Cadences infernales
pour l’archet de Gilles Apap

Dernière mise à jour le 29 avril 2019

Gilles Apap, le talent libéré. (Photo DR) Photo d’accueil Richard Boulestreau.

Il est considéré comme l’un des plus grands violonistes du XXIe siècle. Mais c’est aussi un artiste qui aime sortir des chemins battus. Gilles Apap s’attaquera à Mozart et Sarasate à l’Opéra de Tours en décembre.

Il aime bien porter une casquette de musicien irlandais et s’adonner au surf. Et il le fait savoir en s’affichant sur son site internet avec la gapette, la planche et… son violon. Gilles Apap casse gentiment l’image du virtuose coincé dans son habit de soirée. Ce qui ne l’empêche pas d’être considéré comme l’un des – sinon le – meilleurs violonistes de son temps.

Ce sont des experts qui le disent, à commencer par Yehudi Menuhin soi-même : « Pour moi, vous êtes l’exemple type du musicien du XXIe siècle. Vous représentez la direction dans laquelle devrait évoluer la musique : d’un côté, le respect du patrimoine précieux des œuvres classiques, […] de l’autre côté, la découverte des musiques contemporaines et de l’élément créateur non seulement dans l’improvisation mais aussi dans l’interprétation  » lui disait le maître. Et Bruno Monsaingeon, qui repéra l’artiste sur les conseils du précédent, confirme : « Plus qu’un acrobate du violon, c’est un violoniste par nature, diaboliquement habile mais surtout habité par la musique qui semble couler de son instrument comme si elle avait été écrite à son intention. »

Le jazz aussi

C’est vrai que Gilles Apap ne se contente pas de casser les codes dans son dossier de presse. Il se balade aussi vers les musiques traditionnelles, les compositions contemporaines ou le jazz (il faut l’entendre jouer Minor swing !), et n’hésite pas à jouer dans des maisons de retraite ! Quant au classique, il lui donne une vie et un enthousiasme évidemment communicatif.

Gilles Apap sera à L’opéra de Tours début décembre. Son talent, sa virtuosité et son sens de l’improvisation auront de quoi s’exprimer. Le programme le fera s’attaquer au Concerto n° 5 pour violon et orchestre en la majeur de Mozart (et ses cadences « infernales ») avant de s’envoler dans les espagnolades époustouflantes des Airs Bohémiens de Pablo de Sarasate. Il est conseillé de respirer à fond au début des œuvres, juste avant le décollage !

En seconde partie, l’Orchestre Symphonique s’attaquera à Juan Crisostomo de Arriaga, un autre « enfant prodige », né à Bilbao et mort à Paris, qui composa un octuor à 11 ans et un opéra à 13… avant de mourir à 20 ans. Le programme propose la méconnue Symphonie en ré majeur. Un objet rare, qu’il sera bon de découvrir.

Samedi 1er et dimanche 2 décembre à l’Opéra de Tours

Et un p’tit plus : rencontre avec Gilles Apap à la salle Thélème de l’Université le vendredi 30 novembre 2018 à 16 h (Entrée libre sans réservation). Infos ici… si le site veut bien fonctionner !
Réservations