Scènes de western Salle Thélème
Clément Aubert joue au cow-boy

Dernière mise à jour le 29 avril 2019

Photo DR | Photo d’accueil Céline Champinot – CCNT
Pour sa “sortie de résidence” à l’Université de Tours, Clément Aubert propose un spectacle où il associe Ennio Morricone, Don Quichotte et… un yak.

Pas sûr que les habitués de l’American Tours Festival y retrouvent leurs marques. Pourtant, la création que Clément Aubert (1) présentera pour sa « sortie de résidence » à l’Université de Tours en collaboration avec le Centre Chorégraphique National de Tours (CCNT) affirme son ancrage dans le western (spaghetti, mais pas seulement) en utilisant la musique d’Ennio Morricone, compositeur attitré des films de Sergio Leone. Mais ce serait trop simple. Si Clément Aubert récupère aussi Mr Bojangles (célèbre chanson country reprise par Sammy David Junior) il invite aussi Don Quichotte dans son univers, peuplé de ventilateurs comme autant de moulins à vent : « C’est un western de par son esthétique plastique et sonore ; il est aussi quichottesque car s’inspirant des caractéristiques et mésaventures du célèbre personnage de Cervantès » explique l’ancien élève de l’Université François Rabelais.

Un choc de cultures qui se retrouve dans l’espace sonore. Car, dans cette Danse avec le yak, on ne se contente pas de mettre en route la musique de Morricone, on la torture, on l’associe à « un concert de musique primordiale, un big bang de détonations, de plaques, de marteau et de voix cintrées » et on lui ajoute celle de la tôle qui sert de chapeau à l’interprète.

Un joli brin de folie

Clément Aubert utilise des bâches plastiques comme costume et comme décor : « La masse respire, elle glisse et se déploie en un paysage de dunes oscillantes puis progressivement, en un jeu de dupe avec le public, hante l’espace et s’en s’amuse. » Un musicien devrait participer au spectacle, assemblage fou tant au plan chorégraphique et musical que sous l’angle de la « performance ». D’ailleurs, l’artiste ne nie pas son brin de folie : « Plus globalement, la pièce prend le parti du grotesque, de la folie douce et de la contemplation. Son propos s’identifie à celui d’un western se référant à la quête, à l’errance mais aussi au délire fantasque tout comme à la décision formelle, c’est-à-dire à la tâche à accomplir. Il y est aussi question d’actes de chevalerie puisque s’inspirant du personnage de Quichotte, un personnage traduit ici en un bouffon dansant aux accents poétiques, un personnage qui se prend pour un chevalier et qui s’élance à l’aventure, à moins que ce ne soit l’aventure qui s’élance vers lui. Mais dans un cas comme dans l’autre, le choc sera important. » (Honolulunantes)

Reste un mystère : il est où le yak ?

(1) Clément Aubert a découvert la danse contemporaine à l’Université de Tours. Son parcours est marqué par sa rencontre avec Myriam Gourfink dont il a suivi la formation Transforme en 2009, alors qu’elle dirigeait le Programme de Recherche et de Composition Chorégraphiques de l’Abbaye de Royaumont. Il a par la suite dansé dans ses pièces de 2011 à 2016. Aujourd’hui, c’est au sein de l’association tourangelle du Talweg qu’il développe son propre travail. Son langage artistique, basé sur un approfondissement des pratiques somatiques et à la croisée d’un genre théâtral, donne à voir des formes mêlant prise de conscience, observation fine des sensations profondes et situations performatives inspirées de rêveries personnelles. (Texte CCNT)

Mercredi 19 septembre 2018 à la Salle Thélème de l’Université

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