À l’Espace Malraux,
Lee Fields nous soul à la James Brown

Il a le look, il a le style, il a – un peu – la voix, bref Lee Fields est dans la lignée de James Brown et le revendique. Revenu du désert, il sera sur la scène de l’Espace Malraux, accompagné par The Expressions, le 18 octobre 2019, avec la participation du Petit Faucheux. Le grand retour de la soul comme on aime.

Lee Fields à Joué-lès-Tours
Lee Fields et The Expressions à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours : la soul est de retour. (Photo DR)

Ça sent la boule à facettes et le slow câlin. Le genre de musique que l’on croyait paumée dans les archives des années soixante, avec les rouflaquettes et les pantalons pattes d’eph’. C’était un peu vrai. Après James Brown, la soul est passée de mode… auprès des programmateurs de radio. « Elle a été balayée du paysage dans les années 80. Les radios n’en passaient plus, mais les gens n’ont pas cessé d’en être friands pour autant » se rappelle Lee Fields. (Télérama)

N’empêche, celui qui courait dans la roue du grand James aux côtés d’un certain Wilson Pickett en a fait les frais. En ce temps-là, pas de YouTube pour te sauver la mise. La musique, c’est la radio et, à suivre, le vinyle, ou la cassette. Lee Fields range ses costards à paillettes au placard et place ses derniers sous dans l’immobilier.

Le coin des piqueurs

Pourtant, il était parmi les plus connus de la période soul. Un démarrage en 1968 (après des tournées dans le sud, embauché par un groupe qui l’a repéré dans l’ancêtre de The Voice, un radio-crochet local) avec un 45 tours enregistré à ses frais, sa « carte de visite » comme il dit : « Le premier que j’ai publié était Bewildered, une reprise de James Brown que lui-même avait déjà piquée à quelqu’un d’autre. C’était en 1968, et ça a un peu changé ma vie. » (Les Inrockuptibles)

C’est le moins que l’on puisse dire. Finies les petites salles et le chœur de l’église. Adieu à la maison où ses parents organisaient des soirées dansantes pour mettre un peu de beurre sur les épis de maïs, ce qui le nourrissait surtout de musique et lui permettait de chanter Sam Cooke ou Solomon Burke en livrant des journaux. Lee Fields va enregistrer chez plus d’une douzaine de labels un nombre d’albums qu’il ne se rappelle pas avec sa voix « rauque mais tendre », comme dit son producteur d’aujourd’hui.

Il y a une justice…

Jusqu’au grand gadin des années soixante-dix. Mais si la radio l’a tué, la technique du XXIe siècle va le ressusciter. D’abord, parce qu’il est samplé par des DJ comme Martin Solweig. Ensuite, parce que, rangé des bacs, Lee Fields s’amuse avec son ordinateur. Il balance une chanson sur YouTube sans y croire, Meet Me Tonight, et ça marche. Le grand retour est amorcé.

D’abord dans de petits clubs, avec une musique enregistrée. Puis avec un orchestre. Aujourd’hui, The Expressions et lui connaissent les grandes salles, dans le monde entier. Et s’il y avait une justice dans l’univers de la musique ?

Lee Fields à Joué-lès-Tours
Lee Fields, une vraie personnalité. (Photo DR)

Parce que Lee Fields n’est pas une copie de James Brown. Qu’il chante dans la même catégorie, c’est un fait. Mais la personnalité, la voix, la passion sont bien personnelles. Il chante les bons sentiments, certes, parce que « la soul, c’est la vie dans toutes ses nuances », rappelle-t-il. (Télérama) Mais il la chante avec un tel cœur, un tel rythme, qu’il retrouve sans problème sa place dans la galaxie. « Je chante la soul comme je chante le gospel, avec la différence que la soul parle de problématiques rencontrées sur la terre, et que le gospel évoque ce qui se passe dans les cieux… » (France Inter)

« Lee Fields nous embarque dans son Soul Train, classique et solide comme une locomotive à vapeur » écrit Rolling Stone à propos de It Rains Love, son album peaufiné à Nashville.

Le train fera un arrêt à Joué-lès-Tours en octobre 2019 et ce serait une bonne idée de le prendre en marche…

Vendredi 18 octobre 2019 à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours
Réserver en Touraine avec Entrée du Public ICI
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ