« La raison d’Aymé » avec Gérard Jugnot :
on n’est jamais aussi bien servi…

Isabelle Mergault écrit, Gérard Jugnot met en scène, pour faire jouer… Mergault Isabelle et Jugnot Gérard. On n’est jamais si bien servi que par soi-même ! C’est La Raison d’Aymé, au Vinci le 30 mars.

Gégard Jugnot met en scène, Isabelle Mergault écrit, et tous les deux jouent « La Raison dAymé » Photo DR)

Isabelle Mergault a du tonus et un cheveu sur la langue, ce qui l’a cantonnée majoritairement dans des rôles dits comiques au sein de films dont la postérité ne retiendra probablement pas le nom. Sur le petit écran elle a été la nounou de la fille de Navarro. Sur scène, son one-woman-show a fait long feu.

Toujours sur scène, mais de nouveau comme comédienne, Isabelle Mergault, grande copine de Laurent Ruquier, a joué dans deux de ses pièces, La presse est unanime et Si c’était à refaire. Deux jolis succès.

Mais la zozoteuse écrit aussi. C’est même sa passion et ce n’est pas – toujours – la pire. En tout cas avec Je vous trouve très beau, film que son ami et futur interprète, Michel Blanc, lui conseille de réaliser. Il n’a pas tort : Je vous trouve très beau remporte le César du meilleur premier film et vaut à sa réalisatrice… le Mérite Agricole. Coup d’essai, coup de maîtresse. La suite sera moins brillante. Passons.

Du coup, Mergault va écrire… pour le théâtre. D’abord avec L’amour sur un plateau, du sur-mesure pour Pierre Palmade, qui l’avait fait jouer dans Le grand restaurant. Isabelle Mergault a le relationnel réciproque. Suivent plusieurs autres ouvrages, dont Ne me regardez pas comme ça ! qu’elle interprète avec Sylvie Vartan et qui fut donné à Tours en 2016.

Jugnot et Mergault sont dans un bateau

Dernière production en date, La raison d’Aymé succédera à la précédente sur la scène du Vinci le 30 mars. Un nouvel avatar du théâtre de boulevard époque XXIe siècle. Un art qui a bien du mal à marcher dans les pas des grands ancêtres, Labiche et Feydeau. Il est plus difficile de faire rire que pleurer, c’est connu, et trouver un sens comique qui vole plus haut que les plaisanteries de fin de banquet relève de la spéléologie. Les humoristes qui s’abattent sur nos planches comme des invasions de sauterelles en font la démonstration quotidiennement, à de rares exceptions près.

Gérard Jugnot, amoureux aveugle, retrouvera-t-il la raison, incarnée par Isabelle Mergault ? (Photo DR)

Sur scène, quelques grands noms viennent à la rescousse des textes. Récemment, Patrick Chesnais et Marie-Anne Chazel ont tenté de sauver Tant qu’il y a de l’amour, de Bob Martet, lui aussi présenté au Vinci, en février, d’un naufrage titanesque (au sens de Titanic). Au tour de Gérard Jugnot de servir de béquille à sa copine Isabelle dans une histoire dont l’originalité ne saute pas aux yeux et, si l’on en croit certains spectateurs, dont l’humour ne saute pas aux oreilles. « Dialogues complètement creux, jeux de mots téléphonés » (Au balcon), « Prévisible, lourd, inconsistant » (Un spectateur de Culture Tops). Heureusement, tout le monde n’est pas de cet avis : « Efficace, bien interprété, juste ce qu’il faut pour emporter la salle » (France Info), « C’est un spectacle charmant, monté avec soin, sans prise de tête. C’est appréciable en ces temps incertains. […] Cette comédie développe un peu plus d’ambition que de coutume dans le théâtre de boulevard » (Culture Tops). Unanimité, néanmoins, sur le talent de Jugnot et de Mergault.

Cela dit, Gérard Jugnot fait toujours confiance au public : « Le théâtre c’est le même bateau sur une mer différente chaque soir. On va voir comment celui-là tient la mer, à quel moment il faudra ramer ou laisser couler… » (Le Parisien)

Un petit résumé, pour se mettre dans l’ambiance. Aymé est fou amoureux d’une jeunette qui en a pour son portefeuille au point de vouloir en faire feu-son mari. Mais l’amour rendant aveugle, il ne se défend pas, selon le principe qui veut que « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas… ». Jusqu’à ce que « sa » raison, justement, s’incarne en chair et en zozotement (et avec un sale caractère) sous l’apparence d’Isabelle Mergault. Laquelle va tenter d’ouvrir les yeux au grand nunuche. Y parviendra-t-elle ou non ? Réponse le 30 mars.

Samedi 30 mars à 20h30 au Centre de congrès Vinci de Tours

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