Dernière mise à jour le 16 décembre 2019
Délirants, marrants, dansants, surprenants, les Fatals Picards seront à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire le 11 octobre 2019. Rétifs aux calembours et aux « blagues pourries » s’abstenir. Les autres sont bienvenus, et comment !

Il fallait être complètement cintré pour envoyer les Fatals Picards dans le concours européen le plus ringard du continent. C’est pourtant ce qui s’est passé en 2007, lorsque le groupe a été sélectionné pour représenter la France à l’Eurovision, sur les traces version guimauve de Frida Boccara, Gigliola Cinquetti et autres Marie Myriam. Il fallait avoir sucé autre chose que des cailloux (Sucer des cailloux est dans leur dernier album) pour croire qu’un groupe dont le fond de commerce est fait de calembours et de jeux de mots « bien de chez nous » avait une chance devant un jury international. D’accord, l’année d’avant, on avait bien entendu un groupe de funk lapon, mais tout de même.
Il y a une justice : les Fatals Picards ont fini avant-derniers avec leur Amour à la française. France Gall pouvait continuer à dormir tranquille avec sa poupée de cire (ou de son, c’est selon).
Des Zitrone…
Mystères de la gloire discographique, ce passage dans l’univers de la guimauve dégoulinante donnait un coup de pouce à la carrière d’un groupe né… Fourmis violentes. Un quatuor de joyeux drilles qui affiche ses humanités clairement : « Nos influences communes sont avant tout à rechercher du côté de Pierre Desproges, de Renaud à ses débuts, des Nuls, des Monty Python, du Canard enchaîné, de Charlie Hebdo… » On entendra donc avec délice un Navet Maria, ou encore un Les onze y trônent (pour les jeunes générations, Léon Zitrone fut une gloire du petit écran à l’époque où il se contentait du noir et blanc…). Un autre ? Pamplemousse mécanique était un clin d’œil à Orange mécanique, le film de Stanley Kubrick. À Entrée du public, on adore…
Au fil du temps, les quatre ne trahissent pas leurs racines mais ajoutent une dose de sérieux à leurs chansons, sans pour autant accepter l’étiquette de groupe « engagé » : « Tout ce qui est de l’ordre du dogme, de la pensée unique, de l’absence d’esprit critique nous hérisse passablement le poil. » La preuve : quand ils évoquent la souffrance animale, c’est pour dire (dans Sucer des cailloux, sur leur dernier album, produit avec la participation éclairée de leurs admirateurs) : « Nos poules pondront en plein air des œufs sous péridurale ».
… et une banane
Musicalement, c’est une virée qui va du punk au rock, en passant par la chanson française, le tout systématiquement arrosé d’une dose de sauce métal grinçante. Ce n’est pas du Monteverdi mais c’est fichtrement efficace.
Démonstration (pas avec Monteverdi, mais il faudra y songer…) avec un titre de leur dernière production, emprunté (avec son autorisation et sa participation) à Lio, Banana Split. Pour la brune qui ne compte pas, etc., c’est autre chose que les tournées Âge tendre… Mais c’est peut-être bon pour l’eurovision, qui sait ?
Le public adepte de Bobby Lapointe pourra voter le 11 octobre à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire pour défendre les Espèces menacées, titre de leur album.

