Jazz en Touraine 2019
Deux fois Dutronc et pas mal d’autres…

Il a 33 ans, se porte comme un charme et démontre que le jazz est un art sacrément vivant. Le Montlouisien Jazz en Touraine revient en 2019 avec quelques habitués et pas mal de – belles – découvertes.

Au fil des éditions, il a reçu les meilleurs, au nombre desquels on se rappelle Michel Petrucciani, Manu Dibango, Dee Dee Bridgewater ou Richard Galliano. Entre – énormément – d’autres, d’aussi bonne tenue. Le festival Jazz en Touraine de Montlouis a sa place parmi les grands, qu’on se le dise, même s’il n’a pas la notoriété de Marciac ou de Juan-lès-Pins. Pas grave. Cela lui confère une ambiance sympa, convivialité et complicité en prime.

Fils de…
Jazz en Touraine 2019
Thomas Dutronc, un habitué de Jazz en Touraine. (Photo DR)

Traditionnellement, c’est à l’époque des vendanges qu’il fait sa récolte (quoique, cette année, il arrivera un peu après, canicule oblige…) de talents divers mais toujours nourris au jazz. Parmi les habitués du lieu, Dutronc, Thomas de son prénom, y fit presque ses premières armes, timidement et admirativement glissé dans le groupe manouche de Biréli Lagrène. Depuis, Thomas Dutronc est passé au-devant de la scène, mais ne renie pas celle de Montlouis. Il y sera même pour deux concerts, les 14 et 15 septembre, cette fois en trio.

Même remarque pour Rhoda Scott. La dame aux pieds nus (The Barefoot Lady) est déjà passée sur les rives ligériennes. La star des années soixante-dix revient avec un groupe entièrement féminin (Le Rhoda Scott Lady 4tet), deux saxophonistes et une « batteuse ». Pour la basse, elle fait le boulot elle-même et se sert de ses pieds, sur (ou plutôt « sous ») l’orgue, ce qui explique l’absence de chaussures.

Le programme de l’Espace Ligéria (le festival se disperse dans d’autres lieux, dont le Magic Mirror, voir plus loin) annonce aussi le saxophoniste « parkerien » Scott Hamilton, qui fit ses débuts dans l’orchestre de Benny Goodman (sur la recommandation de Roy Eldridge) et a récemment rendu un hommage apprécié à Duke Ellington.

L’Espace recevra aussi Vincent Peirani et son groupe. Un accordéoniste de formation classique, ce qui lui a valu pas mal de récompenses avant de truster celles du jazz, dont des Victoires en 2014 et 2015. On l’a vu travailler avec Daniel Humair ou Michel Portal mais aussi avec Sanseverino et Les Yeux Noirs… On lui attribue « une vision musicale cosmopolite et décomplexée » et « un sens inouï des croisements et des couleurs ». Une curiosité qui lui fera reprendre le Bang Bang de Sonny Bono, plus connu du public (un peu âgé, d’accord) dans la version de Nancy Sinatra.

…et fille de…
Jazz en Touraine 2019
Sarah Mckenzie, des standards venus d’Australie. (Photo DR=

Douce et forgée dans le rythme, la voix d’une chanteuse de la grande époque du jazz sur écran noir et blanc, Sarah McKenzie sert au piano des Tea for two où pas une note ne dépasse et des compositions, comme le fameux Paris in the Rain qui lui a valu d’être découverte. L’Australienne livre aujourd’hui les Secrets of my Heart, toujours très bien entourée. Si la demoiselle se réfère aux standards américains, son travail auprès de Michel Legrand (« La musique de Michel est plus influencée par Debussy ou Ravel » dit-elle) a nuancé son style.

Changement de latitude avec Lura, dont la musique capverdienne n’aurait jamais existé si on n’était pas venu la sortir de sa filière sport-études, option natation. Depuis, la Lisboète s’est forgé un style qui sait associer fado et jazz, avec une sensualité et une énergie… dansantes.

Oui, c’est la fille de Nina. Pas facile de se faire un nom avec une maman comme ça, talent personnel ou pas. Lisa Simone a pourtant réussi. Tardivement, certes, mais profondément. Pour trouver sa voie (la voix, elle l’avait déjà), il lui aura fallu quitter l’orbite maternelle… en s’engageant dans l’US Air Force ! Revenue d’Irak, elle atterrit à Broadway pour lancer véritablement sa carrière de chanteuse. Du jazz, une voix solide et douce, un rythme sûr et léger, une communion sympathique avec le public, déjà démontrée à Jazz en Touraine il y a quelques années. Viva Simone !

Jazz en Touraine 2019
Lisa Simone, fille de Nina et satr par elle-même. (Photo DR)

Traditionnellement, ou presque, le festival s’offre son petit Cuba libre. Après avoir reçu le Compay Segundo Grupo l’an passé, il attend El Comité, sept musiciens nourris au rhum (« C’est le rhum qui a trouvé le nom du groupe ! » dit l’un de ses membres), compagnons des plus grands et qui se sont retrouvés par hasard au détour d’une jam-session en 2016 à Toulouse. Si le groupe défend la rumba avec enthousiasme, il détourne aussi du Miles Davis. Sacré cocktail, à servir bien chaud.

Jazz en Touraine 2019
El Comité, la rencontre du jazz contemporain et des rythmes cubains (Photo DR)

Le festival se déroule à deux endroits : l’Espace Ligéria (et ses neuf « grands » concerts) et le Magic Mirror (du nom d’une attraction foraine dont il a gardé le décor). Comme tout bon festival, Jazz en Touraine a aussi son « off » (à Noizay, Reugny et ailleurs) et son ambiance. On y trinque, on y chante, on y mange, bref, on fait la fête au jazz.

Pour connaître le détail du menu, cliquez ICI.
Et pour aller sur le site du festival, c’est LÀ
Du jeudi 12 au dimanche 22 septembre 2019.