Francis Huster joue Vladimir Horowitz
Comme un satané ouragan sur l’Atrium de Saint-Avertin

Francis Huster sera Vladimir Horowitz, « l’Ouragan des steppes », le temps d’une soirée au Nouvel Atrium de Saint-Avertin. Claire-Marie Le Guay sera les mains (l’âme, dit Huster) du pianiste.

Francis Huster joue Vladimir Horowittz avec Claire-Marie Le Guay (Photo DR)
Francis Huster joue Vladimir Horowittz avec Claire-Marie Le Guay à l’Atrium de Saint-Avertin. Rencontre avec le « Satan du clavier ».(Photo DR)

Après l’attristante rencontre de Michael Lonsdale, très diminué, avec Beethoven, c’est à Francis Huster d’explorer le monde de la musique sur la scène du Nouvel Atrium de Saint-Avertin. Pas de compositeur à l’affiche, cette fois (ou pas seulement), mais un pianiste, un personnage, un monstre, une star : Vladimir Horowitz, considéré par beaucoup comme « le pianiste du siècle ».

Avec la pianiste Claire-Marie Le Guay, le duo aura à relever un sérieux double-défi. Marcher dans les pas d’un géant, Francis Huster l’a déjà fait en appliquant le même principe de spectacle à Shakespeare, Musset et Chopin, entre autres. Quant à Claire-Marie Le Gay, ses qualités sont reconnues. N’empêche, se prendre pour Horowitz, ça doit sérieusement stresser…

Un Paganini du piano

Il est vrai que le personnage a de quoi fasciner. Pas seulement par son talent d’interprète mais aussi à cause d’un caractère particulièrement bouillant, alternant coups de colères et dépressions, et d’une carrière à faire pâlir de jalousie une rockstar.

Russe, Vladimir Samoïlovitch Horowitz fut un enfant couvé et talentueux. Au piano à 5 ans (avec maman), au conservatoire à 12 (où il s’intéresse plus à la composition qu’au clavier), il attend d’en avoir 17 pour donner son premier concert (à Kiev, sa ville natale, quoique ce ne soit pas certain), encouragé par un monsieur qui sait de quoi il parle, Alexandre Scriabine.

Francis Huster joue Vladimir Horowittz avec Claire-Marie Le Guay (Photo DR)
Francis Huster joue Vladimir Horowittz avec Claire-Marie Le Guay au piano. (Photo DR)

Sa carrière décolle quelques années plus tard après une série de vingt-trois récitals à Leningrad en 1924. L’homme est capable d’enchaîner les apparitions comme de se terrer chez lui pendant des mois, non sans piquer des colères mémorables, notamment quand il s’agit de son piano ou… de son tabouret s’il est trop haut ! On n’en est pas encore là. Deux ans plus tard, l’Europe découvre Horowitz, s’enthousiasme, et lui offre son premier surnom : « l’Ouragan des steppes ». Référence probable à son jeu sidérant plus qu’à son gabarit, plutôt réduit…

Des surnoms, Horowitz en récoltera un certain nombre au fil de sa carrière. Clara Haskil voyait en lui un « Satan du clavier », ce qui n’est pas mal. Parce que le monsieur va plus loin que tout le monde. Une sorte de Paganini du piano : « Son public était constitué pour moitié de  pianistes qui tentaient de comprendre comment il y arrivait. » (Oscar Levant, cité par Last.fm)

Rachmaninov ressort la version originale de sa deuxième sonate : il avait dû la simplifier pour parvenir à la jouer lui-même !

La fille du chef

Tout en conservant un sens musical extrême, Horowitz repousse toujours plus loin les exploits, particulièrement en concert. Devenu américain, tout en restant fidèle à la gastronomie française…, il déplace les foules. D’autant plus que ses prestations sont espacées par des périodes de dépression, certaines provoquées par le décès de sa fille. Car Horowitz a épousé la fille de Toscanini. Le chef le dirige en 1993 à Paris dans le concerto Empereur de Beethoven et il épouse sa fille six mois plus tard. Les exécutions d’Horowitz sont toujours rapides…

Mais Horowitz se voit toujours compositeur. Ce qui lui permet d’adapter des partitions à son talent. Il réécrit par exemple la Danse macabre de Camille Saint-Saëns (déjà transcrite par Liszt) ou carrément la célébrissime Marche de Sousa, monument de la musique populaire américaine. Il devra même cesser de jouer ses compositions en bis dans les concerts car, dit-il, « après avoir entendu ces morceaux, le public oublie le reste du concert. C’est injuste. ».

Francis Huster retrace la vie de l’homme autant que celle du musicien. Le « petit juif ukrainien » a fui les bolcheviques, sa famille en a été victime. Une vie hors normes, glorieuse et douloureuse, sauvée miraculeusement par la musique.

Le spectacle est donné devant des écrans qui remettent le propos dans le contexte de l’époque.

Mercredi 24 avril à 20h30 au Nouvel Atrium de Saint-Avertin

Réserver à Saint-Avertin avec Entrée du Public et FNAC Spectacles ICI

…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ