Les pandas du Hunan
se la coulent « doulce »

Dernière mise à jour le 29 avril 2019

D’habitude, Doulce Mémoire, c’est plutôt ça. Pas cette fois (Photo DR)

 

C’est la rencontre d’une tradition musicale française codifiée et d’une autre, chinoise, qui ne l’est pas moins. Le spectacle qui unit l’ensemble Doulce Mémoire, spécialiste de la musique de la Renaissance, et le Théâtre d’ombres du Hunan, est un étrange assemblage, parfaitement réussi. À quoi rêvent les pandas s’adresse aux enfants de tous les âges.

Leur genre, ce serait plutôt les robes à vertugadin et à crevés (pour les dames), le pourpoint à fraise pour les messieurs. Chez Doulce Mémoire, on est Renaissance, on vit Renaissance, on joue Renaissance. Pour être juste, les costumes ne sont portés que lors de certains spectacles, la plupart des concerts se faisant en tenue noire, comme tout ensemble classique sérieux qui se respecte.

Côté musique, on les devine scotchés à leurs flûtes, hautbois, bassons et autre cromornes ou sacqueboutes. À première vue, ça ne rigole pas.

Eh bien si. On peut être des amoureux du répertoire baroque, décrypter sans mollir les funérailles d’Anne de Bretagne ou Clément Janequin quand il célébrait la victoire française de Marignan (1515, comme chacun sait), et avoir l’esprit facétieux et le goût de la fête. Démonstration.

Des ombres dans la valise

« Doulce Mémoire, c’est d’abord l’esprit de la Renaissance, cette période faste de découvertes, d’inventions, de voyages et de créativité…  » Ça, c’est la description de l’ensemble par lui-même. Autrement dit, on n’a peur de rien – musicalement parlant – et on a envie de s’amuser. Alors, on imagine de drôles (vraiment) de spectacles, que l’on appellera Fricassées d’Italie ou Le cri du tournebout, finement sous-titré Concert musicologiquement irresponsable.

Quand on lit (et entend) ça, on se dit qu’il ne faut pas s’étonner que les baroqueux aillent se balader du côté du Hunan (province de la Chine profonde, comme chacun ne sait pas) pour en revenir avec, dans sa valise, un théâtre d’ombres, spécialité locale reconnue, comme le porc braisé rouge à la façon Mao dans un autre domaine.


Tant qu’à rapporter des marionnettes dans ses bagages, autant jouer avec. C’est ce que propose À quoi rêvent les pandas, dernière production de l’ensemble. Une rencontre entre deux cultures qui n’ont apparemment en commun que de remonter aux calendes grecques, si l’on ose dire.

Il en résulte un spectacle, particulièrement conseillé aux enfants, un assemblage qui tient de la magie et qui respire l’émerveillement. Monté avec le Centre de protection et d’héritage de la marionnette et du théâtre d’ombres du Hunan, il a été présenté sur place, à Changsha, mais aussi au musée du Quai Branly.

Drôles de pandas

L’histoire, c’est « le parcours initiatique d’un jeune panda et de ses compagnons : singe, crocodile et phœnix. Servi par une mise en scène contemporaine, un conte musical entre émerveillement et mélancolie, à la recherche des origines de la berceuse. » (Télérama) Un peu d’écologie, beaucoup d’humour, une grosse dose de merveilleux, le mélange prend bien et conquiert un public plus habitué aux dessins animés zouzouphages.

N’hésitez donc pas à y venir en famille, les enfants adoreront. Parce que les rêves des pandas sont drôles. Normal, c’est Doulce mémoire qui les fait vivre. Des gens pas aussi sérieux qu’ils en ont l’air.

Mardi 30 et mercredi 31 octobre au Théâtre Olympia de Tours

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