Deux Smac et trois jours
pour Super Flux 2023

Dernière mise à jour le 14 avril 2023

Né en 2014, le festival Super Flux s’obstine à emmener son public vers des destinations inconnues. Trois jours pour explorer des contrées souvent ignorées et pourtant fantastiques. Trois jours pour se dégourdir les oreilles grâce au Petit Faucheux de Tours et Le Temps Machine de Joué-lès-Tours, tous deux installés en Indre & Loire.

Pour ceux qui ne connaissent pas, admettons que ça peut un peu foutre la trouille. La peur de l’inconnu, d’accord, du méconnu, surtout, et une présentation qui relève d’un traité d’alchimie revu et corrigé par un Gargamel en folie, pour ceux qui ont fréquenté le personnage. Démonstration, par les organisateurs de la chose : « Chaque concert est la nouvelle étape d’une destination inconnue. Des instrumentistes épatant·es y cultivent l’atypie, d’autres sillonnent habillement son pourtour aux formes singulières. Ne cherchez pas le palpable quand on vous fait toucher l’abstrait. Convaincu·es et incrédules finiront par se retrouver dans le super flux. » S’ils le disent…

Mais là, c’est pour de vrai. Et les auditeurs qui iront se balader dans les multiples lieux proches de Tours où atterrira cette année 2023 le Festival Super Flux (Le Château du Plessis, le CCCOD, le Temple Protestant, le MAME et la salle Ockeghem) en sortiront peut-être moins ignorants mais surtout avec la banane, c’est garanti.

Démonstration avec The Young Gods, qui seront au Temps Machine le samedi 1er avril à 20 heures. Le groupe s’attaque à une star de la musique minimaliste répétitive, reconnu dans tous les univers, y compris le « classique » (terme mal choisi en la circonstance) ou du rock (« Le leader des Who rendit un hommage direct à l’orgue de Terry Riley dans I Won’t Get Fooled Again et surtout Baba O’Riley » rappelle France-Musique), Teddy Riley, donc. Et, tant qu’à faire, autant attaquer son morceau le plus célèbre, « In C ».

Une œuvre considérée aujourd’hui comme fondatrice du mouvement, comme celles d’un Philip Glass, pas bien loin de lui. Une pièce qui a la particularité de pouvoir être jouée par un orchestre symphonique ou par une ensemble réduit : « L’un de mes principaux soucis fut d’établir une structure où les paramètres musicaux seraient assez simples de façon à ce que même des instrumentistes aux moyens techniques limités puissent jouer aisément. Un autre fut de créer un cadre ordonné donnant aux exécutants une base solide et stimulante » dit le compositeur. La preuve avec The Youg Gods, que l’on vous offre en avant-première du festival, parce que l’on est sympas et que l’on adore…

C’est pas tout

Bon, on s’est arrêté un moment sur le caprice des Dieux pour vous donner une (bonne) idée de ce qui vous attend. Mais, évidemment, qui dit festival dit programme. Et ce sera à la hauteur des précédents, c’est promis, par nous mais surtout par les deux SMAC (Scènes de musiques actuelles, pour les allergiques aux raccourcis). Petite balade dans ce qui attend les festivaliers.

Vendredi 31 mars, 20 heures16 heures au Château du Plessis

Farida Amadou : une Liégeoise qui travaille sa guitare basse « entre noise et free jazz dans laquelle les rythmiques électroniques quasi métronomiques jouées aléatoirement font face au ronronnement de la basse reliée aux pédales d’effet. » (weezevent.com) On va vérifier…

À 21h15

No tongues : quatre Français qui voyagent. À partir de musiques traditionnelles (inuit, Terre de feu ou… marais vendéen), le groupe donne une autre vie à la musique originale. Fascinant, et envoûtant. Un assemblage de voix et de sons, instrumentaux ou pas.

Samedi 1er avril, 10h30 et 11h30 au CCOD

Julien Desprez au festival Super Flux de Tours 2023. (Photo DR)
Julien Desprez, une âme d’enfant ? (Photo DR)

Julien Desprez, Acapulco for Kids : il n’y a pas d’âge pour éduquer ses oreilles. Non seulement le monsieur fait de drôles de bruits avec sa guitare, mais encore demande-t-il à son (jeune) public de l’aider en lui confiant les pédales. Des vocations en devenir…

14, 15 et 16 heures, MAME

Cartographie de rythmes #3 : « Une exploration sonore proposée par le compositeur Karl Naegelen, à travers une carte imaginaire du rythme, offrant autant de pôles possibles entre lesquels naviguer. […] Ce troisième volet, Battements, est une exploration du rythme… par les fréquences à la clarinette et aux cordoniums, instruments à cordes accompagnés de dispositifs d’écoute créés par la compagnie dans le cadre de la création Ici… pour l’instant. » On n’a pas tout compris, mais on ira voir, et entendre.

15h30 au Temple protestant

Violoneuses : “Ces deux joueuses de violons timbrés puisent dans les paysages musicaux archaïques des Alpes du Sud et du Massif Central pour fabriquer avec sensibilité une matière sonore brute et poétique » (Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne). Timbrés, sans « e ». Nouvelle recherche du côté de la musique traditionnelle par deux musiciennes sidérantes de maîtrise et de foi. « Les murs de pierre du Temple Protestant feront résonner les plaintes graves et aiguës des violons accompagné par les superbes voix lancinantes pleines d’histoires de traditions », dit le programme.

17h15 à la Salle Ockeghem

Andy Moor & Christine Abdelnour : un guitariste et une saxophoniste. «  Tous les deux explorent la notion d’hypnagogie ou sommeil non protégé, un état de conscience dans lequel on se sent très vulnérable, mais où en même temps l’esprit est hyper associatif avec une mémoire extraordinaire. Ce qu’ils nous proposent, c’est de nous enfoncer dans nos rêves profonds et leurs univers sonores. » (inactuelles.over-blog.com) Mais qu’est-ce que c’est que ce périscope dans le pavillon du saxo ?

20 heures, au Temps Machine

The Young Gods : on vous a tout dit plus haut, sauf qu’il y aura aussi Zohastre et Deeat Palace au programme.

Dimanche 2 avril, 16 heures au Petit Faucheux

Peter Orins, batteur : « il s’intéresse aux textures sonores, à l’ambiguïté des timbres et de leur production, à la saturation des sons ou aux harmoniques propres à chaque instrument : faire entendre à la fois les bruits « microscopiques » des peaux ou des métaux frottés, frappés, préparés, à très faible puissance, et les pressions acoustiques ressenties à fort volume. » Vous êtes prévenus.

Rachel Langlais au festival Super Flux de Tours. (Photo DR)
Rachel Langlais torture ses pianos pour la bonne cause… (Photo Petit Faucheux)

Rachel Langlais, « Dothe » : une dame « Multi-instrumentiste (scie musicale, synthés, clavier, accordéon, harmonium, guitare, chant) et avide de nouvelles expériences musicales et recherches sonores » qui va le prouver avec Dothe, « un album construit autour de deux pianos droits, accordés et travaillés différemment. Dans l’esprit des pianos préparés chers à John Cage, la musicienne utilise cette technique de jeu étendue qui consiste à modifier la nature même des sonorités du piano, en appliquant directement sur les cordes divers matériaux (papier, pièces de bois, de métal, de plastique, etc.). »

Du 31 mars au 2 avril 2023, dans les lieux que nous indiquons ci-dessus.

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D’autres possibilités existent, évidemment.
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