Festival Bruissements d’elles
La Création au féminin

Vingt ans d’une affirmation – plus que d’une lutte – pour la création féminine. Vingt ans d’un festival multidisciplinaire, immense, intime, superbe. Bruissements d’Elles, c’est du 2 au 30 mars dans toute l’agglo de Tours et au-delà.

D’un seul coup, ça vous saute aux yeux. Pas grand-chose, un presque gag qui vous surprend, vous qui pensez que le féminisme a progressé, que, si ce n’est pas encore gagné, ça avance pas mal, qu’à défaut de la guerre, les batailles remportées s’additionnent.

Alors vous allez sur le site du Festival Bruissements d’Elles. Comme vous aimez bien Juliette et qu’elle est la marraine de la 20e édition, vous cliquez sur la vidéo de sa Météo Marine. Et c’est là que ça se produit. L’algorithme de M. Youtube vous affiche une pub sur l’image. Pas n’importe laquelle : une promo pour une crème antirides. La prochaine fois, ce sera sans doute pour un produit à vaisselle, un aspirateur ou des couches-culottes. Le combat continue.

Dépasser les bornes

Festival Bruissements d'Elles Tours
Colette, le film de Wash Westmoreland, comme un symbole pour le Festival Bruissements d’Elles. (Photo DR)
Photo d’accueil : « Parlons d’autre chose » de Léonore Confino, par le Collectif Birdland. (Photo DR)

Donc, Bruissements d’Elles a bien raison de ne pas s’assoir sur des lauriers largement mérités. Le festival, féminin plutôt que féministe (faut pas faire peur, tout de même), a pris une ampleur magnifique. Né en 1998, alors que les Monologues du vagin secouaient encore les tréteaux de la planète, il fête ses vingt ans avec une programmation d’une incontestable qualité mais aussi d’une variété étonnante. On y trouve du chant, de la danse, du théâtre évidemment, des peintres, mais aussi des clowns parce qu’après tout, elles ont bien le droit d’entrer en piste, les filles.

Un programme trop long pour être détaillé ici, d’autant plus que le site du festival (cliquez là) est particulièrement beau et bien fait. La Création au féminin (thème de la 20e édition) n’a pas de limites, elle non plus. Il suffit qu’elle dépasse les bornes posées par les hommes.

Comme dit Juliette :

« Vingt ans ce n’est pas rien, et pourtant c’est un si petit anniversaire au regard d’une histoire longue comme l’Histoire, l’histoire de la création artistique la plus bafouée, la plus secrète, la plus réappropriée de tous temps en tous lieux, au point qu’on a perdu les mots pour en désigner les actrices. ça va encore durer longtemps ? »

Du 2 au 30 mars 2019 dans différents lieux.

Pour en savoir plus et pour réserver, c’est ICI