Sanseverino en Touraine
Entre solo et tango

Il était passé dans le quartier en 2015. C’était pour le Festival des Horizons. Cette fois, c’est au Nouvel Atrium que Sanseverino chantera à Saint-Avertin. Un passage en solo pour raconter la poésie d’un monsieur dont le cœur bat entre Montreuil et Memphis. Ça s’appelle L’Intime festival et ce sera le 6 février 2020.

Mais ce n’est pas tout. Quelques semaines plus tard, c’est à Notre-Dame-d’Oé qu’on retrouvera Sanseverino, cette fois en compagnie et pour un tango. Retour aux sources ?

 

Sanseverino (Photo DR)
Sanseverino, entre Memphis et Buenos-Aires… (Photo DR)

Un peu tête de cochon, beaucoup poète, foncièrement grognon (quand il s’agit des malheureux et de l’écologie), définitivement sans étiquette, Sanseverino a marié le jazz manouche qui l’a lancé (gamin, il aimait bien Django Reinhardt, mais aussi Jimi Hendrix, AC/DC ou… la musique pakistanaise), avec tout ce qui passe par une guitare, du rock au bluegrass, que l’on retrouve dans dernier album, Montreuil/Memphis. Un album qui a reçu les trois « clefs » de Télérama, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Sanseverino, c’est un gars qui voulait être acteur mais aussi musicien. Il a fait les deux. Il a joué dans quelques troupes et dans quelques groupes. Le plus costaud, celui qui a le plus duré, c’est Les Voleurs de poules. Un nom choisi pour rendre hommage aux gitans.

Sanseverino a pas mal écumé les routes de l’Est et y a attrapé le virus de la musique tzigane, qu’il joue incroyablement bien à la guitare. Le groupe s’étoffera, tournera de plus en plus, éditera un premier disque intitulé Tu sens les poivrons (sic) et verra Sanseverino le quitter pour vivre sa vie tout seul comme un grand. Qu’il est.

Un équilibriste du verbe

Tzigane dans l’âme, c’est pourtant un tango qui le lancera, après qu’il eût quitté le groupe. Sanseverino, reparti en solitaire en 1999, fait quelques panouilles pour arrondir les fins de mois et finit par sortir Le Tango des gens, qui deviendra disque d’or et lui vaudra le prix de l’Académie Charles-Cros en 2001.

« Les gens », c’est son truc, sa passion : « Sa gouaille fraternelle swingue à la gloire des gueux et des gueuses » dit L’Humanité. Alors, il défend des squatters, se présente sur la liste Europe-écologie et continue à écrire. Bien. Très bien. Et à chanter ses textes. Vite. Très vite.

Un assemblage de mots et de sons, une folie littéraire, une poésie mitraillette qui sied bien au rythme de Django. C’est beau, c’est drôle souvent, un équilibriste du verbe qui mérite d’être lu (en live, c’est parfois dur à suivre…). Ce qui ne l’empêche pas l’excité du vocal de redevenir enfant sage quand il interprète avec respect et presque timidité Le Petit bal perdu ou La maison sur le port d’Amalia Rodriguez…

Démonstration de virtuosité ICI (avec Francis Cabrel) pour ceux qui ne connaissent pas. Du Sanseverino pur jus et de la guitare infernale… Attention, ça dépote !

Et vous saviez que l’on pouvait être amené à étudier du Sanseverino à l’école ? Apportez vos cahiers…

Un son très… argentin

Sanseverino (Photo DR)
Sanseverino et Tangomotan, retour aux sources… (Photo DR)

Ça, c’est pour Saint-Avertin, où Sanseverino viendra tout seul avec sa guitare. Mais à quelques kilomètres, Oésia le retrouvera en mars, en compagnie de Tangomotán, trois Français et Françaises, anciens de Tango Carbón, tombés dans le tango argentin après avoir goûté, comme lui, à pas mal de rythmes, et avec lesquels il vient d’enregistrer un disque. Bizarrement, si Le Tango des gens l’a lancé, Sanseverino n’a jamais laissé son imagination vadrouiller du côté du Rio de la Plata depuis.

La rencontre avec Tangomotán relève donc du coup de foudre et vaudra de quitter le nord de l’agglomération pour le sud et découvrir comment Sanseverino peut passer d’un « rock’n roll blues dynamique et entrainant » (dixit son site) à la danse sensuelle des faubourgs de Buenos-Aires…

Jeudi 6 février à 20h30 au Nouvel Atrium de Saint-Avertin.
Pour réserver, c’est ICI.
Jeudi 19 mars 2020 à 20h30, salle Oésia.
Réserver à Notre-Dame d’Oé ICI
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ