Dernière mise à jour le 15 décembre 2019
Interdit aux coulrophobes. Les méchants clowns tirent sur tout ce qui bouge et ils bougent encore plus sur scène. Les Wriggles sont de retour au Vinci de Tours, Complètement red. Grincements de dents à prévoir et rigolade acide garantie.

Il y a des clowns qui font peur. Demandez aux Américains qui ont vu le film Ça, inspiré du livre de Stephen King. Panique à la vue d’un nez rouge dans les rues de New-York. On ne parle pas des alcooliques invétérés mais de ce personnage censé faire rire les enfants en beuglant sur les pistes de cirque. Apparemment, la sortie en famille sous les chapiteaux a laissé des traces. Les victimes de la pétoche en question s’appellent des coulrophobes. Ce qui ne nous avance pas à grand-chose mais permet au moins de frimer dans les dîners entre potes. Juste avant d’aller au cinéma.
Les agités de la rue Blanche
Dans le genre clowns qui font peur, les Wriggles ne sont pas mal non plus. Mais ce ne sont ni les gamins ni les ados frissonnants qui ont de quoi se méfier d’eux. Plutôt les bourgeois, ceux de Jacques Brel, dans leur déclinaison XXIe siècle. « On veut bousculer les gens. Et pas qu’ils sortent en se demandant simplement : maintenant, qu’est-ce qu’on mange ? » disent-ils (Le Parisien).
Pas de nez rouge (sauf sur les pochettes de leurs disques) mais une combinaison de la même couleur, type mécano de garage. Pourquoi ? « Chez Tati, la tenue la moins chère qu’on ait dégotée était rouge. Et ça pétait bien » se rappelle le metteur en scène (Le Parisien).
Le groupe d’agités (wriggles en anglais) est né dans la colocation de quelques élèves de l’école de théâtre de la rue Blanche à Paris… il y a quatorze ans. Jusqu’en 2006, les cinq copains partent en vrille sur scène, chantent et jouent des sketches, gros délire sans tabou, rigolade et dénonciation de la société. On ne fait pas toujours dans la délicatesse (une chanson, Plouf, sur la mort du petit Grégory, il y a mieux comme démonstration de bon goût), ce qui fait dire à Télérama « On a parfois honte d’en rire, mais on le fait quand même », mais ça marche un max, ce qui n’était pas forcément prévu. Fin de l’aventure pour mésentente cordiale et silence pendant dix ans, soit jusqu’en… 2019.
Pas de selfie avec les Wriggles
Panique chez les fans qui sont littéralement en deuil. Jusqu’à l’annonce du retour du groupe, vaguement remanié mais toujours dans la version méchants clowns : « On veut renouer avec l’esprit des débuts, rentrer dans le tas et faire mal » (Le Parisien)

Des anciens, Stéphane Gourdon, Antoine Réjasse et Franck Zerbib sont toujours là (Frédéric Volovitch et Christophe Gendreausont partis). Pour que le compte (cinq) soit bon, les Wriggles ont adoubé le musicien Emmanuel Urban, ex-Joyeux Urbains, et le comédien Fabien Marais.
Les cibles ont intégré le selfie, les saloperies déversées sur le réseaux sociaux, la langue assassinée : « Le quintet, en témoin de nos existences, continue de mettre en scène nos obsessions, nos travers et les maux de la société dans des textes qui, comme les poupées russes, recèlent des surprises pour mieux nous bousculer. » (Télérama)
Les agités en salopette rouge seront au Vinci de Tours le 14 novembre avec Complètement red. Ça va grincer dans les fauteuils.

