Tour de chauffe à pleins tubes
pour le Festival 72 du Mans

Dernière mise à jour le 14 juillet 2021

On prend un bout de HellFest, une dose de Hells Angels, quelques tonnes de trucks et autres bagnoles rutilantes, un (gros) zest de western et on assaisonne le tout, généreusement, de concerts.

Bien agité au shaker ça donne le Festival 72 du Mans, première édition, et ça risque de sérieusement secouer du 9 au 11 juillet dans la poussière de l’Oklahoma et du Parc des expositions local.

IMPAIRS ET PASS

S’il est important que la population hexagonale comprenne que l’épidémie de coronavirus n’est pas finie et que la vaccination est le seul moyen d’en sortir, force est de constater que les mesures officielles prises pour protéger le péquin contaminable moyen relèvent plus du doigt mouillé (météo oblige, sans doute) que du simple bon sens. Le Festival 72 du Mans est le premier à le constater, à le subir… et à ne pas apprécier.

white and clear syringe on blue textile

L’histoire commence dans un département voisin de la Sarthe (l’Indre & Loire, pour ne pas le nommer, puisque les organisateurs de 72 du Mans le cachent pudiquement) en passe d’organiser sa foire annuelle, après moult reports et autres ajournements. La Foire de Tours, donc, prévoit d’ouvrir en juillet au lieu de mai en limitant stands et visiteurs mais sans pass sanitaire à l’entrée.

Dans les semaines qui suivent, on ne sait plus à quel médecin se vouer. Le pass revient, redisparaît, le masque est là ou pas selon les lieux, bref, c’est la bouteille à l’encre, relativement logique si l’on se souvient que tout cela se fait en parallèle des décisions gouvernementales de déconfinement. Bref.

ON CHANGE, ON RECHANGE, ON ÉCHANGE

Logique, oui, à condition que lesdites décisions locales suivent les règles nationales. Mais c’est là où les impairs commencent à se succéder : alors que l’accès à la Foire de Tours est devenu officiellement libre quelques semaines plus tôt, Entrée du Public révèle en exclusivité que la Préfecture d’Indre & Loire a décidé le 30 juin, veille de l’ouverture, que la liberté ne soufflerait plus dans les allées mais que l’on devra apporter ses anticorps avec soi, sous forme de pass sanitaire ou de résultat de test.

Panique à bord, évidemment, de même que chez nos lecteurs qui s’interrogent et nous interrogent. Les organisateurs retirent l’annonce de l’accès libre et s’agitent en coulisses. 

Dernier épisode, en date du 1er juillet, soit quelques heures avant l’ouverture des portes : l’accès est de nouveau libre, la « jauge » n’a plus de limites, bref, la décision de la veille passe aux oubliettes, même si elle a été fortement inspirée par le ministère. C’est bien pour la foire, pas sûr que ça le soit pour la santé des visiteurs, mais, ça, c’est une autre histoire.

Là où ça coince, c’est chez les autres organisateurs de manifestations, toujours soumis aux contrôles et contraintes, et pas vraiment heureux de voir un passe-droit généreusement offert à la Foire de Tours et pas à eux.

Parmi les mécontents, le Festival 72 du Mans, on le comprend. Comment expliquer la différence de traitement alors que les deux manifestations se ressemblent fort ? Car le « truc » trouvé par les Tourangeaux, c’est d’avoir présenté la foire comme un événement commercial, ce qui lui donnerait des avantages (on se demande pourquoi, d’ailleurs, sanitairement parlant) sur les festivals. Oui, mais…

JEUX DE MOTS, JEUX DE…

En réalité, cette présentation est à tout le moins spécieuse (pour ne pas dire faux-…) : si la foire de Tours accueille des stands commerciaux, normal, elle propose aussi une vingtaine de concerts, un espace restauration, des animations, etc. En prime, la fête foraine toute proche est, elle aussi, en accès libre.

Comme le fait remarquer Denis Schwok, fondateur du Festival 72 du Mans, la toute neuve manifestation sarthoise accueille des stands commerciaux (majoritairement consacrés à la moto), une vingtaine de concerts et des espaces restauration. Que ceux qui ont trouvé une différence nous écrivent, ils auront gagné toute notre considération.

En fait, il est évident que l’on joue – un poil hypocritement – sur les mots. Le Mans aurait-il appelé son événement « Foire à la moto du Mans », le passe-droit tourangeau aurait-il franchi la frontière départementale ? On n’est plus à une absurdité près.

En attendant, les organisateurs du Festival 72 du Mans et d’autres manifestations régionales sont partis à l’assaut des préfectures pour demander que l’égalité des chances soient respectée, comme indiqué dans un communiqué.

Manque de chance, la préfecture sarthoise étant apparemment moins souple que celle d’Indre & Loire, le niet officiel a été maintenu à l’égard du Festival 72 du Mans. Logique si, comme la réponse l’indique, on suit les textes officiels, beaucoup moins dès lors que l’on accorde une dérogation aux voisins tourangeaux (voir plus haut).

Donc, pour venir au festival, il faudra avoir son pass sanitaire  sur soi. Ceux qui n’en ont pas ou e sont pas dans les délais post-vaccination pourront se faire tester gratuitement sur place, avec résultat dans les dix minutes. Bravo aux organisateurs.

LES BILLETS SONT TOUJOURS EN VENTE

Pendant que nous sommes dans les informations pratiques, une petite explication à propos des locations de places. Parce que le confinement et ses déclinaisons ont fait chuter le nombre des programmations, certaines grandes surfaces ont fermé leur billetterie, sans pour autant donner d’explications. Les aspirants visiteurs du Festival 72 du Mans ont parfois dû repartir sans leur pass (pas sanitaire celui-là).

Qu’ils se rassurent, il est toujours possible d’acheter ses billets en ligne et, évidemment, des guichets les attendront aussi à l’entrée. Oh happy day !

 

 

Il s’appelle Festival 72 du Mans. Sans doute pour ne pas hérisser les voisins de l’ACO, les organisateurs ont gommé le mot “heures” du nom mais tout le monde aura compris. Pendant trois jours (72 heures, si nous comptons bien), au Parc des expositions du Mans (dans la Sarthe, donc 72 si nous connaissons bien nos plaques minéralogiques ancienne époque), les américains vont débarquer au pays de la rillette et du poulet de Loué. Pas tout seul, on va le voir. L’union fait la force.

woman taking selfie

Pas de mystère : au commencement était Denis Schwok, un monsieur qui est tombé dans le bourbon quand il était petit (enfin, quand il avait l’âge), qui se balade en Harley-Davidson ou en Indian selon les jours, qui mouille sa chemise western dès qu’il entend de la musique country et qui adore se refléter dans les pare-chocs des belles américaines ou des camions géants échappés à la Route 66. Bref, un dingue des USA, ce qui fit de lui le papa du désormais célébrissime American Tours Festival, un événement fou qui est né et a grandi sur les rives du Cher, à Tours, donc.

Règlement de comptes à O.K. Corral, un film de 1957 - VodkasterRèglement de comptes sur les champs de foire (Photo DR)

Mais les petits frères du Rio Grande n’étant pas forcément de longs fleuves tranquilles (demandez à Marylin Monroe ce qu’elle pense des rapides de La rivière sans retour), l’histoire a fini comme tous les westerns, par un règlement de comptes. Ce n’est pas notre sujet, si ce n’est qu’il a vu Denis Schwok monter en selle et partir vers l’Ouest, évidemment, avant de s’arrêter à Le Mans City pour créer le Festival 72. Aujourd’hui, la rivalité Tours/Le Mans ne se limite plus aux rillettes, même si la version originale du festival n’aura pas lieu en 2021 à Tours.

Frontières ouvertes

Cela dit, s’il fait clairement partie de la filiation, Le Festival 72 du Mans n’est pas la copie conforme de son cousin. Certes, on y retrouve l’amour de l’Ouest américain, oui, on y entendra du rockabilly, bien sûr on pourra se faire décorer la couenne et boulotter du hamburger mais, cette fois, les frontières seront plus ouvertes. Ce sera notamment le cas côté mécanique sur deux roues.

Un festival US, c’est d’abord des Harley. Beaucoup de Harley. En insistant un peu, on y voit aussi des Indian, ce qui a sa logique, les deux marques jouant sur le même bitume. Mais pour 72 du Mans on a ajouté quelques cousins éloignés. Si les Can-Am à trois roues sont de la famille, il sera plus surprenant de rencontrer des Gilera, des Moto Guzzi, des Aprilia, entre autres, ce qui fera du festival un vrai salon de la moto. Il y aura même des Vespa (stars de cinéma, tout de même) et, n’ayons pas peur de le dire, quelques allemandes et autres japonaises. L’important, c’est la passion.

À ce propos, les dingues de la clef à molette et du « pétard » à peinture pourront exposer le résultat de leur travail sur deux (ou trois) roues. Le public désignera son « coup de cœur ». Récompenses à prévoir dans les sacoches.

espace auto voiture ancienne et de collection festival 72 Le mans 9 10 11 juillet 2021

Toujours dans l’univers de la mécanique ronflante, la présence de bijoux roulants de plus de trente ans devrait réjouir les yeux et, accessoirement, les oreilles. Même principe avec les « trucks » américains aux chromes miroirs et aux klaxons… symphoniques.

Le festival jette l’encre

Qui dit motards dit tatouage. Si l’art graphique sur épiderme a largement débordé le monde des bikers depuis plusieurs années, c’est un assemblage qui va bien. On pourra donc tâter de l’aiguille sur une trentaine de stands et éventuellement participer au concours qui récompensera les plus belles « pièces ».

Autre présence logique, celle d’un marché vintage où l’on pourra compléter sa garde-robe ou chiner un vieux vinyle de collection. Tout ça avant (ou après) un solide casse-croûte, pas forcément à base de hamburger dégoulinant puisque le menu est ouvert à tous les types de gastronomie. Cela dit, hamburger rillettes, c’est à tenter…

S’ils laissent leur colt au vestiaire, les joueurs de poker pourront taper le carton comme Wyatt Earp soi-même sous le patronage de Man’s Poker. On ne jouera pas des « bucks » mais un « pricepool » est prévu.

Trois jours multi-scéniques

Le gros morceau du Festival 72 du Mans, ce sera la musique. Celle, d’abord, qui permettra de faire la démonstration de son talent – ou de le perfectionner – sur les parquets avec des cours de  boogie-woogie, de rythm’n blues ou de rock de la grande époque.

Celle aussi qui défilera sur les trois scènes du festival. Pas loin de trente concerts et non des moindres. On retrouvera le détail du programme ici, mais sachez que Manu Lanvin and the Devil Blues seront là le samedi (les nostalgiques de Johnny vont frissonner…), que des Fallen Lillies échappées du HellFest où elles ont été gagnantes du concours The Voice of Hell de 2019, vont déchirer (la voix) et qu’un paquet de tributes permettra de retrouver, ou presque, Queen, U2, Led Zeppelin ou AC/DC. Rien que ça… mais pas seulement ça. Le programme réserve aussi une sacrée surprise.

Little Bob, icône du rock, de retour sur la scène du Magic Mirrors au Havre  | 76actuSacré Bob ! (Photo DR)

Il a commencé en racontant sa « story », il revient avec ses « bastards ». Mais il est toujours Little Bob, le petit bluesman français le plus rock, crinière blanchie toujours triomphante, gueule burinée, maintenant, et lunettes noires inamovibles. Un sacré mec, un grand monsieur né lorsque les américains distribuaient des chewing-gum du haut des chars étoilés. Sacré baptême.

Sacré baptême aussi pour Le Festival 72 du Mans. Ou sacrés parrains. Et, donc, un sacré paquet de raisons d’aller faire un tour en pays manceau, histoire de prendre une bouffée d’air venu de l’Ouest.

Vendredi 9, samedi 10 et dimanche 11 Juillet 2021 au Parc des Expositions du Mans.

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D’autres possibilités existent, évidemment.
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