C’est une véritable Italienne qui ira se balader du côté d’Alger en février. Chiara Amarù est née à Palerme et la France ne la connaît que depuis peu. L’Opéra de Tours lui offrira une nouvelle création de l’œuvre rossinienne.

En attendant une Flûte Enchantée dont l’intrigue a tout du conte pour enfant (voir notre article ici), on sera aussi dans la légèreté post-réveillon avec l’Italienne à Alger de Rossini, début février à l’Opéra de Tours.
Un opéra bouffe servi par le maître du tournedos, Rossini soi-même, dans une mise en scène nouvelle. La surprise attendra au détour du décor car, pour l’Italienne, tout est envisageable en la matière. Puisque le livret, qui voit Isabella partie en Alger à la recherche de son amant, évoque un naufrage (à partir duquel l’aventure commence vraiment) les décorateurs contemporains ont tout imaginé. À l’Opéra de Paris, on a littéralement fait couler un ersatz du Titanic dans un bleu… profond. Mais à l’Opéra de Nancy, en 2018, on a modernisé l’histoire en faisant s’écraser un Airbus sur la scène ! On ne vous dira pas ce qu’a imaginé Rifail Ajdarpasic, le décorateur auteur du crash, pour la rue de la Scellerie. Mais on se dit que les liens entre l’Opéra de Tours et ses confrères étant plutôt étroits, un atterrissage en catastrophe – façon de parler – n’est pas à exclure…
L’aventure est au bout de la baguette

Tout est possible. Rifail Ajdarpasic a bien habillé Jésus Superstar ! Son travail est capable du plus inventif (des maisons qui ont perdu le sens de l’équilibre) comme du plus rigoureux. Et du plus ambitieux aussi. Par exemple… en servant une (vraie) carcasse d’Airbus sur un plateau. Nous y revoilà ! De là à ce qu’il nous y amène une tribu de sauvages en pagnes, il n’y a pas loin…
Cela ne devrait pas troubler le metteur en scène, David Herman. Le monsieur a des références. Il s’est notamment offert un Ring à Karlsruhe, a maîtrisé Ariane à Naxos pour l’Opéra de Lausanne et c’est lui qui a piloté l’Airbus évoqué plus haut. C’est dire.
Découverte du résultat au lever du rideau (1). Ensuite, agrémentée par les deux compères (jeunes, tous les deux), ce sera l’histoire que l’on connaît : une amoureuse (Isabella/Chiara Amarù) qui part à la recherche de son fiancé (Lindoro/ Patrick Kabongo), un bey (Burak Bilgili) qui voudrait bien une nouvelle épouse (italienne), un bateau (ou un avion ?) qui n’arrive pas à bon port (ou aéroport), le tout dans une ambiance moliéresque (mais qu’allait-elle faire dans cette galère ?) au son d’une formidable musique, pourtant composée par un gamin de 21 ans, capable de vous tortiller ça en… vingt-sept jours ! Le manche à balais, pardon, la baguette, sera confiée à Gianluca Martinenghi.
Fidèle aux principes de l’opéra « bouffe », cette Italienne n’a pas peur d’intégrer une dose de délire dans la mise en scène. On jouera un peu à Koh-Lanta sur les planches de la rue de la Scellerie. Et, si la musique de Rossini gardera toutes ses qualités, sa présentation devrait ajouter quelques rires aux applaudissements attendus.
Quant à Isabella, elle n’aura pas de mal à entrer dans le rôle de l’Italienne puisque Chiara Amarù est née à Palerme. Elle a poussé ses premières notes dans les chœurs de l’opéra local. Accueillie comme une star quand elle monte sur la scène de l’opéra Massimo, elle y a chanté la Cenerentola, le dernier opéra-bouffe de Rossini. Entre le premier et le dernier ouvrage du compositeur, Chiara Amarù a fait un beau voyage….
(1) En vérité, le secret a été éventé depuis l’écriture de cet article, comme nous l’expliquons plus loin.
Vendredi 1er février à 20 heures, dimanche 3 février à 15 heures et mardi 5 février à 20 heures
Plus d’infos ICI
Post-scriptum avec le sourire : on est tellement fiers d’avoir deviné que la mise en scène intégrerait le fameux Airbus qu’on vous offre la vidéo du montage. Un exercice de style superbe publié par l’Opéra de Tours. Bonne vision !
Publiée par Opéra de Tours sur Mardi 22 janvier 2019

