Michalik revient Intra Muros
Foule aux as en cellule

Alexis Michalik aime bien les tiroirs. Ceux qu’il ouvre à tout va dans ses histoires. La dernière, Intra Muros, commence dans une cellule de prison. Et puis…

Intra Muros, d’Alexandre Michalik, tout un monde dans une cellule. (Photo DR)

C’est de la mise en abîme, de la spéléologie intimiste, le principe de la Vache qui Rit (vous savez, l’étiquette de la boîte qui montre la vache avec des boucles d’oreilles qui montrent la vache avec, etc.), du détricotage de pull-over. Alexandre Michalik aime bien démultiplier ses personnages. Dans Edmond, ils étaient les doubles préfigurés de Cyrano. Dans Intra Muros, ils sont tout un monde.

Aux grands mots les grands remèdes

Intra Muros, c’est la surpopulation carcérale avec le sourire, dans le style Marx Brothers (la cabine d’Une Nuit à l’Opéra). Si la pièce s’installe dans une cellule de prison, Michalik a vite fait d’en gommer les murs. Et il y a foule à se précipiter entre les non-barreaux. Une foule qu’il va chercher en chacun des personnages. « La bobine se déroule, l’histoire se tisse sous nos yeux d’abord totalement naïfs. Puis, tout se dessine. D’une main de maître, Alexis Michalik a, une nouvelle fois, créé une pièce unique en son genre, où costumes et perruques défilent à la vitesse d’une page qui se tourne, d’une caméra qui enregistre. C’est fort. C’est très très fort. Et on voudrait que cela ne finisse jamais » raconte Sortir à Paris.

Au commencement, un prof de théâtre qui arrive avec ses grands principes devant deux détenus venus à l’atelier comédie en se demandant pourquoi. Les grands mots étant loin des grands remèdes, il va falloir que le pontifiant prof s’adapte sérieusement. Dans le tourbillon, Michalik entraîne une assistante sociale débutante et une comédienne, ex-compagne du professeur. Et c’est parti pour une explosion de situations, de personnages, de décors et de costumes. Un musicien ajoute à la partition. Et là, il faut suivre, parce que la notion de temps ne compte pas non plus  : « Alexis Michalik est follement doué pour tresser les histoires les plus folles avec une maestria et une humanité confondantes » dit Télérama.

Improvisations dirigées

Intra Muros, est la quatrième pièce d’Alexandre Michalik, après Edmond. (Photo DR)

Après Edmond, du même Michalik, l’Espace Malraux accueillera Intra Muros le 23 avril. La pièce a été conçue selon un principe cher à l’auteur, celui des « improvisations dirigées ». On arrive avec une trame en répétition, et le texte s’écrit au fur et à mesure des improvisations. Il en ressort un investissement total des comédiens. Le 23 mars, ce seront Jeanne Arène, Bernard Blancan, Alice de Lenquesaing, Paul Janseon, Faycal Safi et Raphaël Charpentier (le musicien).

« Alexis Michalik a l’art et la manière de faire surgir le théâtre à partir de rien. Trois chaises, un fond noir, deux accessoires et des comédiens de haute volée suffisent à nous faire voyager d’un lieu à l’autre, du présent au passé, du passé au présent. Peu à peu, l’auteur révèle l’écheveau de liens qui unit ses personnages. » (Le Parisien)

Attention aux secousses. Michalik sait comme personne passer du rire à l’émotion. Comme s’il cherchait dans chaque spectateur plusieurs personnalités. Un maniaque, le gars.

Mardi 23 avril 2019 à 20h30 (Espace Malraux)

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