La Mécanique des ombres
Trois pantins maladroits découvrent la vie dans une chorégraphie qui mêle acrobatie et danse. La Mécanique des ombres, c’est magique, onirique, magnifique. Et ce sera à La Pléiade de La Riche le jeudi 4 avril 2019.

Ils vous perdent dans un monde que vous peinez à définir et puis, sans prévenir (ils ne préviennent jamais, on y reviendra), ils s’embarquent dans une sorte de sirtaki (non, c’est autre chose, mais on peut dire ça…) aussi incongru qu’absurde. Les trois complices (on souligne partout leur amitié ancienne) de La Mécanique des ombres ont un principe : casser les équilibres, mépriser la chute des corps. Leur univers se libère de l’attraction terrestre pour construire celle qui unit les êtres.
Naissance des pantins
Sylvain Bouillet, Mathieu Desseigne et Lucien Reynès, danseurs et chorégraphes (avec une touche de théâtre), se sont fait connaitre avec Je suis fait du bruit des autres, auquel ils avaient associé des amateurs. Cette fois, le trio n’est pas élargi. Les trois danseurs, avancent (visages) masqués. Vêtus de manière identique (des vêtements à capuche dignes de rappeurs) ils jouent sur la similitude des silhouettes. Pas d’identification pour un travail qui veut évoquer l’échange entre les humains, la construction individuelle par le partage.
Trois êtres anonymes, peut-être même « inexistants », trois ombres. Ils vont naître sous les yeux du spectateur, leurs mouvements de pantins se précisant peu à peu et, surtout, se complétant. C’est maladroit, malhabile (en apparence, tant les danseurs/acrobates travaillent dans une précision absolue), surprenant, drôle, touchant.
Chaque geste, chaque trajectoire, chaque chute est inattendue. Comme écrit plus haut, « ils ne préviennent pas ». Ce qui devrait être une catastrophe pour l’un est rattrapé de justesse par un autre, non sans quelques échecs, peu à peu rectifiés au fil de l’apprentissage. Pour exister, les hommes ont besoin de s’entraider, c’est la morale de l’histoire.
La Mécanique des ombres sera dansé à la Pléiade de La Riche, dans le cadre d’un échange avec le CCNT (Centre National Chorégraphique de Tours).

