Thylacine au Temps Machine
Le DJ aux semelles de vent

Il arrive d’Angers en passant par de lointains horizons. Thylacine, le Français qui monte dans l’univers de l’électro, sera au Temps Machine en novembre 2019.

Puisque la nouvelle direction de Tours événements (qui gère le Parc expo et le Vinci), poussée par la municipalité, a jeté Les Fourchettes soniques aux orties, tuant dans l’œuf une manifestation électro qui ne demandait qu’à grandir, c’est au Temps Machine de Joué-lès-Tours qu’il revient désormais de porter sur les platines tourangelles la crème des DJ français.

Un rôle dont le lieu se sort particulièrement bien (entre autres programmes tout aussi méritoires, dans des domaines qui vont du fanzine au rock métal en passant par la musique tropicale – mais si ! – ou le hip-hop) puisqu’il va notamment accueillir en novembre 2019 Thylacine, alias William Rezé, un voisin.

Liberté, liberté chérie…

Thylacine concert Tours
Sous l’oreiller, Thylacine. On est dans le Transsibérien et il compose… (Photo DR)

Sagement formé au conservatoire puis dérivant vers le jazz avec son saxo, l’angevin William découvre la musique électronique en 2012, notamment en se reconnaissant dans Massive Attack, Four tet ou Moderat. Le déclic, c’est surtout la liberté permise par l’électro, une liberté pour laquelle il a un goût tellement fort qu’il va le conduire loin des rives ligériennes.

De fait, Thylacine n’aura pas choisi la ligne droite pour rallier Tours depuis Angers. Allergique au travail en studio (qu’il dit : il y passe tout de même du temps, parfois même avec un violon, dont il ne joue pas ; lui, c’est le saxo, on l’a vu), il a choisi de chausser ses semelles de vent pour aller chercher ailleurs l’inspiration et quelques sons exotiques.

La première idée est osée et originale. Il va prendre le Transsibérien sur près de 10 000 km pour composer dans son compartiment et en sortir pour récolter ambiances, sons et personnalités au fil des gares. Pour compliquer les choses, le voyage se double d’un tournage vidéo que l’on peut retrouver sur le Web, sur sa chaîne YouTube ou sur celle de France TV, associée au projet.

Il en sortira… Transsiberian, son premier album qui ne s’appuie pas seulement sur le rythme des wagons (Arthur Honegger s’en est chargé avec Pacific 231 dans un autre genre, quoique tout aussi contemporain). Aux escales, Thylacine vole son âme à un chaman sous sa yourte, s’imprègne de la musique de paysannes russes et respire l’air du pays, son vent, plutôt, histoire d’en enregistrer le souffle. « Il en ressort une fresque électronique tendre, à la matière mouvante et au lyrisme assumé, dont l’essence ne tient pas uniquement à l’objet album mais bien à l’exercice transmédia envisagé dans son ensemble. » (Les Inrocks)

La renaissance du loup

Thylacine concert Tours
Cette fois, c’est en Argentine que Thylacine cherche l’inspiration. Il compose dans sa caravane Airstream. (Photo DR)

Pas rassasié par son séjour à l’Est, c’est en Argentine qu’il va repartir à l’aventure musicale. Cette fois, pas de train mais une belle roulotte américaine (vous savez ces canettes métalliques sur roues qui brillent au soleil). Thylacine y ajoute quelques panneaux solaires pour travailler à l’étape et recommence à piquer des musiques, des sons et des sourires ici et là. « Pour le morceau 4500 m, j’étais coincé à cette altitude, j’ai dû passer toute la nuit là-bas avec un énorme orage qui arrivait, j’étais seul au milieu de nulle part, dans cet univers assez extrême et particulier. J’ai passé la nuit à composer » explique-t-il à La Provence. Ce n’est plus Transsiberian mais The road, qui devrait se décliner en plusieurs épisodes. Aux dernières nouvelles, il aurait été vu au Chili…

Petit changement de parcours à noter cependant. En 2017, Thylacine a glissé plusieurs de ses musiques dans un film, une comédie sympathique signée Antony Cordier, Gaspard va au mariage.

Résultat de tous ces kilomètres ? Une musique que la puissance invitante (Le Temps machine, on aura compris) décrit ainsi : « Oscillant entre les mélodies aériennes de Moderat, les touches solaires de Nicola Cruz et la puissance techno de Paul Kalkbrenner, l’électro maîtrisée de Thylacine stimule des attraits vers l’inconnu et l’absence absolue de repère. » Normal, avec tous ces voyages…

Mais, pendant qu’on y est, c’est quoi ce drôle de nom ? « Je suis tombé sur ce mot un peu par hasard et j’ai trouvé ça hyper beau et assez étrange|…]. Je me suis ensuite intéressé à l’histoire de cet animal et j’ai pu découvrir que c’était une espèce disparue depuis le XXe siècle, j’ai trouvé ça intéressant de faire revivre ce mot, d’une manière complètement différente. » (La Vague parallèle)

Le thylacine, c’est une sorte de loup. La recherche de l’’effet Waouuuh ?

Jeudi 14 novembre 2019 à 19h30

Réserver au Temps Machine ICI
…et pour voir Thylacine ailleurs en France, c’est LÀ
Et ces CD sont ICI