fête. Emmanuel 2, c’est la fatalité. Donc il faut calmer un peu la fête. C’est une autre fête. » (Alouette FM).

Plus simplement, Manu Payet a trouvé un autre personnage. Lui qui s’observe en permanence a découvert un papa-boomer parce qu’il a appris a changer les couches, et un vieux ( ?) ronchon qui a du mal à garer sa voiture, pas très loin de tutoyer le demi-siècle.
Au passage, il regarde dans le rétroviseur, celui du fauteuil n°1, et remarque que le passé, finalement, n’était pas aussi parfait qu’il le croyait. Démonstration avec le tube Daniela, d’Elmer Food Beat, désigné meilleur groupe de l’année en 1991. On vous laisse la surprise.
Mais on sait que, sur scène, Manu Payet alias Emmanuel continuera à être gentil. Ses sketches décryptent la vie de tous les jours avec la patience d’un amateur de Lego. Il reconstruit des situations que l’on a tous connues, ou presque.
Dans un précédant spectacle, c’était marrant de revivre le jour où l’on s’est engueulé avec sa moitié sans se rappeler pourquoi tout en sachant seulement le lendemain que l’on doit faire la gueule. Ou encore ce truc pour garder une copine qui veut le quitter : démarrer une série télé géniale avec plein d’épisodes. Au moins elle restera jusqu’à la fin…
Cette fois, « Il nous achève avec le récit hilarant de son spermogramme, examen réalisé pour s’assurer qu’il pourra un jour devenir ce père auquel il s’était juré de ne jamais ressembler. La boucle est bouclée. Avec quelle maestria ! » (Télérama) On a hâte !
C’est toujours drôle, c’est souvent intelligent, ça fait mouche et c’est un humour dont on n’a pas honte de parler lors d’un repas entre potes. Ce n’est pas toujours le cas avec certains (trop) de ses confrères.
Merci, Manu (lui, pas l’autre…).
Samedi 11 janvier 2025 (20 heures) au Centre de congrès Vinci de Tours.
Pour réserver ailleurs, c’est LÀ (1)

