Dans son nouvel album, La Vie d’artiste, il se penche sur son passé. Christophe Maé sera à Tours le 7 mars 2020. Si le vilain virus ne lui pourrit pas la vie…
Il y avait des années qu’il s’obstinait, dans les bars de Carpentras puis de Paris, à séduire une gloire qui le snobait. Une période de tâtonnements, où il imitait plus qu’il ne s’exprimait. C’est Louis XIV en personne qui viendra chercher Christophe Maé dans les cabarets où il traînait sa galère pour le mettre en lumière.

Christophe n’a pas un rapport passionné avec l’école. Convaincu de réussir dans la musique, il range son cartable à dix-sept ans. Il récupérera pourtant un CAP de pâtissier (ses parents sont boulangers à Carpentras) en même temps qu’une grande passion pour Stevie Wonder. Il s’achète un harmonica qui ne le quittera jamais, même aujourd’hui. Mais ce n’est pas le blues qui va le sortir de la mouise.
Douze années de dèche n’entament pas sa volonté de réussir. Il passe du piano-bar aux premières parties de quelques tournées. C’est là qu’on lui propose de coiffer la perruque de Monsieur, le frère de Louis XIV, dans la comédie musicale Le Roi Soleil. Pas vraiment ce dont il rêve : « Je pensais que je n’allais pas m’en sortir, que j’allais être ridicule, que je n’y arriverais jamais... » (Paris-Match). Et pourtant…
Le spectacle est un triomphe. Sur scène, Christophe Maé éclipse le roi lui-même et fait de l’ombre au soleil. Cela lui vaudra un NRJ Music Award de la révélation francophone de l’année en janvier 2007. Il y a en aura bien d’autres.
Du diamant dans les bacs
Sorti de scène, il peut enfin être lui-même. Aidé par sa gloire tout neuve, il travaille son premier album, trouve son style, simple, clair, nature. Ce sera Mon paradis. Il est disque de diamant. Désormais, Christophe Maé vendra plus d’un million d’albums à chaque parution.
Avec L’attrape-rêves, référence à un « dreamcatcher », cet objet traditionnel indien censé éloigner les cauchemars, que lui a demandé son fils, il a récidivé. Il est où le bonheur, pour lequel il a tourné un clip où on le voit traverser tous les âges de la vie, est devenu un classique.

À 44 ans, Christophe Maé a eu envie de se raconter. C’est La Vie d’artiste, son dernier album et sa tournée. Démarrage sur les chapeaux de roues pour l’un, succès complet au Cirque d’Hiver pour l’autre. On y entend ce fond d’accent que l’on a du mal à identifier, cette voix un peu rauque que l’on n’attend pas dans sa bouche de ce – presque – gamin.
Christophe Maé, la quarantaine assumée, un peu de poivre et de sel dans la barbe, disait il y a quelques années : « Je suis ému de pouvoir balancer qui je suis » (Le Parisien) après avoir avoué s’être un peu trahi lui-même dans ses précédents albums.
Une affirmation qui colle à La Vie d’artiste, le spectacle qu’il donnera au Parc Expo de Tours le 7 mars. Maé revient au temps de la pâtisserie et de l’harmonica, au temps où il disait déjà, comme dans Casting : « Je ne rêve pas de fortune, juste de lumières qui s’allument. » Quelques années plus tôt, Charles Aznavour chantait Je m’voyais déjà.
Si le Covid-19 ne l’empêche pas de se produire à Tours, Christophe Maé devrait être comblé.

