Pomme au Temps Machine
La cigale ayant chanté…

Elle fut révélation de l’année aux Victoires de la musique 2020, elle revendique son homosexualité, elle écrit ses textes et ses musiques… Pomme mène une carrière sans failles qui passera par le Temps Machine de Joué-lès-Tours en décembre 2020.

Pomme au Temps Machine de Joué-lès-Tours
Pomme, elle a tout d’une grande (Photo DR)

Elle a commencé à chanter à six ans dans un chœur d’enfants qui s’appelait, signe du destin, La Cigale de Lyon. Une quinzaine d’années plus tard, la Lyonnaise faisait le plein de La Cigale, salle mythique parisienne. Pas seulement, puisqu’elle a aussi rempli l’enseigne voisine, Le Trianon, et aussi le Café de la Danse, et aussi ses tournées, et aussi ses disques (deux albums, Les Failles et Les failles cachées).

Si on y ajoute une Révélation de l’année aux Victoires de la musique 2020, on a fait le tour d’une jeune femme aux allures fragiles (ne pas s’y fier, dit-on) et à la jolie voix. Pas tout-à-fait : revendiquant son homosexualité, Pomme est aussi devenue une icône de la cause LGBT, ce qu’elle accepte, voire assume, sereinement : « J’assume très naturellement mon homosexualité, par exemple en utilisant dans mes chansons des pronoms féminins. Et je crois que c’est important vu le nombre de messages de remerciement que je reçois. Ado, j’aurais aimé, moi aussi, pouvoir me reconnaître dans des chanteuses lesbiennes. » (Télérama).

Au-delà des mots

Dont acte. Mais ce qui nous intéresse, c’est de savoir si le passage de Pomme au Temps Machine de Joué-lès-Tours mérite le déplacement. Au vu de son succès (prenez vos places à l’avance), c’est oui. Pourtant, ce ne sont pas ses textes qui font la différence. C’est joli, tendre (on y parle beaucoup d’amour), propre. Classique. Rien à reprocher, pas grand-chose à retenir  : « Je suis celle qu’on ne voit pas/Je suis celle qu’on n’entend pas/Je suis cachée au bord des larmes/Je suis la reine des drames » Normalement, cela devrait plaire aux romantiques de son âge mais on devra attendre encore un peu pour glisser ses vers sur l’étagère de nos références poétiques.

Ce n’est pas non plus sa mise en scène, et on ne le lui reprochera pas. Pomme chante seule, accompagnée à la guitare, assise parfois sur un tabouret. Fine, délicate, elle est capable de rabrouer un public trop généreux en applaudissements, quand ceux-ci tombent au mauvais moment. Non mais, des fois, on se calme !

Alors, que reste-t-il ? Pomme. Une personnalité dont on devine qu’elle ira plus loin que ses refrains de midinette et qu’elle le mérite : « Le premier disque m’avait semblé fade. C’est sur scène que la jeune femme a commencé à m’intriguer, en révélant une personnalité bien moins aseptisée que je ne l’imaginais. » (Télérama).

Pomme et sa voix. Posée, légère, juste (ce n’est pas toujours le cas dans sa catégorie), subtilement griffée parfois. On dit que c’est du folk mais on a le droit de ne pas être d’accord.

Pomme qui séduit, qui chuchote, qui se livre.

Pomme qui est une petite bonne femme mais pourrait bien devenir une grande dame. Il faudra patienter un peu mais on lui souhaite sincèrement une réussite sans failles.

P.S. : pendant le confinement, Pomme s’est mise à l’anglais. Elle a composé et enregistré cinq mini-chansons que l’on peut entendre ICI.

Vendredi 4 décembre 2020 au Temps Machine de Joué-lès-Tours.
Réserver en Touraine ICI (mais ça risque d’être complet)
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ