Printemps des arts de Fondettes 2023
À Fondettes, près de Tours, le printemps traîne un peu. Au moins dans le domaine artistique puisqu’il faut attendre le mois de mai pour assister au Printemps des Arts. Foin du calendrier, le programme 2023 est plutôt aguichant.
D’abord, il y a le cadre. La Grange des Dîmes de Fondettes est une petite cousine de la Grange de Meslay, musicalement célèbre, puisque son usage originel, comme son nom l’indique, était le même. Pour faire simple, disons que le lieu était l’hôtel des impôts de l’époque. On était au XVe siècle et ce sont les moines qui les y entassaient sous forme de grain et de vin. On est en Touraine, tout de même.
Fin de la visite touristique (il y en a qui sont mieux placés que nous pour en parler) et atterrissage au XXIe siècle pour parler spectacle.
Car la Grange des Dîmes, appartenant à la municipalité de Fondettes, est un lieu de culture, de taille modeste, certes, mais d’excellent niveau. On y expose, on y fait de la musique et du théâtre. Et l’on y donne Le Printemps des Arts, manifestation âgée de douze ans dont la version 2023 a de quoi séduire, assemblage de ce qui fait l’animation de l’endroit au fil de l’an..
Du 5 au 14 mai, on y croisera le tango de Piazzolla et le rire de Molière, le piano de Baricco ou l’accent québécois. De la musique, donc, du théâtre, oui, des contes, aussi et une exposition, c’est complet.
Exposition
Marie-Hélène Chevigny
Elle peint et sculpte. Elle été enseignante parisienne mais est revenue du coté d’Athée-sur-Cher pour retrouver le calme de son enfance. Dans son atelier, elle manie le pinceau et la glaise, non sans reculer devant le métal. Marie-Hélène Chevigny n’est pas multi-artiste, elle est une artiste multi-expression : « Je papillonne entre le dessin, la peinture, le modelage, la sculpture et la soudure quelquefois ! Je suis une touche à tout. » dit-elle. Une touche-à-tout qui a tout de même suivi des études artistiques pendant de nombreuses années, notamment à l’école des beaux-arts de la rue Bonaparte, à Paris.

À la Grange aux Dîmes, on y croisera ses jeunes femmes naïves (dans le trait), ses sculptures, qui leur ressemblent, mais aussi le résultat de son combat avec le fer et le feu, notre préférence.
Le 5 mai de 18 à 20 heures et les samedis de 14 heures à 18 heures les dimanches de 14 heures à 16 heures.
Les concerts
Roberta Roman Trio
Trois jeunes femmes passionnées de tango. Créé par Roberta Roman, guitariste soliste qui lui a donné son nom, le trio (guitare, bandonéon, violoncelle) rend évidemment hommage à Astor Piazzolla, mais pas seulement. Reconnu mondialement, le trio « propose un répertoire original avec une écriture subtile entre musique savante et musique populaire ». Original parce qu’il joue ses propres compositions, mais aussi parce que Roberta Roman cherche les liens entre le tango et la musique napolitaine. Un voyage parti d’Amérique du Sud et arrivé en baie de Naples.
Vendredi 5 mai à 20h30, mais aussi à 18 heures pour l’inauguration.
Trio Arnold
Encore un trio, masculin celui-là. Shuichi Okada (violon), Manuel Vioque-Judde (alto) et Bumjun Kim (violoncelle), sont des proches de Beethoven. Refusant d’être considérés seulement comme un assemblage de solistes, les musiciens affirment : « Nous avons recherché une mécanique subtile où la hiérarchie des parties s’estompe au profit d’un meilleur équilibre du discours, capable de passer instantanément d’une intention commune à une conversation à trois. »

Depuis sa création, en 2018, le Trio Arnold a écumé les plus grandes scènes, de Paris à Berlin en passant par Liège, et a vu son travail enregistré, notamment par France-Musique ou Arte.
Vendredi 12 mai à 20 heures
Théâtre
Fake news
Un cambrioleur sympathise avec sa victime, en la circonstance présentateur du journal de 13 heures. Étonnant mais plutôt cool. Jusqu’à ce que la fille du second et une fake news vienne mettre la pagaille. Les spectateurs du Festival Off d’Avignon ont apprécié. Par la compagnie des Vistemboirs.
Samedi 6 mai à 20 heures
Fausse note
Après la Fake news, la Fausse note. On ne change pas de registre, apparemment seulement, même si la distribution des rôles a des points communs. De thème, oui : un chef d’orchestre célèbre reçoit un admirateur aussi envahissant qu’inquiétant. Une sorte d’ Ami qui vous veut du bien, pour faire une référence cinématographique. La surprise viendra du passé. Et Le Figaro a aimé : « Un texte fort, une unité de temps, de lieu, d’action, un bon directeur d’acteurs et deux excellents comédiens » affirme le quotidien qui titre : Une vraie pépite théâtrale.
Dimanche 7 mai à 17 heures
Novecento : pianiste
Adaptation du très beau texte d’Alessandro Baricco, l’histoire d’un pianiste, Novecento, né et abandonné sur un transatlantique et qui n’a jamais mis pied à terre. C’est son ami trompettiste qui raconte l’incroyable histoire de ce génie dont la musique a quitté le bord et va créer des jalousies. Par la Compagnie Vertigo avec Fred Tournaire.
Mercredi 10 mai à 20 heures
Molière, ou le dernier impromptu

Pas de suspense, on sait cela va mal finir. Monter Le Malade imaginaire, c’est, pour Molière, écrire son testament. Cela n’empêche pas la Compagnie du Mystère Bouffe de s’attaquer au sujet avec un esprit qui n’aurait pas déplu à la troupe de l’Illustre théâtre. Du bouffon, rapport au nom de la compagnie, de la Commedia d’Arte et… du Tim Burton, comme on nous l’annonce. Donc, ça va bouger et on va rire, même si… cela va mal finir.
Dimanche 14 mai à 17 heures.
Le Flûtiste de Hamelin
On connaît l’histoire du Joueur de flûte des frères Grimm, dératiseur musical mal payé par des clients égoïstes, et à l’esprit vengeur. La compagnie Lapin Vert adapte l’histoire pour adultes et progéniture avec un peu de danse et de chant en prime : « Univers fantasque et ton tragi-comique, pour les enfants jeunes, les enfants vieux, les petits, les grands, les enfants gris… »
Mardi 9 mai 2023… dans les écoles
Un festival qui conte double
Hommes de pioche
Retour d’une Canadienne, Renée Robitaille, avec une histoire venue du pays des caribous. La conteuse évoque les hommes des mines de sa région d’origine, l’Abitibi (plus précisément L’Abitibi-Témiscamingue, une région de l’Ouest du Québec) et raconte pourquoi ils portent une étrange fiole d’or autour du cou, marquée d’une mystérieuse date : 20 mai 1952.
Samedi 13 mai à 20 heures
La pêche miraculeuse
Une pêche au sens maritime du terme (pas de pêche miraculeuse à grignoter, pour le coup) que Justin pratique tous les jours et d’où il rapporte des objets bien bizarres. Et, si ce sont trois conteuses qui disent son histoire, c’est bien Justin qui parle, et que l’on écoute.
Jeudi 4 mai à 20 heures
Le Polar se la joue
Pas vraiment un conte, à vrai dire (sic), mais des conteurs/comédiens qui disent des nouvelles, des histoires avec un seul sujet : le polar. La Confrérie des Encres Sympathiques (association fondettoise qui jouera à domicile) fait une lecture, à suivre loupe en main et pipe au bec (sans l’allumer) si l’on veut jouer à Sherlock Holmes.
Du 5 au 14 mai, à La Grange des Dîmes de Fondettes, en Indre & Loire
Pour avoir plus de détails sur le festival, cliquez !
Pour réserver à Fondettes, c’est ICI (1)

