Rock the ballet
Spectacle reporté

Dernière minute : pour cause d’épidémie, le spectacle, initialement prévu le vendredi 13 mars 2020 est reporté au vendredi 9 octobre 2020
(même horaire, même salle)

Ils se surnomment eux-mêmes Les Bad boys of dance et affirment mêler danse classique et contemporain, option pop, pour « un mélange explosif et ingénieux ». Rock the Ballet est sans doute un excellent spectacle mais aussi un champion de l’auto-promo. À juger au Vinci de Tours le 13 mars 2020.

Rock the Ballet, de Varna à Broadway. ©Christophe Bernard

Au départ, il y a Rasta Thomas, un danseur dont on souligne haut et fort qu’il fut médaille d’or au concours de Varna. Pour ceux qui ne sont pas familiers de l’arabesque élégante et de l’entrechat tricoteur, il faut rappeler que Varna est le plus réputé (et le plus ancien) des concours de danse classique au monde. À son palmarès, des noms comme ceux de Michaël Barychnikov, Patrick Dupond ou Manuel Legris, pour les messieurs, Sylvie Guillem, Ekaterina Maximova ou Karin Averty pour les dames. Le reste est à la hauteur, et que Rasta Thomas y ait été distingué en 1996 est effectivement une référence, même s’il concourait alors dans la catégorie junior. Il est vrai qu’il avait fait ses classes au Kirov, ce qui est une autre référence.

Des “bad boys” pas très méchants

Pas de surprise donc si on l’invite au Théâtre Mariinsky, au Ballet national de Chine ou d’Espagne, entre autres troupes prestigieuses. Mais le jeune homme a envie de sortir des fouettés battus. Il passera donc par le Dance Theatre of Harlem, ce qui n’est pas rien, avant d’atterrir à Broadway. Le classique conduit à tout, à condition d’en sortir.

Le show contemporain, c’est désormais son domaine. Rasta Thomas va monter sa propre troupe. Avec son épouse (qui danse et chorégraphie le spectacle), Adrienne Canterna, il crée Rock the Ballet en 2007. Un nom choisi pour proclamer haut et fort que la compagnie va secouer les habitudes tout en faisant pénétrer le rock et ses dérivés dans la danse. La bande-son du spectacle invite des gens comme Lenny Kravitz, Aerosmith, Christine and the Queens ou Michael Jackson. Et, pour affirmer son côté « rebelle », tout ce petit monde s’auto-baptise The Bad boys of dance. Gentils, les bad boys. N’exagérons rien.

Rock the Ballet, le classique cuisiné à la sauce pop. ©Christophe Bernard

C’est Rock the Ballet X – 10e anniversaire qui est en tournée en 2020, avec passage à Tours le 13 mars. Une version dont la présentation force dans le superlatif. Un peu agaçant, car, si le travail s’annonce de qualité, si les danseurs sont de haut niveau, on n’est pas chez Béjart, n’en déplaise à quelques admirateurs et au site Internet de la troupe : « Depuis sa création, partout où Rock The Ballet est présenté, des ovations interminables s’enchaînent et des critiques dithyrambiques sont émises  » dit-il. Ou encore, à propos du spectacle : « Une performance de danse multimédia, une soirée sublime, dans une atmosphère fervente au cours de laquelle les danseurs partagent leur dynamisme, offrant au public quatre-vingt-dix minutes d’énergie, de puissance et de grâce. ». Et quand on nous dit que les danseurs font un travail exceptionnel en répétant tous les jours, on ne voit pas vraiment ce que cela a d’original. C’est la règle, non ?

Le Corsaire st de retour

Cela dit, si l’on repose un peu les pieds sur terre, il faut admettre que l’on peut s‘attendre à du beau travail. Décors minimalistes, costumes basiques, chorégraphie souvent acrobatique (Rasta Thomas est présenté autant comme danseur que comme sportif : « Rasta Thomas |…] est à la danse classique ce que sont les Jeux olympiques au sport  » dit Le Figaro), on est à Broadway, sans le décorum, tout de même, et ça se voit : « Sur le plateau de Rock the Ballet, […] qui combine danse classique et acrobaties avec un sens de l’efficacité très show, leur énergie tout sourire saute de tubes pop en refrains funky, avec un gros faible pour les chansons de Michael Jackson et de Prince. Racoleur ? Un peu, mais leur technique est impeccable et la recette fonctionne. » (Télérama)

Après avoir mis en scène Roméo et Juliette, la troupe revient aux sources avec son Rock the Ballet revisité. Dix danseurs et danseuses (dont les fondateurs) pour un show qui « s’associe à des effets visuels époustouflants et toujours des musiques pop & dance, Justin Timberlake, Bruno Mars et Madonna entre autres  » dit encore la présentation laudative. « Petit hic : la chorégraphie pas à la hauteur – sauf sur un solo de Rasta, où il refait la variation du Corsaire – chorégraphiée il y a cent ans par Petipa. » (Le Figaro) À juger sur pièce.

On ne sait pas si Rasta Thomas retrouvera ses bases avec Le Corsaire dans la tournée 2020. Il faut l’espérer, car c’est un bien bel objet chorégraphique. Demandez à Noureev ce qu’il en pense, lui qui le dansa à ses débuts et l’a mis en scène, juste avant sa mort, à l’Opéra de Paris. Évidemment, avec Petipa, on est plus près de Varna que de Broadway…

vendredi 9 octobre 2020 à 20h30 au Centre de congrès Vinci de Tours et en tournée en France jusqu’au 10 avril 2020.
Réserver en Touraine avec Entrée du Public ICI
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ