Le Saint-Pétersbourg Ballet Théâtre
refait un cygne au Vinci

Peut-être le rôle le plus difficile du ballet classique. Le Lac des Cygnes, qui sera donné au Vinci le 19 mars, exige une soliste de haut niveau et un corps de ballet à la technique rigoureuse.

Le lac des cygnes, un drame en… noir et blanc. (Photo SPBT)

C’est le plus célèbre des ballets classiques. Ce n’est pas le plus facile à danser. Demandez à Natalie Portman. La vedette du film Swan Lake y a gagné un Oscar mais son personnage y a souffert de véritables tortures.

Bien entendu, le drame cinématographique n’aura pas sa place le 19 mars au Vinci. L’histoire du Lac des Cygnes n’en est pas moins tragique. Les amours contrariées de Siegfried et d’Odette peuvent tirer des larmes, comme celles que les parents de la jeune fille versent lorsque le sorcier la transforme en cygne. Ce sont elles qui forment le fameux lac.

Coté danse, le double rôle – cygne blanc/cygne noir – reste complexe. La dualité doit être exprimée autant par la technique que par l’interprétation. Le rôle-titre exige une excellente danseuse mais également une véritable comédienne pour être à la fois Odette, pure jeune fille (oie blanche ?) et Odile, sensuelle séductrice.

Morceaux de bravoure

Passons sur les détails d’une histoire quelque peu alambiquée et dont la fin, plus ou moins heureuse selon l’humeur du chorégraphe, varie suivant les représentations. En la circonstance, le Saint-Pétersbourg Ballet Théâtre (SPBT) fait grogner les aficionados. On taille un peu trop dans la partition du quatrième acte et on met une bonne dose d’eau de rose dans le lac. « Une fin Bisounours » disent certains. (Danses avec la plume) Faut voir… Le compositeur a l’habitude. Tchaïkovski s’attaqua au Lac en 1875 (c’était son premier ballet) mais, souvent triturée et modifiée, la partition ne connut le succès qu’après la mort du compositeur, une fois restaurée.

Irina Kolesnikova est sans doute l meilleure raison d’aller voir le Lac des Cygnes du Saint-Pétersbourg Ballet Theatre. (Photo SPBT)

Quant à la chorégraphie de Petipa (Noureev, entre autres, a écrit la sienne) qui sera dansé là, elle regorge de morceaux de bravoure. Sacré défi pour la petite troupe du Saint Petersburg Ballet Theatre. Pour le rôle principal, on peut faire confiance à Irina Kolesnikova (que l’on a déjà pu voir au Vinci dans le même rôle en 2015 et dans La Belle au bois dormant). C’est pour elle que la troupe a été constituée en 1994, à quelques encablures du célèbre Théâtre Mariinsky, par le mécène de la compagnie, amoureux d’une étoile, dit-on. En revanche, le corps de ballet devra s’accrocher. Les échappées des cygnes en bandes organisées exigent une coordination absolument parfaite et ce n’est pas gagné.

Une qualité du spectacle est de ne pas se contenter d’une bande-son mais d’apporter un véritable orchestre dans ses bagages. Certes, ce n’est pas le Philharmonique de Berlin, mais c’est mieux que rien.

Mardi 19 mars 2019 à 20 heures au Vinci
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…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ