Irish Celtic, Spirit of Ireland (Photo DR)
Tous ceux qui se sont un jour réfugiés dans un pub irlandais pour échapper à la “bruine” locale le savent : il est difficile de résister à la Guinness et à la musique du lieu. Ceux-là, et les autres, avaient rendez-vous avec l’esprit gaëlique au Vinci de Tours en mars 2019, puis en février 2022. Cette fois, c’est le 4 mars 2023 qu’ils feront leur comeback, avec ou sans bruine, mais avec légendes, au même endroit.
« Une bonne bouffée d’Eire » a titré Paris-Match, qui nous a coiffés d’une pinte au concours du titre le plus calembourdesque du jour. Pas vexés pour deux shillings, nous confirmons : le spectacle de la troupe Irish Celtic a de quoi faire souffler l’esprit local partout où il passe.
À Tours, ce fut d’abord au Vinci, en 2019, pas loin d’un autre vrai pub, apprécié des irlandophiles et des zythologues (amateurs de bière) tourangeaux, The Pale, place Foire-le-Roy. Mais c’est une autre histoire (et une bonne adresse), que la troupe a pris l’habitude d’écrire à chaque passage en nos contrées. Tentez le coup le soir du spectacle, ça risque de jouer les prolongations tard dans la nuit…
L’histoire racontée par Irish Celtic est celle du pays. Le spectacle revient sur le passé des fils et filles de l’Eire (et toc, on a rattrapé Paris-Match) à travers le temps, les pubs, la Guinness et le whiskey. Et les légendes. Si le premier spectacle était sous-titré Spirit of Ireland, le nouveau devient Le chemin des légendes. Un chemin qui passe évidemment par un pub, tradition oblige.
Entre histoire et légendes

Pour cela, un prétexte : le vieux Paddy (oui, c’est aussi une marque de whiskey…) veut léguer son pub à son fils Diarmuid, lequel préfère plutôt consommer que servir les produits locaux, ou danser avec les filles du coin. Pour le convaincre, Paddy – qui sait lui aussi apprécier les productions alambiquées du terroir – va lui raconter l’histoire de l’Irlande, démontrant que les pubs ne sont pas seulement des lieux de libation mais aussi les pierres de touche d’un passé difficile et glorieux, sans négliger un petit détour vers les légendes celtiques.
Le fiston, expédié sur les chemins irlandais pour faire son éducation, va rencontrer du beau monde, entendre quelques étranges histoires, et danser, danser toujours.
Cette leçon se fera à grand renfort de liquides, mousseux ou pas, avec comme conséquence, outre quelques abus, une débauche de danses, toutes plus entraînantes les unes que les autres. La célèbre « danse du balai », tradition irlandaise s’il en fut (sans jeu de mots, cette fois…) en tête.
Du balai, donc !

Si le spectacle se passe sur les routes, on retrouvera un décor de pub authentique à l’enseigne de… l’Irish Celtic. Comme le Tubridy’s Bar, à Cooraclare (ça ne s’invente pas) où le producteur du spectacle, Toby Gough, a déniché son premier Darmuid : « Dairmuid n’était pas un danseur professionnel, mais il est le champion du monde de la traditionnelle danse du balai. Quand il a fait sa démonstration devant moi, il est devenu évident qu’il ferait partie du spectacle. » (Paris-Match) Le Tubridy’s Bar est un « singing pub » authentique. Comme les interprètes : le « capitaine » des danseurs est fermier dans la région !
Au milieu de la foultitude de spectacles venus de « la verte Érin » (qui ont tous leurs qualités, cela dit), Spirit of Ireland a, en plus, cette petite touche intimiste qui sent l’iode et la tourbe. Comme disent nos confrères de Paris-Match : un vrai bol d’Eire.

