La casquette, les bretelles, les bacchantes, Serge Rigolet a le look qui convient au dresseur de piano… à bretelles (lui aussi).
Il ressortira son accordéon le dimanche 18 mai 2025 sur ses terres, à la Grange-Théâtre de Vaugarni, dans les bois de Pont-de-Ruan (Indre & Loire) comme chacun sait.
Serge Rigolet a ressorti sa gafouille…
NOTE 1 À DESTINATION DES JEUNES GÉNÉRATIONS
La « gafouille », alias, « gapette », accessoirement « bâche » est une casquette,
celle du titi parisien autrefois, représentative du « populo ».
On l’a vue souvent sur la tête des gangsters de cinéma, notamment sur le crâne de Jean Gabin dans Touchez pas au grisbi (pour la traduction de « grisbi », demandez à votre IA préférée).
Attention : le port d’une casquette rouge de type baseball n’est pas obligatoirement
le signe d’un niveau de QI élevé. CQFD.
Celle de Serge Rigolet est plate et à carreaux. CQFD (bis)

Reprenons : il a ressorti sa gafouille, Serge Rigolet. Façon de parler car il ne la quitte pas souvent, qu’il soit au turbin (« travail », pour les jeunes générations) derrière la scène ou sur les planches d’icelle.
Parce que le bonhomme ne se contente pas d’avoir (en bonne compagnie) donné naissance à la Grange-Théâtre de Vaugarni, lieu que les snobinards qualifieraient « d’improbâââble » s’ils y avaient leurs habitudes, ce qui n’est pas le cas.
Vaugarni, c’est un lieu paumé dans la forêt tourangelle, à proximité de Pont-de-Ruan, une ferme devenue salle de spectacles, de résidence et de création. Bref, un chouette coin, qui a réussi, chapeau l’artiste, à trouver son public, lequel vient régulièrement se réchauffer l’âme entre amis qui ne se connaissent pas et coup de pinard du coin.
Chauffe (en) Marcel !
Mais Serge Rigolet, c’est aussi un monsieur qui a roulé sa bosse, participé à moult spectacles, même en Avignon, qui chante et qui compose. Un monsieur qui ne voyage pas léger puisqu’il ne se sépare guère de son compagnon de scène, son accordéon. C’est lui dont il massacrera les petits boutons de nacre…
NOTE 2 À DESTINATION DES JEUNES GÉNÉRATIONS
Le terme « petits boutons de nacre » s’applique aux touches de l’accordéon,
qui sont effectivement en nacre.
C’est Serge Gainsbourg qui l’emploie dans sa chanson…
L’Accordéon :
Quand parfois il lui massacre
Ses petits boutons de nacre
Il en fauche à son veston
Pour l’accordéon.
Serge Rigolet sera donc sur scène avec son bagage habituel, histoire de lui souffler dans les bronches à la manière d’un Marcel Azzola (un de ses confrères qui a accompagné les plus grands de la chanson française, de Piaf à Brel en passant par… tous les autres) voire, ne pas confondre, à celle d’un Ástor Piazzolla, ambition qui montre que Serge a l’inspiration éclectique, Ástor Piazzolla étant le maître mondial du tango argentin, ce qui nous éloigne de Pont-de-Ruan, c’est vrai, et confirme que l’artiste n’a peur de rien ni de personne.
Côté textes, car il parle aussi, le bougre, Serge Rigolet ne se contente pas des paroles de chansons. Dans un précédent opus de Mots soufflés et boutons de nacre (Qu’est-ce que cela, s’il vous plaît ? C’est le titre ! – Cyrano, acte I, scène IV), Monsieur de Vaugarni avait raconté sa vie de… chasseur de serpents !

Dans un deuxième, il racontait un autre bout de sa vie. Dans celui-ci, il continuera, ce qui est sympathique, mais il est à parier qu’il y invitera ceux qui l’ont accompagné au fil du temps, comme il le fit avec Victor (Hugo), Friedrich (Nietzsche), Marguerite (Yourcenar) ou René (Char).
Il lui est aussi arrivé d’inviter Proust. Mais, là, c’est normal. Un Marcel avec la gafouille, c’est raccord…
À la Grange-Théâtre de Vaugarni, à Pont-de-Ruan (Indre &Loire), le dimanche 18 mai 2025 à 16 heures.
Pour réserver, c’est au 02 47 73 24 74 qu’il faut appeler. (1)

