American Tours festival 2020
Jean-Louis Aubert ne jouera pas double je

L’annonce, le 13 avril, d’une interdiction des festivals jusqu’à la mi-juillet par le Président de la République marque un coup d’arrêt définitif
à l’édition 2020 de l’American Tours Festival,
qui devait avoir lieu lors de L’Independance Day.
Un coup dûr qui impose de reporter le festival le plus spectaculaire de Tours à 2021 et, par là même, annule
le concert que devait donner Jean-Louis Aubert.

La décision gouvernementale aura d’autres conséquences dans la région Centre. Le Festival Aucard de Tours, prévu début juin, se cherche d’autres dates et la venue de Sting au Château de Chambord, sans doute l’événement culturel le plus important de l’été 2020, est remise en question.
Là encore, nous vous tiendrons informés des décisions prises par les organisateurs.

Vous pouvez tout de même lire l’article
qu’Entrée du public avait consacré au sujet…

Et pour vous consoler, une petit duo confiné Aubert/Bertignac,
c’est sympa…

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2potes dans la nuit…

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Prêt à dégainer face au coronavirus, l’American Tours Festival 2020 annonce ses têtes d’affiche. Dont Jean-Louis Aubert, sans Téléphone ni Insus mais avec… Jean-Louis Aubert, le 3 juillet.

Alors que le géniteur de la manifestation exporte ses idées dans un autre lieu pas si lointain (Les 72 heures du Mans, voir le site ICI) pour cause d’incompatibilité d’humeur avec la municipalité tourangelle, sa création, L’American Tours Festival, se prépare à une édition concomitante avec la fête nationale US. Heureux hasard et occasion de tirer un feu d’artifices pour l’Independence Day. À condition que les aliens ne débarquent pas, mais ce n’est pas prévu au programme. Pour le moment.

American Tours Festival 2020
Les Sultans of sprint, nouveaux venus de l’American Tours Festival 2020. (Photo DR)

Sur place, si cow-boys et indiens font fuir le méchant coronavirus, on retrouvera pas mal d’animations dans la prairie, comme à l’habitude. Entre rodéo et danses (rock et country), les habitués découvriront que les gros cubes d’Harley-Davidson auront laissé la place à la concurrence, Indian Motorbikes. Ce qui n’empêchera pas de retrouver les premiers au Mans (voir plus haut) ou sur le parking visiteurs du Parc Expo de Tours.

Côté mécanique, si la randonnée doublée d’une parade est toujours annoncée, on attend une nouvelle attraction, propre à réveiller les opposants à feu la course NASCAR sur l’ovale du parc, les Sultans of Sprint. Ces messieurs et dames amateurs de motos rétros proclament que «  la vitesse est leur religion  » et le démontrent dans des courses d’accélération sur deux roues fumantes. Le premier arrivé a gagné, évidemment, mais le fun est aussi récompensé, que ce soit la beauté de la machine ou le délire du pilote. Mais plus de tractor-pulling ni de camp militaire US au programme. Dommage.

Un Aubert de science-fiction

American Tours Festival 2020
Jean-Louis Aubert et ses clones sur la grande scène de l’American Tours Festival 2020. (Photo DR)

Nous reviendrons plus en détails dans un prochain article sur les diverses animations de l’édition 2020. En attendant, tournons-nous vers la grande scène (pour être dans le coup, il faut dire « main stage ») où la vedette 2020 est un habitué du lieu. Jean-Louis Aubert y était il y a quelques années avec Les Insus, passage qui a marqué la manifestation d’une pierre blanche et d’un record absolu d’audience, à partager avec feu Johnny.

Cette fois, Aubert sera seul sur scène. Seul humain de Téléphone/Insus, en tout cas. Car l’artiste utilisera une technique que l’on croyait réservée à Jean-Luc Mélenchon (et à quelques producteurs américains qui trouvent le moyen de remplir leurs caisses et ressuscitant des gloires disparues), l’hologramme. D’ailleurs, « Mélenchon a osé faire une affiche pendant la campagne de la présidentielle avec un slogan du style “Un autre monde”. Ce n’est ni le premier ni le dernier » (Télérama) sourit Aubert.

American Tours Festival 2020
Jean-Louis Aubert, une valeur… Refuge. (Photo DR)

La technique de l’hologramme permet à Jean-Louis Aubert de jouer un double je, voire un triple en apparaissant sur scène en chair, en os et en laser. Bluffant, disent ceux qui l’on vu… et Aubert lui-même : « L’idée des hologrammes me trotte dans la tête depuis une quinzaine d’années. J’avais lu un roman de science-fiction, un musicien y jouait avec ses avatars. Je me suis dit que peut-être, un jour, […] je pourrais faire pareil. » (Télérama). C’est celui qui a dédoublé Mélenchon qui s’y est collé. Quelques années de recherches, quelques autres pour mettre le truc au point et l’on voit Jean-Louis Aubert accroché à sa guitare pendant que Jean-Louis Aubert est à la batterie et Jean-Louis Aubert au piano. Trois pour le prix d’un, c’est donné.

Au-delà de la technique, la tournée de Jean-Louis Aubert est aussi un voyage dans le temps. « La tournée des Insus nous a menés jusqu’au Stade de France. Après ça, j’ai eu besoin d’autre chose. D’intimité. Pour ne pas entrer en concurrence avec moi-même, ni avec les Insus. » Ce sera Refuge, son dernier album, nourri de vingt-deux titres qu’il chantera sur scène. Avec un titre oublié au fond d’un carton, Ne m’enferme pas, écrit bien avant la naissance de Téléphone, c’est dire… Refuge est « un album sur la ligne de la vie qui parle de choses intérieures nous aidant à vivre ensemble » dit-il. Face au piano « je me retrouve dans la définition nietzschéenne selon laquelle la maturité d’un homme vient de sa capacité à faire les choses aussi sérieusement qu’un enfant qui joue. J’aime cette innocence, même si je ne suis plus aussi naïf. »

Nietzche, c’est pour le côté sérieux. Mais les hologrammes, c’est plus ludique. D’ailleurs, il l’explique comme ça : « C’est à la fois un défi et un amusement, un peu comme de conduire un petit hélicoptère, un objet télécommandé. » (Télérama).

Pour voir le petit Jean-Louis s’amuser avec ses joujoux électroniques (et tout de même en compagnie de quelques êtres vivants, Les Sculpteurs de vent), il faudra attendre le mois de juillet. Le temps ayant peut-être calmé l’épidémie et la « main stage » se trouvant en plein air, la tournée devrait pouvoir s’arrêter à Tours, contrairement à ce qui s’est passé avec les Zéniths où elle a été interdite de séjour.

Et aussi…

La grande scène recevra aussi Placebo, le « groupe » (réduit à deux personnes) mené par l’androgyne Brian Molko qui eut son heure de gloire avec un rock largement inspiré des stars de l’époque. Avis partagés pour un groupe qui cherche à retrouver une notoriété due surtout, à ses débuts, à des excès en tous genres. (4 juillet)

American Tours Festival 2020 PLacébo
PLacebo, dont on ne sait pas s’ils seront deux ou trois… (Photo DR)

La scène verra la veille Manu Lanvin, dont le blues-rock fera bien dans le tableau du festival. C’est de la bonne musique, qui caresse et défrise selon les morceaux. « Le Diable » l’appelle-t-on. Et le monsieur commence à se faire un nom justifié au-delà de son secteur d’origine. (3 juillet)

Le 4 juillet sera partagé avec Reignwolf, groupe rock très agité venu de Seattle. Du rock américain pur jus, à découvrir.

Vendredi 3 juillet 2020 à 22 heures, Jean-Louis Aubert.
Comme toujours, les spectacles de l’American Tours Festival sont inclus dans le prix du billet d’entrée. Pour réserver, c’est ICI
Pour en savoir plus sur la manifestation, c’est LÀ