La Nostalgie du Futur
et les lucioles de Pasolini

Dernière mise à jour le 29 avril 2019

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Ce sont les paroles d’un révolté, d’un écorché vif mais sans doute aussi d’un visionnaire que Catherine Marnas et Guillaume Le Blanc mettent en scène dans La Nostalgie du Futur, qui sera visible au Théâtre Olympia du 6 au 10 novembre.

Il avait la nostalgie de son passé et n’aimait pas son présent. Qu’aurait-il pensé de son futur – notre présent – lui qui dénonçait déjà l’argent roi, le capitalisme sauvage ? Pier Paolo Pasolini a écrit, tourné, mais a aussi beaucoup parlé.

Ce sont ses entretiens que Catherine Marnas, directrice du Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine (et qui a déjà travaillé sur Pasolini avec Premier conte sur le pouvoir et Le Pacte de Pierre) et le philosophe Guillaume Le Blanc ont décidé de mettre en scène dans La Nostalgie du Futur. Pas une présentation hagiographique de Pasolini mais « une forme de dialogue et même de controverse  » dit Guillaume Le Blanc.

Le regard de Pasolini sur son temps est tout aussi valable sur le nôtre : « En un va-et-vient scénique parfaitement orchestré, le spectre de Pasolini dénonce la perte irréversible et crie sa nostalgie du passé lorsque Guillaume Le Blanc rétorque le concept de cette nostalgie du futur où nous tentons de créer quelque chose déjà voué à disparaître. » (Kulte Infos). Sur scène, dans un décor où des extraits de films et des projections ajoutent au discours de La Nostalgie du Futur, on s’agrippe, on se confronte, on s’aime et on se déteste.

La disparition des lucioles

Une mise en scène « entre pensée, fiction et représentation  », construite, non autour de Pasolini, qui en demeure le héraut, mais autour de notre monde actuel. « Comment Pier Paolo Pasolini, cet ennemi de la mollesse, jugerait-il notre monde contemporain, dans lequel l’argent creuse de plus en plus profondément des inégalités révoltantes ? Où en sommes-nous, justement, de notre rapport à la révolte, à la révolution ?  » (TNBA)

Les deux auteurs ont donné la parole à deux « itinérants », chercheurs de refuge (on entend aussi « chercheurs d’asile »), dont le regard est capable de saisir « le grain fin des existences », ce que Pasolini appelait « les lucioles », dont la disparition devenait la métaphore d’un monde disparu.

Avec La Nostalgie du FuturCatherine Marnas et Guillaume Le Blanc invitent à « traverser notre monde à partir d’une itinérance  » qui passera par le Théâtre Olympia, avec la participation du Centre dramatique national de Tours.

Du mardi 5 au samedi 10 novembre 2018 au Théâtre Olympia

Réservations