Jean-Louis Murat se prend… pour Murat
au Nouvel Atrium

Dernière mise à jour le 19 mai 2019

Photo Gibson

Il fut un temps où se prendre pour Napoléon avec un entonnoir sur la tête vous envoyait tout droit dans le premier asile de fous venu. Apparemment, les temps ont changé. Jean-Louis Murat se prend ouvertement pour… Murat (le maréchal) sans que personne ne sorte la camisole. Il est vrai qu’il a au moins l’excuse du patronyme (quoique ce soit seulement une référence au village où il est né), partagé avec le copain du Napo déjà cité, Joachim, roi de Naples. Mais de là à enfiler l’uniforme à garnitures dorées pour courir après les vaches auvergnates l’épée à la main…

Jean-Louis Murat fait partie de ces artistes dont la qualité est soulignée par tous mais dont la carrière reste, sinon effacée, au moins discrète. Un peu à la façon d’un Manset. L’homme a son public, ses passionnés, ses admirateurs, ses fidèles, chacun de ses albums est attendu et – généralement – apprécié mais il suit son chemin en-dehors des grand-messes et des plateaux télé clinquants. Un pur, en somme.

Fin de travaux

Pur… et dur. Avec lui-même comme avec le show-biz. Avec Travaux sur la N89, il avait balancé un pétard dans la logique musicale. Une déconstruction qui a dérouté pas mal de monde mais a été unanimement reconnue comme un travail brillant, à défaut d’être un succès.

Jean-Louis Murat est l’un des derniers à faire encore de la poésie qu’il met en musique, déconstruite ou pas. Comme dit notre confrère Loïck Gicquel (dont le blog, L’Heure de la sortie, se cache derrière notre rubrique « cinéma ») : « Murat est l’un des rares artistes dont on apprécie les textes même sans la musique. » Bien vu (et entendu).

Après l’implosion Travaux sur la R89, on croyait Murat perdu pour la chanson classique. Erreur. Avec Il Francese (le surnom donné au maréchal Murat par les Italiens), il rentre dans le rang. Métaphore militaire incongrue, juste histoire de jouer avec le look de son album, car il est peu probable que l’artiste y reste longtemps. Il Francese est un album de chansons, de poésie et d’originalité. Du vrai, du grand Murat.

Une histoire de foot

« L’Auvergnat […] associe sa prose ouvragée et son instinct mélodique traditionnel à son urgent désir de modernité  » dit Télérama. Ce que Murat, en amateur de foot, confirme : « Je suis revenu un peu aux fondamentaux. On déborde sur les ailes, on remise au centre et on reprend de la tête ; un schéma à la Didier Deschamps, réaliste quoi.  » (Les Inrocks).

Il faudra donc se précipiter au Nouvel Atrium pour (re)trouver le Jean-Louis Murat que l’on aime, tendre l’oreille pour déguster ses paroles, et ne pas louper le travail musical d’un monsieur qui sait mêler les genres sans jamais les subir. Et, surtout, se laisser séduire, se laisser emporter sans résister. L’un des titres s’appelle Hold Up.

Jeudi 8 novembre 2018 au Nouvel Atrium de Saint-Avertin

Location ici et à la mairie de Saint-Avertin