Madagascar, Taïwan, Shanghai, etc.
Bouillon de cultures à Vaugarni

Ling Chen, on commence à connaître. À peine échappée du Parc de la Perraudière à Saint-Cyr-sur-Loire, elle atterrit dans les champs de la Grange-théâtre de Vaugarni. La sino-tourangelle, capable de chanter Piaf en mandarin, retrouvera des artistes malgaches et taïwanais pour un spectacle inattendu justement intitulé Rencontres.

C’est un sacré de bouillon de cultures que la Grange-théâtre de Vaugarni proposera le vendredi 17 mai. D’abord parce que, pour ceux qui ne la connaissent pas, découvrir Ling Chen est déjà quelque peu déroutant. Petit portrait de la sino-tourangelle publié à l’occasion de son dernier concert à la Perraudière de Saint-Cyr-sur-Loire :

Concert ethnique à Vaugarni
Ling Chen, des chants bouddhistes à Édith Piaf en passant par le jazz… de Hong-Kong. (photo DR)

« Elle a découvert le chant un peu par hasard (et par besoin, dit-elle) et le hasard a bien fait les choses. Ling Chen, chinoise venue de Shanghai à Tours, a travaillé sa voix en suivant des cours de musique classique avant d’y ajouter le jazz. Entrée doucement dans la carrière (ce qui n’exclut pas une sacrée volonté…), elle a vite gagné ses galons et se produit désormais régulièrement.

Certes, la présence des chants traditionnels, voire de chants bouddhistes, dans ses programmes relève d’une certaine logique. Mais Ling n’est pas du genre à se cantonner (sans jeu de mots) sagement entre poteries calligraphiées et tasse de thé. Laissant le kimono au vestiaire elle est allée se promener dans des contrées très éloignées de la mer de Chine.

Ling Chen s’attaque à un monument français, Édith Piaf soi-même. Il fallait oser, d’autant que l’interprète joue sur les deux sens du terme en traduisant elle-même les textes de la môme. Surprenant et certainement à ne pas manquer. La Vie en rose couleur mandarine, ça doit vous avoir un sacré parfum…

Piaf ne sera pas la seule à gazouiller dans les frondaisons ce jour-là. Ling Chen ressortira des chants traditionnels (et « populaires », dirait Mao) mais également du jazz des années soixante venu… de Hong-Kong. »

Hors pistes

Concert ethnique à Vaugarni
Ya Ping et son yagquin.  (photo DR)

Pour son passage à Vaugarni, Ling Chen continuera à brouiller les pistes. Elle y retrouvera des artistes traditionnels ou éclectiques. Dans la première catégorie, une yangqinniste (le yagquin est une sorte de cithare) réputée. Wang Ya Ping a récolté une collection de prix du côté des connaisseurs de son pays, Taïwan, où elle enseigne à l’université quand elle n’est pas invitée dans les festivals ou, comme récemment, au Musée Guimet de Paris, lieu sensible aux arts asiatiques s’il en fut.

Dans la seconde catégorie, le groupe Salama associe un musicien taïwanais et un malgache. Le premier, Chalaw, chante et joue de la guitare. Il a été distingué pour son travail sur les musiques aborigènes, notamment avec son album Polynesia.

Concert ethnique à Vaugarni
Le groupe Salama, un mélange ethnique autant que jazzy (Photo DR)

Le second, Kilema, multi-instrumentiste (il joue ne nombreux instruments traditionnels, dont le marovany (une sorte de petite harpe), est originaire de Madagascar. Il vit en Espagne et sa musique, selon un spécialiste éclairé, est « africano-hispano-taïwanaise et jazzy ». Comprend qui peut mais les curieux auront beau jeu de vérifier à Vaugarni.

Tout ce beau monde fera connaissance quelques heures avant le concert. Peu de répétitions, donc, mais la certitude de les retrouver tous ensemble sur la scène pour une Rencontre ethnique unique et multiculturelle.

Vendredi 17 mai 2019 à 20h30 à la Grange-Théâtre de Vaugarni à Pont-de-Ruan Réservations : 02 47 73 24 74

Samedi 18 mai 2019 à 21 heures, Salama (sans Ling Chen) sera au Bar le Caravage de Loches