Nora Hamzawi à l’Espace Malraux :
Un spectacle complexement dingue

Du plateau de Quotidien aux planches de ses one-woman-shows, en passant par Grazia et Doubles vies d’Olivier Assayas, Nora Hamzawi déroute un peu. Elle sera à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours en décembre 2019.

Nora Hamzawi
Entre chroniques, one-woman-shows et cinéma, Nora Hamzawi déroute… (Photo DR)

Au départ, on croit que c’est une blague, qu’elle en fera un sketch, qu’elle en rigolera sur le plateau de Quotidien. En explorant le Web pour tout savoir sur Nora Hamzawi, on apprend qu’elle aime « porter les pulls à même la peau ». Ah bon, ?. Comme c’est sur Grazia et que Nora a l’habitude de se marrer des portraits qu’on fait d’elle dans les journaux people, on se dit que celui-là devrait l’inspirer. On a tort. Ce n’est pas un portrait, c’est une chronique. Nora Hamzawi écrit dans Grazia (elle a aussi chroniqué dans Glamour). Et elle aime les pulls à même la peau. Dont acte.

Encyclopédique

C’est là qu’on est un peu perdus. La Nora humoriste est une habituée du genre. Certes, quand on cherche à en savoir plus sur elle, on tombe plus souvent sur Closer que sur Télérama (elle y est, tout de même, nous y reviendrons). Et quand on lit dans Télé-Loisirs qu’elle est « une jeune maman comblée par la naissance de son petit garçon de deux ans », on voudrait qu’elle dise qu’accoucher d’un gosse qui a déjà deux ans, c’est déjà ça de gagné sur son éducation…

Non, décidément, elle n’est pas souvent là où on l’attend, Nora. Elle se raconte beaucoup, rappelle sa jeunesse de petite fille sans papa, ses complexes à rallonge, la manière expéditive (et d’une élégance rare…) avec laquelle Jean Benguigui l’éjecte de On’demande qu’à en rire (« Elle ne sait pas bouger, elle ne sait pas jouer, elle ne sait même pas porter une robe ! ») et même ce qu’il y a dans son frigo. Dis, Nora, c’est quoi l’exhibitionnisme ? Et un paradoxe ?

Cela dit, elle bosse. Outre ses chroniques littéraires, elle en en a eu aussi sur France Inter. Elle a écrit pour la série Scènes de ménage, est passée au Grand Journal de Canal+ avant d’arriver dans Quotidien. C’est là qu’elle répond une fois par semaine à des questions qui feront d’elle, au rythme où ça va, une encyclopédie Universalis avant qu’il soit longtemps.

N’emmenez pas les enfants

Pas très douée sur les planches du cours Florent, pas à l’aise dans les castings, Nora Hamzawi a eu du mal à décoller : « J’y allais sans conviction parce que j’ai toujours été complexée, je me mets toute seule en difficulté : je ne supporte pas qu’on me note et qu’on me juge, je trouve ça infantilisant. » (Télérama) C’est vrai que ça n’aide pas. Mais une copine lui souffle l’idée du one-woman-show et elle s’accroche. N’en déplaise à Benguigui (« Quand c’est arrivé, avec une grande violence, je me suis dit que ce n’était pas à Jean Benguigui de décider de mon avenir »), ça marche : « C’est comme si d’un coup tout s’emboîtait ! » dit-elle (Libération).

Sur scène, Nora Hamzawi s’inscrit dans la lignée de Blanche Gardin. Un peu moins trash, mais ce n’est pas une raison pour emmener les enfants. On n’est pas à la télé… Elle raconte sa vie (ou celle de son personnage), sans filtre : « J’ai pas l’impression que mon métier c’est de faire des blagues, mais de raconter des histoires. Mon premier objectif, c’est que ça fasse écho à la vie des gens, qu’ils se disent « ah ! mais oui, c’est trop vrai ! » » (Libération)

Pour en, finir avec sa personnalité à facettes, il faut aussi savoir que Nora a tourné dans quelques films (mineurs), et dans un grand film d’Olivier Assayas, Doubles vies. Elle y côtoie Juliette Binoche, Guillaume Cannet, Vincent Macaigne… Elle y est digne d’eux et a bien mérité de grimper les marches de la Mostra de Venise. Son souvenir de la soirée ? « Pourvu que les scotchs tiennent ». Voir pour cela quelle robe elle portait, particulièrement décolletée. On ne se refait pas.

Espace Malraux de Joué-lès-Tours le vendredi 6 décembre 2019

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