Âge tendre et têtes de bois
Les idoles ont la vie dure

On les croyait embarqués dans les oubliettes de l’histoire. Mais la nostalgie étant ce qu’elle est, les « idoles » des années soixante ont retrouvé leur public. Retour de la tournée Âge tendre en février 2020 au Vinci de Tours et en tournée.

TOURNEE AGE TENDRE ET TETES DE BOIS
Les Forbans, du rock comme autrefois. (Photo DR) Photo d’accueil : le générique de l’émission, à sa naissance, avec Claude François. (Photo INA)

Au temps du noir et blanc télévisuel basse définition et du play-back, un harmoniciste à la mode (mais si, ça existe) secouait les « étranges lucarnes » en y faisant, sans prévenir, pénétrer le rock par une porte dérobée. Pas de bol pour les grincheux, une fois à l’intérieur de la télé, il n’en est jamais sorti. Et le monsieur, qui s’appelait Albert Raisner, a lancé une nouvelle époque de la musique de variété, comme on disait, en direction de ceux qu’on appelait « l’âge tendre et les têtes de bois ». Les jeunes, quoi. Enfin, ceux qui l’étaient à ce moment-là.

Une émission, la première du genre à s’adresser à un public de jeunes sur feue la RTF, qui voyait défiler des gamins nommés Sylvie Vartan, Monty, Eddy Mitchell, Michel Polnareff, Frank Alamo, Claude François et bien d’autres français mais aussi quelques « modestes » étrangers : Stevie Wonder, les Beatles, les Beach Boys ou Ray Charles.

Succès énorme pour un programme qui avait trouvé le chemin des antennes par erreur, un technicien l’ayant diffusé à la place… d’un défilé de gendarmerie ! Sur l’écran, un dessin animé montrait un petit bonhomme au nez en forme de bouchon et à la tête de bois qui inventait le karaoké en faisant chanter le public.

Quelques… dizaines d’années plus tard (l’émission, diffusée dans les années soixante, est tombée sur les barricades de mai 68), les têtes de bois ont perdu quelques cheveux mais pas leur enthousiasme, celui qui, à l’époque, les faisait s’agiter sur le canapé familial, au grand dam de leurs parents, légèrement déboussolés par une progéniture surexcitée.

Les copains que l’on n’oublie pas

« Vous les copains, je ne vous oublierai jamais ! » chantait Sheila. C’est ce qui fait le succès des tournées Âge tendre dont le dernier avatar, sous-titré La tournée des idoles, sera au Centre de congrès Vinci de Tours le samedi 8 février 2020. On pourra même faire deux fois le voyage vers le passé puisque deux séances sont prévues, à 15 heures et à 20 heures, pour ceux qui ne font pas la sieste.

Voilà plus de dix ans que la tournée ravive dans les mémoires l’ancêtre de The Voice, sous l’égide d’un autre grand animateur de télévision, Christophe Dechavanne. Sa société de production, Coyote, a racheté le programme en 2015 pour lui donner une nouvelle vie.

Avant d’aborder la scène tourangelle, la tournée aura navigué en Méditerranée. Les propriétaires du titre ont bien compris que les anciens âges tendres sont des grands consommateurs de croisières. Mais pour ceux qui n’ont pas le pied marin, la tournée débarquera les mêmes passagers au Vinci.

À savoir : Jeane Manson (américano-mexicaine adoptée par la France, elle fit le bonheur de Playboy et l’on se rappelle tous Avant de nous dire adieu), Les Forbans (ça, c’est marrant, un groupe de jeunots qui ne connut pas la notoriété des Chaussettes noires mais eut son petit public de fidèles, du rock comme au début…), Michel Orso (pas forcément le plus célèbre mais son Angélique a eu pas mal d’admirateurs tout de même), Pascal Danel (ne nous dites pas que vous n’êtes jamais allés faire une balade torride sur La plage aux romantiques…), Michèle Torr (une fidèle de la tournée où elle invite toujours son public à l’emmener danser ce soir), Claude Barzotti (alias « le rital »), Herbert Leonard (sans doute le doyen de la soirée avec ses 75 printemps, mais que ne ferait-on pas Pour un peu d’amour ?) et Christian Delagrange (on connaît sa Rosetta mais il fit aussi la révolution française sur la scène du théâtre Mogador en 1975 avant d’enregistrer un duo avec… Jeane Manson, Les larmes aux yeux).

Bon, c’est le programme théorique. Il arrive régulièrement que l’affiche soit changée pour cause de défection médicale. Normal, avec les anciens. Entre le coma d’Herbert Léonard et le pancréas contestataire de Claude Barzotti, tout est possible. Mais c’est sans doute aussi ce qui fait l’attachement du public pour la tournée. Et puis, quand un tendre s’absente, il y a toujours une tête de bois pour remplacer. Alors…

Samedi 8 février 2020, Centre de congrès Vinci à Tours, 15 heures et 20 heures
Réserver en Touraine avec Entrée du Public ICI
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ