Rififi chez les Poquelin
Mademoiselle Molière sème la zizanie

 

Les amours de Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière, avec mesdames Béjart, mère et fille, sont connues. Ce que l’on ne sait pas, c’est comment le transfert des passions de l’artiste de l’une à l’autre s’est passé… en coulisses. C’est ce que Mademoiselle Molière montre. Avec talent : la comédienne qui joue le rôle-titre a remporté un… Molière.

Mademoiselle.Molière (Photo Lot)
Quarante ans qui ont fait Molière et puis… (Photo Lot)

Alors, comme ça, Monsieur Molière, on joue « Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais » ? On dézingue le bourgeois, on ironise sur les frasques des libidineux (en calotte), on se moque des infidèles (hommes et femmes) on ridiculise le parvenu qui se prend pour un noble et hop, mine de rien, on se conduit comme tout ce pas beau monde dès que l’on passe en coulisses ? Plutôt moche, Jean-Baptiste. Vraiment.

Certes, la réputation des comédiennes, quelques siècles avant #metoo n’était pas des meilleures, mais ce n’était pas une raison pour lâcher votre maîtresse Madeleine de cette manière. Surtout que la Mado (il l’appelle comme ça), elle vous a bien aidé, pendant vos vingt ans de vie commune. Si vous venez, en cette année 1661 de vous rebaptiser « de Molière » en abandonnant votre nom de Poquelin, sous prétexte que vous connaissez enfin la reconnaissance des grands, notamment avec vos Précieuses ridicules, ce n’était pas une raison pour avoir la grosse tête et vous la jouer star.

Pire, voilà que vous avez décidé d’épouser la fille de Madeleine, la jeune Armande, âgée d’à peine vingt ans. Le même âge que votre liaison avec sa maman, ce qui permettra d’avoir quelques doutes sur la paternité de la belle. Pas très joli, tout ça. Et, on ne veut pas vous gâcher le plaisir, mais vous allez le payer cher….

Tragédie bourgeoise

Mademoiselle.Molière (Photo Lot)
Une tragédie familiale dans le monde de la comédie… (Photo Lot)

Pas très joli mais entré dans l’histoire du théâtre. Sans que l’on se soit posé, jusqu’alors, la question de savoir comme la rupture s’était passée, comment Mado avait réagi et comment Jean-Baptiste s’était conduit en la circonstance. Jusqu’à ce que Gérard Savoisien se penche sur ladite question et lui imagine une réponse, mise en scène par Arnaud Denis.

Une réponse qui se passe en coulisses, là où les lumières ne trichent pas. Mado et Jean-Baptiste sont un couple qui se sépare, c’est tragique et la comédienne (jouée par Anne Bouvier qui y a gagné un Molière, justement) y trouve de la grandeur alors que Jean-Baptiste perdra beaucoup de la sienne, que seule la scène lui fera retrouver. Un beau sujet pour la troupe de l’Illustre théâtre mais qu’elle ne jouera jamais.

C’est cette rupture qui sera présentée à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire le 13 décembre. Une pièce nominée aux Molières et dont Télérama dit « …ce voyage dans le temps, l’amour, le couple, est une belle promenade » et où Le Figaro voit « une comédie sentimentale qui sonne juste, éclairée par la belle présence d’Anne Bouvier. » Si on vous dit que c’est à ne pas manquer, vous serez surpris ?

Vendredi 13 décembre 2019, 20h30, à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire
Pour en savoir plus et essayer d’avoir des places, c’est LÀ qu’il faut cliquer.