Olivier Debré
encre les jeunes artistes

D’un CCC à l’autre. Alors que les immenses toiles d’Olivier Debré, alias Nymphéas, quittent le Centre de Création Contemporaine qui porte son nom, quelques-uns de ses dessins rejoignent le Centre Culturel Communal de Saint-Pierre-des-Corps en compagnie d’œuvres de la nouvelle génération. Comparaison n’est pas raison, certes, mais mérite réflexion.

Olivier Debré, c’est le geste large, l’enthousiasme au bout du pinceau, le balayage tellement réfléchi qu’il en semble simple, léger, définitif.

Olivier Debré  (Photo CCCOD)
Le geste épuré d’Olivier Debré, face à la recherche de trois jeunes artistes. (Photo CCCOD)

Si son travail s’est souvent exprimé dans d’immenses toiles colorées (dont les six œuvres sublimes exposées récemment au Centre de Création Contemporaine qui porte son nom à Tours et dont nous avons parlé ICI), il ne faut pas oublier ses « signes personnages » et ses « signes paysages » calligraphies généralement noires sur blanc, parfois en couleur unique, plus rarement en couleur dédoublée.

Ce sont sept exemples des premiers qu’une exposition itinérante montre à travers l’agglomération tourangelle. Sept signes, que certains trouveront sans doute « japonisants », qui sont autant de réductions, de simplifications, d’épurements de son travail sur les grands formats. On ne « voit » pas, on devine, on ressent. C’est le but de l’artiste, que l’on retrouvera plus tard dans ses signes-paysages, qui laisse au regard et à l’esprit de l’observateur la liberté de l’accompagner… ou pas.

Des traits et des vides

Certaines étaient visibles au CCCOD, notamment lorsqu’elles étaient destinées à l’illustration d’un livre poétique. On les retrouve cette fois en compagnie. Trois jeunes artistes contemporains se sont prêtés à l’exercice, non sans conserver leur style propre. Pas d’imitation mais la démonstration que l’approche du dessin peut être aussi multiple que riche : « La confrontation entre les travaux d’Olivier Debré, Mathieu Dufois, Fabien Mérelle et Massinissa Selmani révèle la permanence de cet espace d’expérimentation qu’est la feuille de papier, où les vides sont aussi importants que la ligne.  » (CCCOD)

De fait, on est loin du signe épuré avec Mathieu Dufois qui recrée l’univers du cinéma en reconstituant des scènes ou des salles, dans un travail qui tient de la maquette, de la photographie ou de la prise de vues.

Fabien Mérelle entraîne dans un hyperréalisme onirique, parfois exprimé sur des pierres, où la précision du trait ne freine pas l’imaginaire du spectateur, emporté dans l’espace ou dans le rêve. Des « cauchemars d’orfèvre » dit le magazine Beaux-Arts.

Mathieu-Dufois (Photo CCCOD)
Le cinéma revisité par Mathieu Dubois (Photo CCCOD)

Quant à Massinissa Selmani, lui aussi proche de l’hyperréalisme, il associe traits et espaces colorés (parfois collés) non sans laisser la feuille blanche toujours présente, élément vide qui participe de l’ensemble autant que les parties travaillées.

Massinissa Selmani (Photo CCCOD)
Massinissa Selmani, présence du vide. (Photo CCCOD)

Après être passée par plusieurs communes de l’agglo, l’exposition est actuellement à Chambray-lès-Tours avant de faire sa dernière étape à Saint-Pierre des Corps.

Médiathèque de Chambray-lès-Tours, du samedi 23 novembre au mercredi 4 décembre 2019.
Galerie d’expositions du Centre Culturel Communal de Saint-Pierre-des-Corps, 37 bis avenue de la République, du 25 janvier au 14 mars.
La plaquette du Centre Culturel Communal de Saint-Pierre-des-Corps, c’est ICI
La présentation de l’exposition par le CCCOD, c’est LÀ