Renan Luce à l’Espace Malraux
Un pansement sur le coeur

Il a connu la — grosse — gloire, puis la — grosse — catastrophe sentimentale. Les deux ont laissé des traces mais Renan Luce s’en sort avec un album superbe qu’il présentera sur la scène de l’Espace Malraux, à Joué-lès-Tours, le 16 janvier 2020.

Renan Luce à Tours
De ses blessures amoureuses, il a fait un album qu’il viendra chanter à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours. (Photo Olivier Arandel)

Il était marié à Lolita Séchan, fille de Renaud, qui fut l’un de ses premiers admirateurs. Ils ont divorcé, il en a eu gros sur la patate (ou plutôt sur le cœur), comme tout le monde. Et puisqu’il n’arrivait pas à regarder ailleurs, Renan Luce en a fait un disque, pas comme tout le monde : « Les émotions occultaient tellement mon champ de vision que je ne pouvais pas faire autrement que de les utiliser » explique-t-il. (Charts in France).

Le Breton (né à Paris), qui avait sidéré son monde en 2006 avec La Lettre, Les voisines et Repenti, qui avait vendu des centaines de milliers d’albums, rencontré des publics monstres, était, comme le dit Télérama, resté « un garçon discret, qui n’a jamais usé de recettes faciles pour revenir sur le devant de la scène ». Résultat, une période moins spectaculaire, ce qui, finalement, ne lui déplaisait pas, pendant laquelle il sortait tout de même quelques jolis titres, comme ceux qui font la musique du film Le petit Nicolas.

Brel et les crooners

Et puis le divorce. La douleur qu’on ne parvient pas à effacer et qui, tout d’un coup s’exprime : « Je dis probablement plus de choses dans mes chansons que dans la vie, dit-il. Quand quelque chose se délite, et qu’il faut reconstruire tout en préservant ce que l’on a aimé avec bienveillance, ce n’est pas simple. » (Paris-Match) Une chanson (Le vent se lève), puis une autre, une autre encore et, au bout, un album : « Ce sont des chansons pansements, qui m’ont permis de prendre du recul sur cette histoire et de me faire du bien avec des choses lourdes. » (RFI).

Comme si les sentiments exigeaient des violons, Renan Luce s’entoure d’un orchestre symphonique (sur scène, il emmènera une douzaine de musiciens). Rien de sirupeux pour autant. C’est beau, tout le monde est d’accord, même si la voix, disons, « confidentielle » de l’artiste s’y perd parfois.

Musicalement, Renan Luce se réfère aux grands, Bécaud, Aznavour, Brel… (Nous on y ajouterait bien Souchon, si l’on se réfère à Au début, que l’on peut entendre et voir ci-dessus). Mais aussi aux crooners américains, sans doute parce qu’il était là-bas quand il a commencé à écrire. Il en résulte parfois des chansons plus rythmées, des bossa nova ou des musiques que certains trouvent « hollywoodiennes » : « Les grands orchestrateurs américains comme Quincy Jones sont venus apprendre l’orchestration en France parce que la culture classique vient d’Europe. Les Américains ont télescopé cette culture avec leur culture, le jazz, et après, tout ça revient dans l’autre sens… » explique-t-il, comme pour s’excuser. (RFI)

Résultat de ces échanges intercontinentaux, on aura le cœur qui chavirera le 16 janvier mais sûrement aussi des fourmis dans les jambes. Y’a du succès dans l’air…

Jeudi 16 janvier 2020 à 20h30 à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours.
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…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ