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Journées du patrimoine
La culture fait du porte-à-porte

Les journées héritées du grand Jack (Lang) sont devenues européennes et encombrées. Deux jours où les portes s’ouvrent sur un patrimoine pour le moins… hétéroclite.

Apparemment, M. Bern envisage de suivre M. Hulot sur la route des vacances. Comme disaient nos grands-mères, « on lui a vendu des œufs qui ne veulent pas cuire ». Ce n’est pas le premier. Les portefeuilles ministériels sont souvent dorés mais vides. Il en va de même des missions distribuées comme autant de prébendes par les présidents.

Donc M. Stéphane Bern y a cru. Il a pensé que recenser le patrimoine en péril conduirait au financement des remises en état. Il a beaucoup parlé (il aime bien ça), il a beaucoup posé auprès du président (qui aime bien ça), il s’est baladé dans nos contrées et a repéré 2 000 monuments qui avaient besoin d’un coup de truelle et, hop, il a demandé des sous. Raté. On lui a offert un tour de passe-passe avec une sorte de Loto à alibi culturel et puis, pour le reste, on attendra. Vous voulez refaire une photo avec le président ?

Fouiner, renifler, regarder…

Bon, d’accord, ce n’est pas le sujet. Si ce n’est que Les Journées du Patrimoine — dont l’intérêt ne se discute pas — sont un peu au même régime : deux jours par an, on se la joue « culturel », on se félicite de voir des milliers de personnes franchir des portes (ouvertes gratuitement, ça devrait faire réfléchir…) qu’elles ne poussent pas le reste du temps, on fouine dans les coulisses, on renifle l’histoire de France, on s’écarquille le globe oculaire devant des tableaux qu’on n’imaginait même pas, on ressent le frisson de la connaissance… C’est bien.

Puis, les portes se referment, les guichets rouvrent, les subventions refont du sur-place quand ce n’est pas de la marche arrière. Mais le président a fait la photo sur le perron de l’Élysée avec le bon peuple admiratif (à 23 %, à l’heure où nous écrivons…). C’est chouette, on se verra dans Paris-Match.

Pendant ce temps-là les musées chercheront de quoi entretenir les collections, les opéras rafistoleront les décors et les théâtres dits subventionnés réduiront leurs programmes. Jusqu’à l’année prochaine.

1 216 adresses

Foin du mauvais esprit. Les Journées du Patrimoine en Touraine n’auront rien à envier aux autres. C’est vrai qu’avec une collection de châteaux à ne plus savoir quoi visiter, on a de l’avance. Mais ce ne sera pas tout : le site officiel recense 1 216 « animations » pour l’occasion. C’est précis. Et c’est aussi le grand bazar (cela dit sans connotation péjorative aucune). Où l’on se rend compte que la dégustation d’un rillon, et du vin qui va bien, relève autant du patrimoine que le coup de pinceau d’un artiste ou l’exploration d’un manoir oublié.

Bravo ! C’est sans doute le mérite des Journées du Patrimoine de faire comprendre à tous que la culture n’est pas un univers réservé, qu’elle n’a rien d’effrayant et que les balades des deux jours officiels ne doivent être que les premiers pas d’une longue marche.

Samedi 15 et Dimanche 16 septembre 2018

La liste officielle des rendez-vous en Indre-et-Loire