Être ou ne pas être celui qui prononcera le discours... (Photo Gilles Vidal).
On lui demande de dire un discours au mariage de sa sœur, il ne sait pas dire non, il est pourtant en plein marasme post-rupture : ce discours, il sort du livre de Fabrice Caro, il sera dit – ou pas – à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire le 29 novembre, et il est fichtrement drôle.
Que celui qui n’a jamais reçu une tuile comme ça sur le coin du crâne lève le doigt. Faire « un discours », dire « un petit mot », raconter « un truc » pour un mariage, un baptême, un anniversaire, ou, pire, un enterrement.
L’horreur, le trac, la gêne, le manque d’idées, le sentiment du ridicule de la situation, au niveau de la danse des canards et des cotillons, bref la plus épouvantable chose qui puisse arriver et qui vous arrivera, c’est sûr, un jour, parce que c’est le destin et que c’est impossible de dire non. La cata.

Ce Discours, c’est celui que doit faire Adrien pour le mariage de sa sœur. Et il ne voudrait pas, évidemment, mais il n’a jamais rien refusé à personne. C’est sa vie, son caractère. C’est ce que Fabrice Caro a raconté dans un livre, drôle, très drôle, et très juste.
Certes, il a un peu brodé. Parce qu’Adrien vient de se faire larguer, que tout ça l’amène à faire un retour sur lui-même, et que ce n’est marrant que pour le lecteur. « Portrait d’un perdant magnifique » a dit Le Figaro.
Pour le spectateur aussi puisque Emmanuel Noblet en a tiré un spectacle qui porte le même nom avec Benjamin Guillard, lequel l’interprète lui-même (sauf changement). Un seul en scène qui sera donné à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire le 29 novembre et qu’il serait dommage de louper.
L’humour de la bande

Tout cela est ciselé au ciseau à broder. Ça parle à tout le monde (on va bien au-delà du Discours, évidemment). C’est de l’humour pince-sans-rire et ce n’est pas surprenant : Fabrice Caro est auteur de roman mais, surtout, de bandes dessinées. Avec Le Discours, le livre, il ne manquait que les images…
Petit extrait pour se mettre en bouche (et en oreille) :
« Je prononcerai ce discours à une seule condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café. »
On ne saurait dire mieux…
Le mardi 29 novembre à 20h30, à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire.
Réserver à Saint-Cyr-sur-Loire ICI (1)

