21 mai 2026
Colonie pénitentiaire de Mettray (photo DR)

Colonie pénitentiaire de Mettray (photo DR)

On ne peut pas dire que l’association Culture & Saveurs cultive la routine. Si ses fondateurs maintiennent le principe des conférences, il y a de la diversité dans les programmes !

La preuve avec celui du mois de mai 2026 où l’on passera de salle d’audience en salle de dissection, non sans faire une étape pour vivre – par procuration – la vie de château, fourchette en main.

La chose naquit sous la houlette de Jean-Michel Sieklucki, il y a quelques années déjà. Parce que l’ancien avocat (et bâtonnier, à ne pas oublier) s’était penché sur le cas de La Paternelle, colonie injustement vue comme pénitentiaire à Mettray (comme nous l’avons raconté ICI) via un livre, il a choisi d’utiliser les lieux, architecturalement séduisants, pour y proposer conférences et autres débats.

Des sujets toujours originaux, souvent proche des compétences de l’ex-avocat, dont le succès a repoussé les murs de la colonie pour rejoindre ceux de la Clarté-Dieu (l’abbaye de Saint-Paterne-Racan) et du restaurant L’auberge Antée (sans « h ») à Joué-lès-Tours. Culture & Saveurs était née.

Trois lieux qui recevront, une nouvelle fois, les conférenciers et conférencières durant ce presque joli mois de mai 2026.

La parole est à…

Première étape à La Clarté-Dieu, guidés par Jean-Michel Sieklucki himself. En toute logique, c’est à un procès qu’il conviera l’auditoire. Procès sur «un scandale oublié », celui de la mère supérieure Marie-Sainte-Rose du Cœur de Jésus, une dame dont les agissement montrent que les abus recensés de nos jours (on ne citera pas de lieu mais on y pensera très fort…) ne datent, hélas, pas d’aujourd’hui.

« Celui que l’on appelait « le petit couvent de La Riche ›› fut fondé en 1816 pour permettre aux sœurs de Notre Dame de la Charité d’accueillir des filles en danger moral, des orphelines, des assistées et, entre 1850 et 1885, des délinquantes. Elles devaient être rééduquées par le travail et l’enseignement tant général que religieux. Mais en 1903, la sœur Marie Sainte Rose du Cœur de Jésus, dénommée par les pensionnaires « La sœur Tape Dur ›› fut renvoyée devant le tribunal correctionnel de Tours pour y répondre du délit de violences et sévices sur treize pensionnaires » rappelle le conférencier.

Un problème qui n’est pas sans rappeler, hélas, celui de quelques établissements béarnais contemporains, ce qui rendra encore plus intéressante l’approche du conférencier, évidemment.

Corps à corps

Quand la dame vous annonce tout simplement qu’elle adore découper les cadavres, ça fout les jetons. Quand on comprend que Karine Dabadie est médecin-légiste, ça rassure, un peu. On est dans le familier, celui des séries télévisées, où le monsieur ou la dame en blouse blanche, généralement un peu originaux (on ne parle pas pour Karine Dabadie mais il faut bien pimenter les scénarii) découvre entre deux dents ou sous les ongles du cadavre le petit truc qui va orienter les enquêteurs vers la solution.

Colonie pénitentiaire de Mettray (photo DR)
Colonie pénitentiaire de Mettray (photo DR)

Karine Dabadie sera à Mettray le 22 mai pour expliquer sa passion, en paroles mais sans images. Le programme prévient que le docteur Dabadie a coutume de dire : « J’aime intensément disséquer un cadavre, chercher au-delà de l’évidence… ». Elle expose dans sa conférence l’importance du travail du médecin légiste, notamment avec l’autopsie (mais pas seulement) pour la bonne marche de la justice. Nourrie d’une riche expérience professionnelle, elle nous fera pénétrer le monde opaque, voire oppressant, des morgues et des laboratoires d’où peuvent jaillir la lumière et la vérité. Auxiliaire précieux de la justice, le médecin légiste, ou médecin des morts, trouve, grâce à elle, sa vraie place. ».

Autres infos du programme : « Médecin légiste, Karine Dabadie est expert en médecine légale et urgentiste, diplômée de sciences pénales et criminologie. Elle a particulièrement travaillé dans le domaine des violences faites aux femmes et aux enfants et mis en place dès 2012 une procédure de détection de signes de gravité et de signalement dans le cadre des violences faites aux femmes, en partenariat avec la justice, les forces de l’ordre, l’hôpitaI et les associations, qui a permis de réduire significativement le taux d’homicides conjugaux.»

Pour une fois où quelqu’un fait – vraiment – parler les morts, ça vaut le coup de l’écouter…

Le gîte et le couvert

On passera doublement à table le 26 mai à l’Auberge Antée. D’abord parce que le lieu fournira aux participants un menu à sa façon et que la conférencière, Tiphaine de Toury, les invitera à s’imaginer dans un château, au XIXe siècle, tout de même, inutile de remonter trop loin. Et puis, comme chacun sait, Louis XIV mangeait avec ses doigts, même si la fourchette avait déjà été inventée. Beurk.

Docteur en histoire contemporaine, distribuant son savoir entre Tours et la Sorbonne, Tiphaine de Toury a aussi particpé à l’émission Les Rendez-vous de l’histoire, mais c’était pour parler des funérailles, sur le thème Réussir sa mort ? Les funérailles hors normes dans l’histoire, ce qui pourrait faire une lien facile avec la précédente conférencière.

Rien à voir, pourtant. Habituée des couloirs d’Azay-le-Rideau (elle a beaucoup écrit sur le monument, des livres, pas sur les murs…), Tiphaine de Toury parlera le la vie quotidienne dans ces demeures difficiles à chauffer. Intitulé logique de la soirée : La Vie de château, limitée au XIXe siècle, on l’a dit

Le petit doigt en l’air, les convives pourront s’imaginer gérant »le quotidien des grandes familles châtelaines et de leur domesticité », avec la manière de gérer leurs relations. La gestion du domaine sera aussi abordée. Que les aspirants châtelains apportent leur calepin pour prendre des notes. Il y a plein de châteaux à vendre en Touraine…

Et la suite…

Les conférences de l’association Culture et Saveurs ne s’arrêteront pas là. Jean-Michel Sieklucki remettra (virtuellement) sa robe pour continuer à évoquer Les Grands procès de Touraine à La Clarté-Dieu. Belle occasion, pour ceux qui ne l’ont pas vu en action, d’entendre une plaidoirie de l’avocat.

  • Mercredi 3 juin 2026 – 19h : Le procès du zouave du lycée Descartes 1916 ou la polémique de la médecine militaire.
  • Mercredi 24 juin 2026 – 19h : Trois dossiers médiatiques méconnus, Paul Louis Courier (1825), Zeiro Finatti (1924) et Patrice Michelin (1960).
  • Mercredi 16 septembre 2026 – 19h : Les trois « R » : les procès Revelli (1975), Reviriego (1988) et Roux Durraffourt (2001).

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Lieu et date

Pour réserver, c’est au 02 47 29 39 91  (1)

Pour réserver à l’Auberge Antée, c’est par LÀ (1)

Pour en savoir plus sur Culture & Saveur, c’est LÀ (1)

(1) Les suggestions de réservations données par Entrée du public ne sont que des informations destinées à aider nos lecteurs en les dirigeant vers des points de vente susceptibles de fournir les places correspondant à l’article publié.
D’autres possibilités existent, évidemment.
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