Jeanfi Janssens revient au Vinci
Le steward qui n’a pas peur des turbulences

Ancien steward, gay et Ch’ti, Jeanfi Janssens écume les scènes et les plateaux. Après un passage à Joué-lès-Tours, il annonce son arrivée au Vinci de Tours le 31 janvier 2020.

Jeanfi Janssens en spectacle à Tours
Un drôle de compagnon de voyage pour Jeanfi Janssens (Photo DR)

S’il y a quelqu’un que l’on a peu de chance de croiser dans le public, c’est Christine Angot. La romancière n’aime pas Jeanfi Janssens et le lui a vertement dit dans l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couchés. Pourtant, la dame n’est pas du genre à s’offusquer d’un vocabulaire trop cru, elle qui en use largement dans ses livres, et qui devait apprécier les textes délicats de Doc Gynéco, son compagnon pendant un temps.

Surprenant donc, quant à l’origine de la critique. Moins – et Mme Angot n’y est pour rien – quand on voit le spectacle de Jeanfi Janssens. Planant (sic) sur la mode de l’époque, l’ex-steward n’a pas peur des turbulences, qu’elles soient provoquées par des formules brutes de fonderie ou par des portraits sans complaisance. C’est sans doute là que Christine Angot a toussé, elle qui a vu dans les sketches un « dégoût du corps de la femme » et une misogynie blessante.

Humour et provoc’

Ce qui pose une question qui va bien au-delà du spectacle de Jeanfi Janssens, celle du politiquement correct dans lequel nous vivons et qui a des effets pervers, voire contradictoires. À force de devoir éviter certains sujets (religieux, raciaux…) qui faisaient le bonheur de nos grands-pères et de nos soirées adolescentes, les humoristes se retrouvent sur un terrain où la provocation, la brutalité des mots, la provocation font œuvre de fonds de commerce. C’est ensuite à qui ira le plus loin dans la méthode, le but premier étant d’obtenir des « quand même, il est gonflé de dire ça » de la part du public. Un peu court.

Jeanfi Janssens est de cette école, dont le père fondateur est sans doute Jean-Marie Bigard, pourtant contesté aujourd’hui. Grossièreté des mots, vulgarité de certaines situations, on est dans le gras de fin de banquets arrosés qui vire parfois au trash. Dire que nous sommes fans à Entrée du public serait mentir mais l’humour, comme les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. La preuve en est que Jeanfi Janssens a fait le plein à l’Espace Malraux en mars 2019 et qu’il est déjà programmé en janvier à Tours. Pour l’anecdote, c’est lors de la première édition du Chinon Comedy Festival, que les Tourangeaux l’avaient découvert. Il y a dix ans, déjà.

Fille ou fils de…

Jeanfi reparlera donc de sa maman de 130 kilos (le gag de la grosse dame dans un avion, ça sent un peu le réchauffé mais ça marche toujours), des hôtesses de l’air qui visent la retraite (mouais, le coup des valises à roulettes qui leur servent de déambulateur), de son homosexualité (alias « marie toutoule » dans le Nord, d’où il est originaire) et de ses déboires sentimentaux et financiers.

Il ressortira pour l’occasion son accent de Ch’ti (qui lui a valu d’entrer dans la famille de Dany Boon au cinéma). Il dira des gros mots, il se moquera pas gentiment des « gens » (et de lui-même, c’est vrai), les spectateurs participeront au spectacle et, finalement, on pourra se dire que, n’en déplaise à la dame (laquelle raconte les détails de sa vie, aussi crus soient-ils, au fil des pages, elle aussi), Jeanfi Janssens, qui se qualifie lui-même « d’hôtesse de l’air », est peut-être un peu la fille de Madame Angot…

Vendredi 31 janvier 2020 au Centre de congrès Vinci de Tours

Vous pourrez réserver ICI… dès que les locations seront ouvertes

…et pour décoller ailleurs en France avec Jeanfi Janssens, c’est LÀ

Mieux encore : Jean Janssens raconte sa vie de steward dans un livre à trouver ICI

1 commentaire sur “Jeanfi Janssens revient au Vinci
Le steward qui n’a pas peur des turbulences”

  1. Ping : C'est vite dit... mais faut voir ! (Un agenda, en quelque sorte) | Entrée du public

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