Kimberose
Emportée par la soul

Dernière mise à jour le 17 juin 2021

Coup de bol, elle n’a pas été retenue à Nouvelle star. Du coup, Kimberose fait une carrière « normale ». Et c’est très bien.

La nouvelle championne de la soul part en tournée et sera à Tours en novembre 2021. L’occasion de vérifier qu’elle est bien dans la lignée d’Amy Winehouse ou de Billie Holiday, comme on le dit.

Ce qui est pénible avec Kimberly Rose Kitson Mills (Kimberose, c’est le nom du groupe) , c’est qu’on écrit plus sur son passage raté à Nouvelle star et sur ses états d’âmes que sur son talent.

Donc, on sait qu’elle était timide, que c’est son compagnon, guitariste, qui a poussé l’élève infirmière devant les caméras à force de l’entendre chanter dans la cuisine, qu’elle a eu tort de choisir un titre de Pink Martini, qu’elle s’est plantée et qu’il a fallu attendre quelques années pour qu’elle ose remettre ça : « Je ne chantais plus et j’étais en manque. Je devenais chiante, horrible, j’étais de mauvaise humeur tout le temps. […] Je voulais retrouver un peu de légèreté, de bonheur. »- (Paris-Match).

KimberosePhoto DR, site de Kimerose.

C’est quand même la télé qui va la lancer, mais, à nos yeux (et à nos oreilles), par un biais plus respectable, Taratata. Et la voilà baptisée dernière princesse en date de la soul, titre sérieusement convoité, ne serait-ce que par Jorja Smith, l’anglaise dont The Guardian disait « Elle reprend les choses là où Amy Winehouse les avait laissées ».

Billie, Nina et les autres

Elle n’est pas la seule, comme ne sont pas uniques les comparatifs, puisque Kimberly a droit à une collection de références, évidemment soul et évidemment dramatiques, de Billie Holiday à Nina Simone. Elle doit être d’accord puisqu’elle a chanté, au Festival de Montreux, rien que ça, I say a little prayer d’Aretha Franklin. Au moins, c’était courageux.

Et tout le monde de chercher dans la vie de l’anglo-ghanéenne (accessoirement éminemment sympathique et modeste) de quoi alimenter la légende à venir, avec l’aide de l’artiste qui répète sur tous les médias qu’elle chantait devant son miroir en tenant une brosse à cheveux quand elle était petite, qu’elle ne se remet pas de la perte de son papa (sa chanson, We never said Goodbye lui rend hommage), qu’elle était très timide et que la chanson l’a sauvée.

Paris-Match en rajoute une dose («  [Elle] s’extrait des souvenirs qui torturent, retrouve un peu de son sourire lumineux ») à l’unisson avec le producteur Fabrice Nataf : « Quand j’ai vu sa photo, avant même de l’écouter, j’ai su que j’allais travailler avec elle. Je sentais une telle blessure dans son regard ! » S’il le dit…

Partir, devenir…

Et le chant, dans tout ça ? Élodie Suigo, de France-Info est bouleversée, entendant « Un album […] vraiment extraordinaire, entre Billie Holiday, Shirley Bassey, Nina Simone. » Normal puisque Kimberly a été malheureuse, dépressive et accessoirement alcoolique : « L’alcool est parfois un refuge. Parfois, les difficultés de la vie font que j’ai pu me réfugier dans cette relation-là avec l’alcool. » Référence à Sober, le titre qu’elle emprunté à Joy Oladokun.

À l’écoute, les malheurs de Kimberly ne sont pas évidents mais il est vrai que sa voix accroche. C’est chaud, puissant mais fragile (parfois encore un peu trop), ça se balade dans les hauteurs avant de démarrer (là, on est d’accord avec France-Info) dans un rythme à la Shirley Bassey (Back on my feet). Pas sûr que Nina Simone soit au rendez-vous mais ça viendra sûrement (on peut y croire avec I’m sorry, l’un de nos titres préférés), surtout avec ces jolis petits coups de blues – au sens musical du terme – qui s’échappent ici ou là.

Lors d’un passage au Festival de Marciac, certains spectateurs avaient apprécié mais voyaient en elle un talent « en devenir », comme on dit, surtout comparée à la deuxième artiste du jour. Normal, il s’agissait de l’exceptionnelle Beth Hart. Une dame qui sait ce que c’est que d’avoir un passé lourd à porter… On n’en souhaite pas autant à Kimberly, question passé, mais on le fait volontiers pour la carrière.

Le jeudi 11 novembre 2021 (20h30) au Palais des congrès Vinci de Tours

 

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