Dernière mise à jour le 15 avril 2026
Avec John Scofield (guitare) et Gerald Clayton (piano), c’est le jazz classique triomphant en liberté.
Après Rhoda Scott fin avril, l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours continue son voyage au pays du jazz et propose, avec la complicité du Petit Faucheux, le mardi 12 mai 2026, une nouvelle excursion entre le Village Vanguard et le New Morning. Virée haut de gamme(s) avec deux générations de musiciens hors normes sur les traces de Miles Davis et de Charlie Mingus. Entre autres…
Décidément, l’année 2026 sera jazzie à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours (Indre & Loire). Après Rhoda Scott fin avril, ce sont deux musiciens de très haut niveau, représentants brillantissimes d’un jazz que l’on n’ose pas qualifier de traditionnel (pourquoi pas ?) qui seront sur scène. John Scofield, empereur de la guitare depuis de longues années et Gerald Clayton, virtuose du clavier depuis… moins longtemps.
Rencontre fusionnelle et pas forcément attendue. Le vieux routier et le jeune routard, le guitariste et le pianiste, l’ancien et le moderne (mais, là, on ne sait plus qui est qui, ce n’est pas l’âge qui compte) ne sont pas supposés se balader sur les mêmes chemins. Erreur.
D’une impro, l’autre
Donc, nous avons d’un côté un monsieur d’un certain âge (il est né en en 1951) qui a fait ses classes avec Charlie Mingus ou Chet Baker, entre autres pointures du même tonneau (de bourbon).
De l’autre, nous trouvons un gamin de 41 ans qui allie jazz (papa, contrebassiste) et classique (maman, pianiste) capable de se lancer dans des expériences surprenantes jusqu’à glisser du hip-hop dans ses albums.
Des deux côtés, nous sommes en présence de virtuoses de l’improvisation. Et c’est, entre pas mal de choses, dont une longue amitié (Scofield était un grand ami du père de Clayton avec lequel il a beaucoup joué), ce qui les unit. « J’ai toujours hâte de jouer avec Gerald Clayton en formation duo. Nous avons une conversation musicale particulière. C’est un plaisir d’élaborer un répertoire en pensant à un musicien précis pour l’interpréter, et Gerald est sans aucun doute l’un des meilleurs pianistes avec lesquels j’aie jamais travaillé….
Je pense qu’il est l’un des meilleurs pianistes que l’on puisse trouver dans le jazz aujourd’hui et je suis ravi de collaborer avec lui. Ses propres groupes et enregistrements sont remarquables, faisant de lui un passeur essentiel du jazz dans le monde moderne » dit Scofield (New Morning) dit Scofield. Pas besoin d’en rajouter.

L’écran avant la scène
Originalité de la venue des deux compères, les Studios, le cinéma de Tours, rue des Ursulines, projetteront un documentaire consacré à John Scofield. L’occasion d’en apprendre plus sur le grand monsieur, aussi modeste que talentueux. On fera connaissance avec un musicien dont la virtuosité se cache derrière une décontraction totale, une ouverture aux autres permanente et un plaisir de jouer évident, appuyé sur la volonté de travailler quotidiennement son jeu.
On comprend que John Clayton se sente bien avec lui lorsqu’il affirme « J’adore inviter tout le monde à la fête », ce qui donne des rencontres permanentes et des explorations de multiples univers : « Des morceaux comme Angels Speak exploitent des aspects du post-bop, de la musique de chambre, du néo-soul, de l’avant-garde des années 60 et de la fusion des années 70 à tendance R&B, mais ils le font avec une telle fluidité que la musique fait fi de la notion de genre. » (France Musique) Histoire de faire une petite référence à Rhoda Scott, citée plus haut, signalons que Gerald Clayton s’est produit avec John Scofield au clavier d’un orgue Hammond.

Pour comprendre encore mieux Clayton, il faut lire cette déclaration pour comprendre son génie créatif : « La musique agit à de nombreux niveaux différents. Je la décris comme un grand arbre avec des fruits sur chaque branche. Si vous le souhaitez, vous pouvez simplement écouter quelque chose passivement et en tirer quelques nutriments. Ou tu peux grimper jusqu’au sommet et découvrir le goût de cette figue. » (Everything Jazz)
Dans un surprenant enregistrement, Gerald Clayton a même été jusqu’à brouiller les pistes (celles du disque comme les nôtres), à tel point qu’il était possible d’en écouter plusieurs en même temps, ce qui n’est pas techniquement simple, évidemment. « J’ai voulu créer un disque dont la face A peut être jouée simultanément avec la face B – un clin d’œil à ce moment dans le club où le DJ passe d’une chanson à l’autre, où l’on entend deux morceaux distincts en même temps. » S’il le dit…
Voilà qui convient aussi à l’ancien, lequel est capable de se balader du blues le plus soft à la frontière du rock le plus dur, pour ne pas dire métallique…
Il est à parier que le public réclamera quelques figues de Clayton et un morceau de Scofield en rab’ en fin de concert à Malraux. Pour ceux qui en veulent – un peu – plus, les Studios, le cinéma de la rue des Ursulines à Tours, proposeront, après la diffusion du film consacré au guitariste (Inside Scofield de John Steinberg, tourné en 2022), vingt-cinq minutes de concert live avec le guitariste Elie Garcia, en duo avec Julien Ducoin, contrebassiste.
Déférence gardée envers le grand monsieur, comme dirait un autre guitariste, Georges Brassens, on y entendra des morceaux de Scofield, évidemment.
À l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours, le mardi 12 mai 2026 à 20h30
Le « ciné-concert » Inside Scofield, sera présenté aux Studios de Tours le vendredi 8 mai à 19h30.
Réserver à Joué-lès-Tours ICI (1)
Réserver pour voir le film aux Studios, c’est LÀ (1)
Pour réserver ailleurs, c’est LÀ (1)

