Olivier Debré au CCCOD
Par ici les Monet, disent-ils

Sans titre, 1990-1991, huile sur toile, photo CCCOD

En exposant une séries de toiles monumentales d’Olivier Debré, le Centre de Création Contemporaine qui porte son nom veut faire un parallèle avec les Nymphéas de Monet. Pourquoi pas ?

On connaît surtout d’Olivier Debré ses immenses toiles, inspirées généralement par la Loire. Ce sont certaines d’entre elles (présentées avec des travaux plus anciens, au temps où le peintre, frappé par le Guernica de Picasso, produisait des dessins et des gravures) qu’une impressionnante exposition montre dans la « galerie blanche » du Centre de Création Contemporaine de Tours.

Donation de la famille de l’artiste, elles expriment l’intensité exceptionnelle des couleurs qu’Olivier Debré étalait sur ses immenses toiles souvent posées directement sur les rives de la Loire avec de véritables balais où, en atelier, selon d’autres techniques, utilisées dans le cas présent, plus surprenantes, que l’on découvre au sein de l’exposition.

Des couleurs et un geste enthousiastes et enthousiasmants, envolées joyeuses vers la nature qui lui servait d’inspiration. Quant à chercher un lien avec les Nymphéas de Monet, voulu par le Centre, pourquoi pas ? Mais est-ce vraiment nécessaire ? Debré reproduisait ses inspirations sans volonté de répétition, contrairement à Monet qui faisait, avec ses multiples Nymphéas, un exercice de style sur un thème donné.

Peu importe, d’ailleurs. S’attarder devant une œuvre monumentale d’Olivier Debré est toujours un moment qui bouleverse la perception du réel. Ses toiles crèvent les murs pour entraîner le regard vers l’espace ligérien à sa suite.

Des techniques originales

Ces six immenses toiles, dont quatre ont été réalisées à la demande du Centre de Création Contemporaine lorsqu’il se trouvait encore Rue Racine (la taille des tableaux correspond à celle des murs de l’espace qui leur était destiné à l’époque) sont l’expression parfaite de la vision de l’artiste. L’observateur est entraîné dans une profondeur et un mouvement qui sont les enfants de l’esprit et du geste de l’artiste. Une puissance incroyable, doublée d’une absolue légèreté. Les tableaux d’Olivier Debré sont, littéralement, l’air et l’eau, la lumière et ses reflets. Une impression presque magnétique.

La taille des oeuvres a conduit à trouver des solutions techniques, tant pour la conception des châssis que pour la réalisation des peintures. Pour les premiers, il a fallu concevoir un système qui permet à la toile d’être repliée afin d’accéder aux salles d »exposition. Un travail délicat qui exige prudence et… muscles.

Olivier Debré à Tours
L’une des oeuvres est présentée telle que le peintre la travaillait dans son atelier. Photo CCCOD)

Même interrogation pour le peintre. Olivier Debré a installé ses toiles à l’horizontale et les a manoeuvrées grâce à des poulies actionnées électriquement. La peinture, largement diluée, coulait sur la toile en fonction de l’inclinaison. Le peintre la déversait avec des seaux et en guidait délicatement le flux.

Dès lors, on comprend le choix d’exposer l’un des tableaux littéralement à plat, tel que l’artiste l’a travaillé. Une idée qui autorise un regard différent sur le résultat. Mais l’ensemble de l’exposition est toujours à la hauteur du talent d’Olivier Debré : majestueux.

Jusqu’au 5 janvier 2020 au CCCOD de Tours

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Et pour lire notre article sur l’exposition de Florian et Michael Quistrebert, également au CCCOD, c’est Là.