L’homme au crâne rasé revient sur scène après avoir sorti un album bousculade où l’on retrouve une jolie quantité d’invités. Pascal Obispo sera (sans eux) sur la scène du Vinci en mars 2019 pour chanter la liberté.
L’histoire musicale du bonhomme a commencé de manière un peu pompeuse. Le premier groupe auquel Pascal Obispo a participé s’appelait Words of Goethe, rien que ça. Pascal sortait du lycée de Rennes, il avait dix-huit ans, il lui sera beaucoup pardonné. Comme disait Goethe : « Tout homme qui marche peut s’égarer »…
Des groupes, il en connaîtra d’autres : Evening legions et Senso, auquel il devra sa notoriété, par ricochet. Il y chante les paroles d’un ancien de Marquis de Sade, Franck Darcel. Et c’est lui qui conseille à Pascal d’enregistrer sous son propre nom un premier disque. Aucun succès mais Obispo est désormais soliste et, en 1990, Tu vas me manquer lui fait connaître les délices des « Tops ». Confirmation l’année suivante avec Un jour comme aujourd’hui dans lequel il reprend Holidays de Michel Polnareff.
C’est le début d’une étrange histoire puisque l’homme aux lunettes blanches est, selon Obispo, associé au projet. Mais lorsque Polnareff fait sa rentrée sur scène en 2007, il le snobe. Pascal n’apprécie pas : « Il est revenu, vraiment ? S’il était revenu, il m’aurait invité, c’est un imitateur sans doute. »
Le fan demeure cependant. Lors d’une vente aux enchères, il y a quelques années, Pascal Obispo s’est offert une paire de lunettes de Polnareff pour près de 3 000 €. Faudrait être fou pour dépenser plus…
Interprète, Pascal Obispo est aussi auteur-compositeur. Johnny Hallyday, Florent Pagny, Patricia Kaas ont bénéficié de ses talents. Moins connue (et moins glorieuse) sans doute, sa collaboration au feuilleton Sous le soleil pour lequel il a composé la musique du générique.
Appel à la rue
Toujours efficace dans la communication, Pascal Obispo a profité de ses « entrées » à The Voice pour chanter en juin dernier devant ses potes le premier titre de son nouvel album, Chante, la rue, chante. Un texte vaguement opportuniste (Obispo, sur sa page Facebook, rapproche sa chanson de la victoire des Bleus…), appel à la liberté (celle du fronton des mairies), à la musique sans grand relief malgré la présence de chœurs aux reflets africains. Rien de révolutionnaire malgré le thème mais une première approche de l’album complet qui devait sortir en octobre 2018. On l’annonçait plus « rock ».
Histoire de rattraper le demi-succès du dernier (Billet de femme : 100 000 exemplaires, peut mieux faire), il a fait venir du renfort derrière le micro. Autour de lui on entend Benjamin Biolay, Calogero, Christophe, Isabelle Adjani, Youssou’n’Dour, Philippe Pascal (l’un des fondateurs de Marquis de Sade : Obispo est fidèle à ses amis, voir plus haut). On retrouve Biolay à la réalisation de l’album, alors qu’Obispo a écrit lui-même la plupart de ses textes.
Il reste encore un peu de temps pour se faire une idée et décider si l’on ira à sa rencontre (sans ses invités de studio) sur la scène du Vinci. La dernière fois qu’il passait à Tours, c’était en 2014 et au Parc Expo. Cette fois, Pascal Obispo la joue intimiste. Enfin presque. La salle compte tout de même deux mille places…

