Photos Benjamin Dubuis – Tours événements
Voilà un quart de siècle que l’étrange assemblage de verre et d’acier signé Jean Nouvel fait un pied de nez architectural à la vénérable gare signée Etienne Laloux. Pour fêter cet anniversaire, le Vinci va s’en mettre « ras la casquette ».
Dire que Jean Royer, qui fut maire de Tours pendant trente-six ans, était un chantre du futurisme architectural frôlerait le gros mensonge. Qualifié de « maire bâtisseur » pour avoir reconstruit la ville après la guerre, Jean Royer n’a pas brillé par l’originalité de son style (les années soixante faisaient plus dans la « barre » que dans la transparence).
Qu’il aille chercher Jean Nouvel pour construire le Vinci, alias « Centre International de Congrès de Tours » (1), est donc une – admirable – incongruité dont le mystère devrait faire le bonheur des historiens. D’autant plus que l’objet se devait d’atterrir en plein centre de la ville, à deux pas de la gare signée Victor Laloux. Un véritable de crime de lèse-majesté locale, et un sacré culot de la part du plus traditionnaliste des édiles.
« Il est fait pour être là »
Du culot, Jean Nouvel n’en manque pas non plus. Plus ou moins contesté (Jean Royer a même exigé des néons de couleur en lieu et place des éclairages blancs et gris plus sobres prévus sur la façade par le concepteur !), son vaisseau de verre connaîtra quelques tempêtes mais finira par répondre à la définition qu’il en faisait : « Paradoxe de simplicité externe et de complexité interne, de compacités et de transparences, de symétries et de réponses diverses au parc et à la rue, le centre des congrès de Tours se développe sur le fil de ces contradictions avec, nous l’espérons, naturel et évidence : il est fait pour être là. » (texte complet ici)
C’était en 1993 et, un quart de siècle plus tard, le bâtiment confirme. Sa « casquette » domine toujours le boulevard Heurteloup et il est devenu un lieu prisé des Tourangeaux – et des visiteurs de passage – où se succèdent spectacles, salons et congrès.
Une « maousse » journée
Pour l’inauguration, les Tourangeaux avaient été conviés à apporter leur pierre (petite, tout de même) à l’édifice. Pour l’anniversaire, les responsables du lieu (la SAEM Tours événements) la jouent branchée et généreuse. On annonce un « crazy birthday » (en anglais dans le texte) et une débauche d’animations. Le public aura droit – gratuitement – à tous les égards et pourra fouiner dans tous les coins. Bousculade à prévoir.
Les acteurs de l’univers culturel local toutes catégories accèderont aux scènes du Vinci au fil de la journée et lors d’une grande soirée animée par Nello, échappé du cabaret éponyme. On y annonce, en vrac, l’Opéra de Tours, le Centre de Création Contemporaine Olivier Debré, le Centre Chorégraphique National, Le Nouvel Olympia, l’Espace Malraux, l’Ensemble Jacques Ibert, Tous en scène, le Festival de la Grange de Meslay, Danses du Monde, Gospel d’aujourd’hui, etc.
En revanche, le retrait des places – gratuites – pour la soirée (aux guichets du Vinci) commence le lundi 3 septembre à 10 heures…
Tout ce joli monde aura son stand pour parler de ses activités et vendre ses billets. Même principe pour le maître des lieux, Tours événements, qui vantera certaines de ses manifestations (Novafleur, Foire de Tours, American Tours Festival, Japan Tours Festival, Festival de la magie), là encore avec vente de billets.
Fête comme chez vous
Le susdit Crazy Birthday partant du principe « la star, c’est vous », copiera les Oscars avec un tapis rouge et un « photo call » à l’entrée. On pourra monter sur scène pour un karaoké (toujours « crazy », évidemment), participer à un concours de cosplay dans le droit fil du Japan Tours Festival et faire un jeu de piste dans les coursives.
Les enfants auront leur espace et le côté sérieux de la journée sera assuré par un débat autour de la presse locale sur le thème « L’évolution des médias depuis 25 ans ». Bonne question…
(1) : la nouvelle direction de Tours événements, la SAEM qui gère l’établissement, veut gommer le nom originel de l’endroit, Vinci, sans doute jugé trop « tourangeau ». Les locaux apprécieront, surtout alors que l’on s’apprête à fêter le 500e anniversaire de la mort de Léonard.
On ne devrait donc plus parler de Vinci mais de Centre des congrès de Tours, terminologie rébarbative et bureaucratique censée attirer le chaland international. Comme si Léonard de Vinci n’avait pas une notoriété mondiale. Parlez-en à la Joconde…


