Dadju au Parc Expo de Tours
Itinéraire pas facile d’un fils de famille

Il lui a fallu peu de temps pour quitter l’ombre de son grand frère. Dadju a su révéler sa personnalité et un style très particulier qui marie rap, rumba et rythmes africains. Il sera en tournée à l’automne 2020 et au Parc des expositions de Tours le 29 octobre.

Tous les cadets vous le diront, il est difficile de trouver sa place face à un grand frère. Pour Dadju, le défi était double. Se distinguer d’une fratrie de quatorze personnes (un même père mais des mères différentes) et affirmer sa personnalité face à celle de Maître Gims soi-même. Pas simple.

Dadju tournée Parc Expo Tours
Âme sensible, Dadju a « bobo au cœur » dans son clip. (Photo DR)

Dadju a réussi. La preuve, c’est qu’il passera sur la scène du Parc Expo de Tours deux ans après Maître Gims (devenu Gims, tout court, depuis). Une sorte de consécration qui se retrouve à chaque étape de sa tournée, avec passage au Parc des Princes. Pas si loin que ça du Stade France, après tout.

Pas prévu au programme

Donc, Dadju Djuna Nsungula est désormais vedette à part entière. Ce qui n’interdit pas de rendre hommage à la famille. Le père, d’abord, Djuna Djanana (Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba), spécialiste de la rumba en version congolaise (la famille est originaire du Congo, qu’elle a dû fuir), musicien dans le groupe Viva la musica de Papa Wemba, compositeur mais aussi acteur, passant par le États-Unis et fournissant deux titres à Bernardo Bertolucci pour son film Paradiso e inferno ! Un bel héritage.

Le frère aîné, ensuite, premier héritier de Djuna Djanana, mais qui navigue plutôt côté rap puisqu’il fait ses classes avec Sexion d’assaut et va bientôt s’appeler Maître Gims. De quoi laisser entre deux boîtes de CD ses ambitions quand on a cinq ans de moins et que, d’ailleurs, on ne songe pas à prendre le micro : «  Dadju dit être « tombé dans la musique par accident » » (Huffington Post). Ce qui signifie qu’en accompagnant son grand frère dans les studios, il finit par tenter le coup. Pas terrible la première fois mais Maître Gims a de l’oreille et comprend que le petit frère a du talent. Il lui ouvre la porte de Sexion d’assaut. Dadju est né.

Dadju tournée Parc Expo Tours
Gims et Dadju, la concurrence n’exclut pas la fraternité. (Photo DR)

Aujourd’hui, Dadju en a marre de s’entendre rappeler ses débuts : « T’es juste le frère du monstre, il faut vraiment que tu deviennes un monstre toi aussi pour pouvoir être appelé par ton nom », dit-il en souriant (FranceTv Info). Ce qui ne l’empêche pas d’être reconnaissant : «  Je ne serais pas là sans ma famille… Celle dans laquelle je suis né, mais aussi celle que j’ai choisie, mon équipe, mes amis. » (Jeune Afrique)

Cela dit, il a raison. Alors que Gims reste peu ou prou un puriste du rap, Dadju a réussi à se constituer une personnalité dans laquelle il associe le rap, d’accord, mais aussi la pop, les rythmes africains et la rumba paternelle. On le constatera particulièrement dans Papa, un titre de son dernier album, Poison ou antidote, où, après Stromae, il pleure l’absence de son père

Appelez-moi Julio

Dadju sera en tournée à l’automne après un report lié à l’épidémie de coronavirus. Il passera par Tours avec son P.O.A. Tour, à traduire par Poison ou Antidote. On y retrouvera le Dadju « gentleman », du nom de son premier album. Un album à succès surprise, le premier après la dissolution de son groupe, The Shin Sekaï, constitué avec Abou Tall, puisqu’il sera disque de diamant en quelques semaines. Il y professe son respect pour les femmes (« J’ai tellement de respect pour les femmes, grâce à ma mère ! » – Le Parisien), notamment avec Reine, le titre phare. Cela ne l’empêche pas, dans son dernier opus, d’envoyer balader vertement celle qui l’a quitté. Tout de même.

Dadju tournée Parc Expo Tours
Dadju, Julio Iglesias du rap ? Les filles jugeront…en cliquant sur la photo. (Photo DR)

Les filles le lui pardonneront. La presse, Paris-Match en l’occurrence, qualifie Dadju de « Julio Iglesias avec le flow de Black M ». Un peu surprenant (pas loin pourtant de ce qu’il dit lui-même de sa musique : « Ça touche la ménagère du fin fond de la Normandie, comme l’adolescente de Brazzaville. C’est une fierté » -Le Parisien) mais pourquoi pas puisque Jeune Afrique voit en lui un « crooner ». Dans le monde du rap, même mâtiné de rumba, on ne doit pas souvent entendre ça.

Au Parc Expo de Tours le jeudi 29 octobre 2020 à 20 heures
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…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ