Tri Yann à Tours et en tournée :
« Kenavo » mais pas « adieu »

Le groupe a passé la cinquantaine. Prétexte à une tournée de presque adieu. Kenavo, c’est aussi bien « adieu » que « à plus ». Avec Tri Yann on ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir, sinon qu’ils seront sur scène en 2020 avec escale à Tours le 7 mars.

Tri Yann à Tours
Jean-Louis Jossic voulait battre le record des Frères Jacques en jouant plus de quarante ans. Tri Yann en est à cinquante années de scène. (Photo DR)

Ces gars-là sont de grands malades. Se balader sur scène avec un crabe doré en guise de braguette, arborer un look de Roi Soleil ou de samouraï, se coiffer d’un galurin en forme de fusée de Tintin ou de botte de paille, il faut oser. Surtout quand on a un peu dépassé l’adolescence (mais pas l’obsolescence, apparemment). On s’éloigne un peu du costume de base, la tenue bretonne avec gilet noir à boutons dorés et pantalon bouffant.

Record battu

Pas toujours. Les joyeux drilles de Tri Yann ne négligent pas ce retour aux sources de la lande bretonne. Pas plus qu’ils ne trahissent musicalement leurs origines et leur passé. « Je voulais absolument dépasser 40 ans, dit Jean-louis Jossic, parce que je voulais battre le record des Frères Jacques, que j’adore, et qui ont fait 38 ans de scène. » Gagné, Tri Yann a chanté depuis un demi-siècle. L’âge de la retraite va-t-il sonner ? Pas sûr.

Tri Yann an Naoned est né en 1969 à Plouhamel. « Trois Jean de Nantes » (Jean-Louis Jossic, Jean-Paul Corbineau et Jean Chocun) devenus potes après une soirée de « père cent ». Tradition tombée en désuétude par la force des choses et des décisions politiques puisqu’il s’agissait de fêter les cent jours restant à passer sous les drapeaux par les conscrits. C’est l’époque ou Alan Stivell porte haut et fort la tradition musicale bretonne. Les Tri Yann vont lui emboîter le pas.

« Kenavo » mais pas « adieu »

Les trois Jean sont devenus un groupe dont la date de naissance est officiellement fixée à 1970. Son répertoire intègre les grands classiques (Les Prisons de Nantes, La Blanche hermine, La Jument de Michao…) mais ils l’élargissent au folk américain ou québécois. Parallèlement, les trois deviennent huit, ce qui permet de compléter l’éventail sonore, avec quelques glissades vers le rock plutôt sympas. Enfin, pas pour tout le monde, les puristes dénonçant cette dérive comme ils tiquent sur le cirque de la mise en scène.

Mais si les Tri Yann aiment délirer côté costumes, musicalement, c’est du sérieux quand il s’agit de séduire le public, au-delà des frontières d’Armorique. Et c’est sans doute pour cela que le succès les portera… pendant cinquante ans, donc.

Ils seront en tournée « kenavo » en 2020. L’escale tourangelle se fera au Vinci, ce qui permettra aux Bretons de succéder aux Irlandais qui y ont pris leurs habitudes. Cela ne devrait pas les empêcher, comme la troupe des Irish Celtic, de finir au Pale (le pub irlandais de la place Foire-le-Roy dont nous ne nous lassons pas de faire… la pub). Une tournée pas tout-à-fait d’adieu assure Jean-Louis Jossic qui sait manier le paradoxe : « Vrai car Tri Yann a décidé de mettre un terme aux tournées de concerts à partir de fin mars 2020. Faux car le groupe prévoit d’une part de sortir un nouveau CD en 2019 et d’autre part de continuer à enregistrer de nouveaux titres en 2020 et ensuite, au gré de son inspiration et de ses envies.

Il n’y aura pas de « Tournée d’adieux » mais des concerts « kénavo » […] de façon à rencontrer et remercier une dernière fois ce public si chaleureux qui nous a motivés, accompagnés et soutenus durant ces longues années, pourtant si vite passées. »

Rendez-vous est pris.

Samedi 7 mars 2020 au Centre de congrès Vinci de Tours

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Pour les écouter chez vous en les attendant, c’est LÀ