15 mai 2026
American Tours Festival et Festival 72 du Mans

American Tours Festival et Festival 72 du Mans

Les conditions imposées par les autorités et par le virus étaient « incompatibles avec l’esprit de la manifestation ». C’était en 2021, et la direction de Tours Événements, repoussait l’American Tours Festival à 2022. 

Restait à savoir si l’édition aurait bien lieu, comme nous l’expliquions dans cet article. Raté. Une nouvelle fois, L’American Tours Festival était « repoussé », peut-être à l’été 2023. À condition d’y croire. Sauf que…

…aux dernières – mauvaises – nouvelles, l’American Festival 2023 est tout près de suivre ses deux prédécesseurs dans la tombe. Et il est peu probable qu’il en ressorte.

« No way ». Autrement dit « pas moyen » ou « pas de route. Celle qui conduit à Tours (USA) reste fermée. (Photo DR)

On pouvait, on voulait y croire. C’est vrai que le désormais mythique American Tours Festival faisait figure, depuis sa naissance en 2007, d’événement majeur de l’année tourangelle. Avec ses myriades de Harley, ses « trucks » luisants comme une étoile de sheriff, ses cow-boys, justement, et ses indiens, ses parquets de danse multiples, divers et encombrés, sans oublier des concerts de « ouf » comme on dit aujourd’hui, avec quelques milliers de fans assemblés devant la scène, le baby de papa Denis Schwok, ancien patron de Tours Événements, structure organisatrice, était une sacrée belle bête.

Les voisins sur le sentier de la guerre

Malheureusement, c’était aussi tout ce qu’adore le Covid et ce que n’aiment pas les services de santé. On ne les roulera pas dans les plumes enrobés de goudron pour autant. L’épidémie n’était pas finie et il fallait se méfier de la chose, rusée comme un Apache, capable de repartir à l’assaut, ce qu’elle fait encore en cet hiver 2023. À propos, vous êtes vaccinés ?

Fin de l'American Tours Festival
Les spots de l’ATF vont s’éteindre (Photo DR)

Sans doute était-il trop tard à l’été 2021 pour organiser une manifestation de cette envergure, ce qui peut se comprendre. Et puis, avec l’obligation de limiter le nombre d’entrées, il aurait été difficile de rentabiliser la chose. Une version concurrente mancelle, partie sur le sentier de la guerre, en a malheureusement fait les frais, quelle que soit sa qualité.

Bref, les Stetson sont restés au vestiaire, les Harley n’ont pas grogné et les Santiag n’ont pas tapé du talon à Tours en cette année 2021, deuxième annulation après celle de 2020.

Du coup, c’était – théoriquement – en juillet 2022 que l’American Tours Festival devait repartir à la conquête de l’Ouest. Suffisait d’attendre, comme un Sioux à la chasse au bison. « Easy, buddy, easy. » Quoique

L’Amérique, c’est de plus en plus loin

La promesse avait été faite par un certain Christophe Caillaud-Joss, ci-devant directeur de Tours événements à l’époque, la structure, liée à la municipalité de la ville, qui organise (organisait ?) notamment l’American Tours Festival. Une promesse qui ne l’engageait pas beaucoup puisque le directeur en question allait donner sa démission fin octobre 2021 pour partir en direction de Strasbourg, non sans avoir fait connaître son peu d’intérêt pour la manifestation. Et c’est comme ça que 2022 n’eut pas, non plus, son festival. 

Le bébé restait donc entre les mains de son successeur, et de la municipalité. Mais il est à craindre que celle-ci ait une vision des activités de Tours événements incompatible avec des manifestations dont la rentabilité n’est pas assurée. Normal ? Peut-être, si l’on considère que la culture est une affaire de gros sous, ce qui est un éternel débat. Discutable, si l’on considère que l’attraction d’une ville, son image, notamment auprès des jeunes, localement et internationalement, est d’un intérêt vital.

La culture, c’est la vie

On ne parle pas là seulement de ce que l’humain doit à la culture. Restons terre à terre, et imaginons que l’image d’une cité, à travers ses animations, toutes catégories confondues, (le sport, l’opéra, le tourisme…) a un effet sur sa vie sociale et économique. On ne s’installe pas dans une ville au hasard. On mesure l’agrément de vie. Et même s’il passe, un peu, par les pistes cyclables et, beaucoup, par les taux d’imposition, l’animation est fondamentale. Donc : investissement dans la culture = investissement économique. CQFD.

D’ailleurs, savez-vous quel est l’article le plus lu sur Entrée du public ? Celui que vous lisez en ce moment !

En attendant, l’avenir de Tours événements se perd dans les brumes du Cher. Certes, le Covid l’a sérieusement secoué, comme toutes les places du genre. Mais les conséquences de la politique de Christophe Caillaud-Joss, le dernier directeur en date, qui a passé à la trappe plusieurs manifestations emblématiques du Centre de congrès Vinci et du Parc des expositions peuvent inquiéter.

Le grand silence 

Question éminemment politique, évidemment, qui, d’après nos informations, va coûter la vie à l’American Tours Festival, certes déficitaire, pourtant générateur de solides retombées d’image et de notoriété pour la ville, comme l’admettait l’antépénultième municipalité.

C’est pratiquement acquis, l’American Tours Festival passera, comme d’autres manifestations à succès, à la moulinette. Déjà trituré et amaigri avant l’épidémie, il est probable qu’il va mourir d’inanition, faute d’avoir été nourri par les édiles locaux dont la passion pour les deux roues se limite à la bicyclette, comme on sait.

À l’heure où nous écrivons, la page officielle du festival donne toujours rendez-vous au mois de juillet 2023. Un oubli, sans doute, un silence inquiétant, rien n’ayant encore été prévu, à commencer par les spectacles, pour que l’édition se déroule normalement. 

On aimerait se tromper, puisque ce n’est pas officiel, mais, dans la coulisse, il se dit clairement que l’avenir de l’American Tours Festival est scellé, comme une pierre tombale. Pas d’espoir pour 2023, et la quasi-certitude que rien ne se fera plus dans l’avenir.

Le festival est mort et, même pas, « vive le festival ! » ? Vite, un démenti !

Le site de l’American Tours Festival