Francois Tomasi fait le mur
au Cloître de la Psalette

Lors du vernissage au Cloître de la Psalette. Un très beau lieu pour une très belle expo. (Photo DR)

Il est capable de transformer le Grand Palais de Paris en cathédrale. Il est aussi capable de trouver l’infini dans les murs de celle de Tours. François Tomasi expose au Cloître de la Psalette. Seulement jusqu’au 30 septembre. Toujours pressé, le bonhomme…

Ceux qui le connaissent savent que François Tomasi est un être surprenant. Que son travail, tel qu’il est exposé au Cloître de la Psalette, tranche avec ses œuvres habituelles n’est donc pas étonnant. C’est donc un François Tomasi attentif, fouineur, fureteur même, jouant les Champollion pour décrypter les message cachés de la Cathédrale de Tours que l’on découvre. Calme ? Tiens donc.

Pas de lecture érudite des gargouilles et autres chapiteaux, pas de lecture touristico-culturelle, mais la révélation d’une histoire non écrite, la mise au jour d’images cachées, le dévoilement au commun des visiteurs de merveilles invisibles à qui ne possède pas la vision affûtée de l’œil photographique, à condition qu’il appartienne à un véritable artiste.

Les murs ont un visage

François Tomasi s’est rapproché au plus près des murs de la cathédrale, déchiffrant les fissures, lisant les éclats de peintures, percevant dans le banal des images qui se révèlent au visiteur de l’exposition, le renvoyant à son aveuglement de voyeur quotidien.

Une « macro-photographie » qui ne se limite pas à des effets de couleurs et de traits, même si certaines – superbes – sont les jumelles, à quelques siècles d’écart, de la peinture contemporaine. Mais ce sont ses « apparitions » (sans connotation religieuse obligatoire, au choix de l’observateur) qui fascinent le plus. Des visages fantomatiques, figés dans la pierre, ou cette Vierge à l’Enfant que personne n’avait remarquée, par même l’archevêque de Tours, pourtant érudit et curieux du lieu !

La visite est courte (François Tomasi est homme de perfection, pas question donc de déverser ce que l’on devine être une énorme collection de clichés, ni de gâcher les cimaises centenaires qui l’accueillent) mais vaut le déplacement, d’autant plus que le lieu est magnifique et n’est pas toujours accessible.

Coup double, donc, pour ceux qui s’y rendront… rapidement.

Portrait de l’artiste par lui-même

François Tomasi est né à Tours en 1959.

Il suit la formation de l’École des Beaux-arts de Tours. Employé aux relations publiques et promotions de la Nouvelle République du Centre-Ouest pendant quelques années, il y développera sa démarche photographique, sa connaissance de la chaîne graphique et du travail sur l’image.

Parti en Angleterre, c’est à Londres que François Tomasi reçoit sa formation de photographe auprès de Joe’s Basement dans le quartier de Soho.

François Tomasi est photographe et artiste. Il travaille notamment pour les muséums d’histoire naturelle en France, pour l’Office de coopération et d’information muséographique (OCIM), pour le Ministère de la Culture et, notamment pour le Grand Palais depuis 2007.

Sa démarche consiste à créer une nouvelle identité pour que ce qui est observé, prenne une autre dimension. Une approche de l’architecture qui révèle par l’esthétisme un nouveau regard. Le temps de pause est d’abord celui du photographe. La rapidité croissante du monde floute la réalité. François Tomasi fait le point.

« J’ai essayé de rendre visible ce qui appartient à l’invisible du rêve. C’est dans la cathédrale Saint-Gatien de Tours, sur la pierre en cours de restauration, que j’ai découvert de nombreuses formes. »

Avec l’aide de la lumière, ma compagne de tous les instants, j’ai pu photographier l’imaginaire…

Un peu de création poétique ! »

Du vendredi 21 au dimanche 30 septembre au Cloître de la Psalette (près de la cathédrale de Tours)