Dany aime les Suzette
…et Charles Aznavour

Une voix à faire chavirer les dames (nettement majoritaires dans la salle), des rythmes convaincants, un look de charmeur invétéré, Dany Brillant a la panoplie complète du « crooner » et il en use au mieux. Rendez-vous langoureux le 8 octobre 2021 au Vinci pour un hommage à Charles Aznavour. Gomina et chaussures vernies conseillées.

Charmeur, forcément charmeur. Œil et voix de velours, cheveux discrètement gominés, bronzage léger, Dany Brillant cultive à l’envi le style crooner. Après une absence qui avait inquiété ses fans (non, non, il n’a pas été gravement malade comme on l’a dit, juste un petit coup de blues après un gros travail pour une pièce de théâtre), il avait ajouté le rock – version sixties, tout de même – au swing.

Son album Rock and swing chatouillait un peu les mannes d’Elvis et gratouillait légèrement celles de Compay Segundo, ce qui signifie qu’il se baladait entre Memphis et La Havane. En s’attaquant à des reprises de Charles Aznavour, Dany Brillant garde peu ou prou la même recette. Mais n’anticipons pas. Petit retour en arrière.

Dany Brillant dévoile pourquoi il a quitté femme et enfants plusieurs moisDany Brillant, éternellement lui-même… (Photo DR)

C’est un bonheur d’aller dénicher les premiers « clips » de Dany Brillant. Ils sonnent comme un prolongement de l’époque du Scopitone. Mais le kitch de la réalisation, plus dans le style bande de copains que Festival de Cannes, n’enlève rien au swing du gominé. Et quand il n’hésite pas à psalmodier « J’ai perdu la tête depuis que j’ai vu Suzette, j’perds la raison chaque fois que j’vois Suzon« , on n’a finalement pas envie de se moquer.

Dany Brillant garde toujours une distance ironique qui fait passer le tout et, franchement, c’est plutôt du bon boulot. La preuve, en écoutant Suzette, on pense à Boris Vian. À ne pas manquer non plus pour faire bon poids, l’incroyable Elle dit non. Collector !

D’où viens-tu, Dany ?

On ne peut pas dire que la jeunesse de Dany Brillant l’ait vraiment préparé au swing. Né à Tunis, il est le fils d’un joueur de luth et chanteur de musique orientale !

Arrivé à Paris, destiné à faire des études de médecine, on le retrouve sur les trottoirs à jouer avec un copain saxophoniste.

Repéré, il passera au cabaret des Trois mailletz (où il choisit son pseudo, le patron du lieu lui disant chaque soir « Sois brillant !  ») et s’inscrit au Cours Florent pour devenir comédien.

Il en sort avec la fameuse Suzette, chanson destinée à un film de Francis Huster, On a volé Charlie Spencer. Pas de chance, le petit rôle qu’il devait tenir et la chanson s’évaporent au montage. N’empêche, Dany ne lâchera plus le micro. C’est parti pour une longue carrière !

N.B.  Dans le clip qu’il a enregistré pour La Bohême, les premières images renvoient à une jeunesse qui évoque la sienne, de l’autre côté de la grande bleue.

Tout en douceur

Depuis les années quatre-vingt-dix, Dany Brillant n’a jamais trahi son style. Celui d’un « crooner » à la française (voix chaude, jamais forcée, rythme multiforme) et gardé son public, qui sera heureux de le retrouver une nouvelle fois à Tours.

Mâcon | Dany Brillant attend les Mâconnais sur l'esplanade ce vendrediUn petit passage par le rock… toujours en douceur. (Photo DR)

Le plus difficile sera de rester assis. Parce que Dany Brillant, c’est une machine à faire danser. C’est en réalité le seul fil conducteur de son répertoire. Dany a baladé son costard des rues de Cuba à celles de Harlem et il a repris sans déchoir les succès de Dalida, Sacha Distel ou, cette fois sous forme d’hommage, Charles Aznavour. Il est même passé par le rock, comme rappelé plus haut. Toujours en douceur, tout de même. On était plus près de Dean Martin que de Mick Jagger, ce qui convient à son public argenté habituel, capable de traverser la France en bus pour l’entendre et danser avec lui.

Une carrière sans accroc, née par passion, contre vents et marée. « Vaut mieux gâcher sa jeunesse que de ne rien en faire… » dit-il dans Viens à Saint-Germain en 1991. C’est sans doute ce qu’il a répondu à ses parents qui voulaient faire de lui un étudiant en médecine et qui l’ont retrouvé au Cours Florent. Il en est sorti avec Suzette sous le bras. Exit la carrière de comédien, il sera chanteur de charme.

Dany Brillant revisite « La bohème » de Charles AznavourLa Bohême, c’est par là. (Photo DR)

Sauce pimentée

Pour son dernier album, il fait un joyeux mélange entre le swing de ses débuts et le romantisme un poil sirupeux qui fait son image de marque. Hommage à Charles Aznavour, qu’il a fréquenté depuis ses débuts. C’est en le voyant avec sa maman qu’il a eu envie de chanter, dit-il. Il raconte aussi que le petit Charles lui a offert un texte trois mois avant qu’il ne disparaisse. Un texte qu’il ne chante pas encore : «  Je ne l’ai pas mis en musique, parce que j’ai pris ce texte plutôt comme un talisman. » (Public). 

L’album et, par voie de conséquence, le spectacle qu’il donnera en tournée, reprend (pas toujours juste…) la plupart des tubes d’Aznavour. De La Bohême à Je m’voyais déjà, en passant par Emmenez-moi : «  J’avais surtout envie de chanter ses tubes que tout le monde connaît, que ce soit un disque familial. » (Public) Commercialement parlant, ça se tient.

Le tout mis à sa sauce, autrement dit pimentée à la salsa. Et ce n’est pas gagné. Parce que toucher à une idole, c’est déjà casse-gueule. Mais changer le rythme et le style, c’est franchement iconoclaste : « Dans les chansons d’Aznavour, on touche l’universalité de l’homme » (France Bleu) croit-il. Les réseaux sociaux (on en pense ce que l’on veut) ne sont pas forcément du même avis et l’ont sérieusement assaisonné à la suite de sa prestation télévisée dans l’émission hautement culturelle de Cyril Hanouna. Son public, biberonné à la nostalgie, devrait être plus en accord avec l’artiste.

Dany Brillant partira en tournée à l’ombre d’Aznavour à l’automne 2021. Tournée qui passera par Tours, une nouvelle fois. Espérons que le coronavirus aura quitté la scène et qu’on laissera sortir les personnes vulnérables qui composent une grande partie du public de l’inoxydable Dany. Comme dit Croonerradio (si, si, ça existe) : « Dany Brillant, comme Charles Aznavour, permet à tout un chacun de vibrer, swinguer ou chasser ses idées noires, au fil d’une actualité morose. » Ça vaut bien un vaccin…

Vendredi 8 octobre 2021 au Centre de Congrès Vinci de Tours à 20h30
Réserver en Touraine avec Entrée du Public ICI
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ